Les Dossiers de RTL.fr - Présidentielle 2012
POLITIQUE

Et si Nicolas Sarkozy ne se représentait pas ?

Créé le 04/03/2010 à 07h22 - Mis à jour le 04/03/2010 à 08h25

Alain Duhamel

Alain Duhamel / La rédaction de RTL

C'est la dernière rumeur qui court dans le Tout Paris politique : et si Nicolas Sarkozy ne se représentait pas dans deux ans ? Cela vous parait une hypothèse vraisemblable ? La chronique d'Alain Duhamel. Ce n'est pas le plus probable. Cela dit, ça devient - disons - imaginable. Alors, bien sûr, le plus vraisemblable c'est que Nicolas Sarkozy essaiera de se succéder à lui-même. C'est la tradition de la Vème république : tous les présidents qui en avaient la possibilité - sauf le malheureux Georges Pompidou, évidemment - se sont tous représentés. C'est aussi la logique présidentielle, a fortiori depuis qu'il y a le quinquennat. Et puis, c'est le tempérament de Nicolas Sarkozy : il adore le pouvoir, l'autorité, décider, prendre des risques, assumer, incarner. Il est fait comme ça ! En plus, avec l'irruption de la crise mondiale, un an après son entrée à l'Élysée, il n'a pas pu faire - et il n'aura pas pu faire, à la fin de son mandat - ce qu'il avait prévu de faire. C'est-à-dire, moderniser au maximum. Donc, qu'il ait envie de se représenter me paraît être la logique.

Mais, il faut aussi être réaliste. La situation politique est beaucoup plus difficile qu'elle ne l'était auparavant. Il y a la crise. Il y a l'impopularité du pouvoir et, au sein du pouvoir, il y a une impopularité spécifique pour Nicolas Sarkozy parce que c'est lui qui a voulu, et qui veut toujours, incarner ce pouvoir. On sait très bien que les deux années qui viennent vont être délicates. Peut-être y aura-t-il le début de la sortie de crise ? Mais il y aura forcément aussi, en même temps, de la rigueur. Et tout cela ne rend pas particulièrement populaire. Personne.

Et puis, en 2007, Nicolas Sarkozy avait le bénéfice de la nouveauté, du changement, de l'originalité. Il l'aura forcément moins. Et puis, il a toujours imaginé d'ailleurs qu'il aurait une vie - pas une vie personnelle, seulement une vie professionnelle - au-delà de la présidence. Reste que Nicolas Sarkozy, c'est d'abord un combattant, c'est d'abord un leader. Que s'il ne se représentait pas, ce serait un aveu d'échec. Et qu'on ne peut pas dire que les aveux d'échec soient sa spécialité.

On va dire qu'il se représente est plutôt votre hypothèse privilégiée. Mais, imaginons, quand même, que malgré tout il ne se représente pas. Qui serait le candidat de la droite parlementaire ?

Au jour d'aujourd'hui, le plus logique, c'est François Fillon. Il est, ce que j'ai appelé, le "vice-président". Donc, celui qui, justement, est là pour se substituer au président en cas de besoin. Pas pour commander à sa place, pour être son légat, son représentant, le cas échéant, son successeur. Il est populaire auprès des parlementaires de la majorité, plus que Nicolas Sarkozy. Il est populaire auprès des militants. D'autres sont populaires auprès des militants. Mais enfin, il est populaire dans l'électorat de droite. Il y a un sondage IPSOS-Le Point de ce matin qui montre que, parmi un certain nombre de candidats imaginables à droite, en dehors de Nicolas Sarkozy, ce serait nettement lui le mieux placé, même si la liste est incomplète. Il devancerait très, très nettement ou Alain Juppé ou Dominique de Villepin, ce qui n'empêcherait pas forcément d'ailleurs Dominique de Villepin de se présenter, au nom du pluralisme de la majorité.

Reste que, quel que soit celui qui se présenterait, au cas où il n'y aurait pas Nicolas Sarkozy, il serait dans une situation très difficile, parce que, si Nicolas Sarkozy n'y va pas, c'est que ça va très, très mal. Et si ça va très, très mal pour lui, ce serait étonnant que cela aille très, très bien pour quelqu'un d'autre que la majorité, après 3 mandats présidentiels de droite.

Et, puisqu'on en est à se projeter en 2012, allons jusqu'au bout. Dans le camp d'en face qui serait le mieux placé ?

Si on croit les sondages c'est, évidemment, Dominique Strauss-Kahn, selon tous les critères possibles. Si on voit la réalité, on sait très bien que c'est Martine Aubry qui va sortir renforcée des élections régionales. Résultat : ces listes vont se trouver avec une candidate légitime et un présidentiable naturel. Et que ce n'est pas le même !









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