
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a démenti être titulaire d'un compte en Suisse
Crédit : AFPCrédit : France 24
Des termes très durs envers le président syrien
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a estimé jeudi en visitant un camp de réfugiés syriens que "le régime syrien devait être abattu et rapidement", dénonçant "les exactions" de Damas contre les populations civiles.
"Arès avoir entendu les témoignages bouleversants des personnes ici (...) quand on entend ça et je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : M. Bachar al-Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre", a-t-il dit aux journalistes.
Le ministre français, qui achève en Turquie une tournée régionale qui l'a mené au Liban et en Jordanie avant la Turquie, et axée sur la crise syrienne et le flot de réfugiés qu'elle a engendré sur les pays limitrophes, a accusé le président syrien de mener une "opération de destruction d'un peuple".
M. Fabius a rencontré des réfugiés du camp de conteneurs turcs qui abrite 12.000 personnes, expliquant que ceux-ci avaient demandé l'aide de la France pour mettre un terme à la répression du régime syrien et demandé notamment que l'on livre des armes aux rebelles.
Il ne s'est pas engagé sur ce dernier point mais a affirmé qu'"on ne pouvait pas accepter que Bachar, même s'il avait beaucoup reculé et perdu du terrain, continue ses exactions".
"Bachar nous massacre, pourquoi vous ne faites rien?", a demandé au ministre français un habitant du camp, un rescapé arrivé il y a quelques jours avec sa famille de la ville syrienne d'Azaz (nord), située près d'Alep, pilonné par l'aviation syrienne, tuant des dizaines de personnes, dont des enfants.
M. Fabius lui a répondu que le gouvernement français était en discussions avec la Turquie notamment et avec des gouvernements d'autres pays "pour faire cesser le massacre".
"Plus vite ce régime va changer, mieux ce sera", a souligné M. Fabius.
"Mettez fin aux bombardements de Bachar", a asséné un autre réfugié, en demandant l'aide militaire de la France "comme en Libye".
"De plus en plus de gens font défection" du régime, a répondu M. Fabius, en référence aux défections ces dernières semaines du Premier ministre Riad Hijab, un ancien fidèle du régime et du général Manaf Tlass, le plus haut gradé syrien ayant fait dissidence et ami d'enface du président syrien.
La Turquie, qui partage une longue frontière avec la Syrie et qui est très critique envers le régime de Damas, abrite sur son sol près de 65.000 réfugiés, selon le chiffre annoncé jeudi par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que des déserteurs de l'armée syrienne qui forment l'Armée syrienne libre (ASL).
M. Fabius doit rencontrer jeudi après-midi son homologue turc Ahmet Davutoglu à Ankara. Les deux hommes doivent s'adresser à la presse à 15h30 GMT.
Le chef de la diplomatie française est le premier ministre étranger autorisé à visiter l'un des camps de réfugiés syriens en Turquie.
Un diplomate turc a confié que cette autorisation était le fruit de la reprise des relations turco-françaises après une période particulièrement tumultueuse sous le précédent président français Nicolas Sarkozy.
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10/04/2013 - 09h48
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