Les Dossiers de RTL.fr - Régionales 2010
POLITIQUE

Elections régionales : le risque de l'abstention

Créé le 09/03/2010 à 07h22 - Mis à jour le 09/03/2010 à 08h25

Alain Duhamel

Alain Duhamel / La rédaction de RTL

A 5 jours des élections régionales, le PS comme l'UMP viennent d'appeler à la mobilisation des électeurs. Le risque de l'abstention est-il si élevé ? La chronique d'Alain Duhamel. Ce risque est, évidemment, considérable. En ce moment, il y a, pratiquement, deux sondages par jour : sondages régionaux, sondages nationaux. Que montrent ces sondages de façon totalement convergente ? S'ils se trompent, ils se trompent vraiment en bloc, c'est que l'abstention risque d'atteindre, cette fois-ci, pour ces élections régionales, 50% voire, peut-être, un peu plus. Si c'est vrai, c'est le plus mauvais chiffre depuis qu'il y a des élections régionales, c'est-à-dire depuis 1986. Et si c'est vrai, ce serait 10 points d'abstention de plus que la dernière fois. Ce serait donc, pour dire les choses comme elles sont, un échec civique, presque un désastre civique. C'est complètement paradoxal parce qu'il y a de vrais enjeux avec les élections.

- On est dans une période de crise économique : les régions ont des pouvoirs en main importants, en matière d'animation économique.

- On est dans une période pendant laquelle on s'interroge sur le système scolaire : les régions ont des pouvoirs considérables en ce qui concerne les lycées, en ce qui concerne les universités.

- On est dans une période pendant laquelle les gens se posent un tas de questions sur les transports : or, les transports régionaux dépendent des régions.

En fait, on sait très bien ce que sont les raisons. La raison pour laquelle il y a ce risque permanent d'abstention aux élections régionales : ce sont des élections qui sont sans visage et sans racine.

- Sans visage, parce qu'on ne sait pas qui est président des régions et on sait, évidemment encore moins, qui est conseiller régional. Je ne crois pas qu'il y ait un Français qui connaissent le nombre - même les préfets de région ne connaissent pas le nom - de tous les conseillers régionaux.

 - Deuxième chose : ces régions sont, très souvent artificielles. Il y en a qui sont de vraies régions : l'Alsace ou la Lorraine, le Languedoc-Roussillon, l'Aquitaine sont de vraies régions. Pourquoi a-t-on coupé en deux la Normandie ? Pourquoi y a-t-il une Haute Normandie et une Basse Normandie ? Qu'est-ce que c'est la région Centre ? Et quand on prend des très grandes régions, comme Rhône-Alpes ou comme PACA, ce sont des régions qui sont complètement hétéroclites.

Après, ce sont des élections d'entre-deux. Ce ne sont pas des élections politiques, comme des élections présidentielles ou législatives. Ce ne sont pas des élections locales : comme des élections municipales ou cantonales. C'est entre les deux. Et puis, en plus, cette fois-ci, contrairement à la tradition, elles ne sont jumelées avec aucune autre élection.

La campagne électorale est-elle si mauvaise que cela ?

Morne, lamentable, polémique. Sur le plan national : rien. Alors qu'on est quand même dans une période où il devrait y avoir, réellement, un débat. On est - tout le monde l'a oublié, c'est extraordinaire, même quand on lit les journaux de près - dans une période pendant laquelle on est au milieu d'une énorme réforme des collectivités locales. Donc, les régions sont totalement concernées. Avez-vous vu un grand débat sur la réforme des collectivités locales pendant cette campagne-là ? La moindre des choses aurait été de faire un face-à-face entre François Fillon et Martine Aubry sur cette question-là, puisque c'est cela dont il était question.

Sur le plan régional, il y a des régions dans lesquelles il y a un peu de suspense, type Alsace. Ou bien, on se demande s'il peut y avoir une surprise pour les écologistes, type Rhône-Alpes, etc. Pour l'essentiel, on a parlé, d'une part, de l'affaire Frêche - et ce n'est flatteur pour personne - et, d'autre part, de l'Ile-de-France et des problèmes des zizanies dans la majorité.

Si on a 50% d'abstentions, on va encore reparler du vote obligatoire ? Y êtes-vous favorable ?

Totalement ! Je pense que le vote obligatoire :

- D'une part, quand on est un citoyen, on n'a pas que des droits. On a des devoirs.

- Deuxièmement, les Français adorent contester, critiquer, etc. Si on veut contester, critiquer, il faut commencer par voter, autrement on ne peut pas contester, critiquer.

- Troisièmement, et surtout, là où le vote obligatoire existe - il y a plusieurs pays : l'Italie, la Belgique, l'Australie, etc. - on vote nettement plus.


















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