POLITIQUE

Décès de Michel Giraud, l'ex-président d'Ile-de-France

Créé le 27/10/2011 à 14h08

Michel Giraud au Palais de Justice de Paris, en mars 2005

Michel Giraud au Palais de Justice de Paris, en mars 2005 / AFP / Archives

Michel Giraud, ancien président RPR de la région Ile-de-France, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 82 ans. C'est le socialiste Jean-Paul Huchon, qui occupe actuellement ce poste, qui l'a annoncé. Il fut notamment ministre du Travail, député du Val-de-Marne, président du conseil régional d'île-de-france et président de l'Association des maires de France. La fin de sa carrière politique en 1998 est marquée par l’affaire des marchés publics d'Île-de-France où il est condamné le 26 octobre 2005 (quatre ans de prison avec sursis et 80 000 euros d'amende) pour complicité de corruption visant le RPR, (alors dirigé par Jacques Chirac), l'UDF, le PS et le PCF. Michel Giraud n'a pas fait appel de sa condamnation contrairement à la majorité des autres inculpés.

Un décentralisateur dans l'âme

Né à Pontoise le 14 juillet 1929, professeur de lettres de formation, ce catholique pratiquant avait connu la réussite dans l'industrie du bois avant de commencer une carrière politique dans le Val-de-Marne, comme conseiller général puis député.

Elu à la tête de l'Ile-de-France dès 1976, il l'a présidée pendant vingt-deux ans, de façon quai-ininterrompue. Aux Régionales de 1998 cependant, il avait jeté l'éponge, ne briguant pas de nouveau mandat alors que les nuages judiciaires s'amoncelaient sur sa tête. L'IdF avait alors basculé à gauche, ce qu'elle est toujours restée depuis.

Il sera finalement condamné en 2005 après un procès-fleuve, à quatre ans de prison avec sursis et 80.000 euros d'amende dans un énorme dossier, celui des marchés publics des lycées d'Ile-de-France, avec son volet de financement occulte des partis politiques. Il renoncera à faire appel.

L'affaire avait été lancée notamment par une élue de son parti, Claude-Annick Tissot, surnommée la "Madame propre du RPR", qui à la tête de la commission d'appel d'offres de la région IdF, avait décelé de graves irrégularités.

Créateur du chèque emploi-service comme ministre du Travail du gouvernement Balladur (1993-95), il était un un décentralisateur dans l'âme, partisan des Villes nouvelles.

Après son retrait de la vie politique, il avait créé la "fondation de la deuxième chance", financée par le groupe Bolloré, avec pour mission d'aider à rebondir des personnes ayant traversé de lourdes épreuves... "Rebondir", titre d'un de ses derniers ouvrages en 2002.

Hommages

"Le décès de Michel Giraud touche tous les Franciliens, tous les élus de la Région et me touche profondément (...) nous perdons un homme courageux, sensible et constamment soucieux de dialogue et de l'intérêt général", écrit Jean-Paul Huchon dans un communiqué. "Il fut l'un des premiers à croire à la Région Ile-de-France et à tenter d'en construire l'identité et la faire reconnaître, y compris à l'international. Nous la faisons vivre aujourd'hui avec d'autres majorités mais dans la continuité", ajoute encore le  président PS de la région.

"Il a incarné la région capitale, c'est lui qui en a bâti la structure, l'identité et la chair", a affirmé de son côté le sénateurUMP Roger Karoutchi, président de la commission des Finances du conseil régional Ile-de-France. "C'est à lui qu'on devait le terme francilien", a ajouté l'ancien secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement. "Malheureusement la fin de son mandat a été polluée par beaucoup d'attaques, des affaires dont la justice a très souvent - trop tard - réglé le compte. Ca l'a beaucoup meurtri et cela a terni un bilan impressionnant". Pour le conseiller régional élu des Hauts-de-Seine, "depuis qu'il n'est plus président de cette région, l'Ile-de-France a beaucoup de mal à avoir la même reconnaissance de l'Etat".

(Avec dépêches)

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