"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 29/10/2011 à 17h27

François Hollande. / AFP
Luc Chatel a assuré vendredi soir que François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, "navigue entre mensonge et incompétence" lorsqu'il évalue à 2,5 milliards d'euros pendant son quinquennat sa proposition de créer 60.000 postes dans l'Education nationale. "C'est faux", affirme le ministre de l'Education, en expliquant que la création de 60.000 postes, c'est la création de 12.000 postes par an sur cinq ans, "soit 500 millions d'euros la première année, 1 milliard la deuxième année, 1,5 milliard la troisième année, 2 milliards la quatrième année et 2,5 milliards la dernière année". Le cumul "serait alors de 7,5 milliards d'euros et non de 2,5 milliards", ajoute Luc Chatel qui estime que M. Hollande "est fâché avec les chiffres". Vendredi soir, François Hollande a opposé les 2,5 milliards d'euros que coûterait pendant son quinquennat sa proposition aux "75 milliards d'euros de cadeaux fiscaux" pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Une proposition embarrassante ?
"Cette proposition de créer 60.000 postes est en train de devenir pour M. Hollande le sparadrap du capitaine Haddock", ironise le ministre de l'Education.
"On a vu Michel Sapin (l'un des spécialistes socialistes de l'économie et proche de M. Hollande, ndlr) amorcer un virage sur l'aile" en expliquant que ses postes seront prélevés sur d'autres postes, dit M. Chatel en demandant si l'on supprimera alors "60.000 postes d'infirmières ou 60.000 postes de policiers ...".
"Préparer l'avenir"
"Je veux préparer l'avenir, c'est-à-dire l'avenir de nos enfants. Si on veut qu'il y ait de la croissance, si on veut qu'il y ait demain de l'emploi, il faut que nos enfants soient les mieux formés possible. Ce n'est plus le cas. Il y a eu 100.000 suppressions de postes dans l'Education nationale", a expliqué François Hollande à France 2.
"L'argent, c'est 500 millions d'euros par an, à la fin du quinquennat -- le mien si je suis élu par les Français--, ça fera 2,5 milliards", a-t-il assuré, alors qu'il y a eu "75 milliards d'euros de cadeaux fiscaux pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy". "Ma proposition c'est 2 milliards et demi", a-t-il insisté.
"Il n'y a qu'une seule limite à ma proposition : est-ce qu'on pourra trouver encore des jeunes qui se présentent aux concours de l'Education nationale?", s'est interrogé le député de Corrèze.
"Je ne dissimule pas le coût --500 millions d'euros, 2 milliards et demi à la fin du quinquennat-- mais la vraie limite c'est est-ce que dans le découragement qui existe aujourd'hui dans la jeunesse pour préparer les concours de l'Education nationale, on pourra encore trouver des étudiants qui voudront se destiner à ce métier-là ?", a-t-il demandé.
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