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David Douillet : "Les résultats des réformes, c'est pour bientôt"

Créé le 01/04/2010 à 10h30 - Mis à jour le 01/04/2010 à 10h51

David Douillet sur RTL le 20 octobre 2009

David Douillet sur RTL le 20 octobre 2009 / La rédaction de RTL

Le député UMP des Yvelines répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. Ecouter aussi :
- Nicolas Sarkozy ne reviendra pas sur le bouclier fiscal
- Eric Zemmour : "Il faut un Grand Soir fiscal !"


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, David Douillet.

David Douillet : Bonjour.

Comment avez-vous trouvé le Président, hier soir ?

En pleine forme malgré son voyage.

Pas fatigué ? Pas déprimé ?

Non, solide.

Pas hésitant ?

Solide avec beaucoup de sang-froid, beaucoup de lucidité, beaucoup d'écoute surtout. Et ce qu'il compte faire, à se dire qu'il prend la mesure de son statut et qu'il est là pour gouverner avec la tête froide et jusqu'au bout, sans changer toutes les cinq minutes, d'avis ni d'envie politique.

"Nous avons fait des erreurs", a-t-il dit. C'est "Le Parisien" qui rapporte ça. Lesquelles ? Il ne vous a pas dit ?

Non, on ne s'est pas étendu là-dessus parce que ça aurait peut-être détourné un petit peu l'objet de cette réunion. L'objet de cette réunion c'était d'avoir un dialogue totalement libre avec les parlementaires pour qu'ils puissent s'exprimer en toute conscience et puis aussi, qu'il y ait une vraie communion, en fait, avec eux parce qu'ils sont importants dans le processus et qui va leur permettre de continuer sa politique pour diriger ce pays.

C'est amusant le mot communion, mais je ne sais pas ce qui vous y mettait dedans ?

Une communion c'est une inter-action, je veux dire c'est un échange. Je veux dire, il n'y a pas que lui qui a parlé, les parlementaires ont parlé autant, la parole était totalement libre. Et c'est rassurant de voir ce type d'action.

Vous croyez vraiment que la parole était totalement libre ? Vous croyez vraiment que les gens qui sont en face du Président de la république, fussent-ils députés, disent...

Non, seulement  je le crois, mais je l'ai vécu hier soir.

Oui. Le débat se concentre sur le bouclier fiscal. Le Président vous a dit : "N'y touchez pas !" Alors, vous n'allez pas y toucher ?

Oui, non mais je crois que le bouclier fiscal c'est un symbole. Tout le monde s'arc-boute là-dessus.

Mais parlant du symbole, oui justement ?

Si vous voulez, enfin moi à titre personnel, je trouve que...

En tant que député des Yvelines...

Oui, oui. Je trouve que la valeur-travail c'est important. Je trouve que déjà de travailler une journée sur deux, ou six mois de l'année, pour l'Etat, c'est déjà beaucoup. 50% des revenus sont officialisés, partent pour l'intérêt général mais c'est bien, et tant mieux.

Donc, vous n'y touchez pas ? Il ne faut pas y toucher ?

Il ne faut pas décourager ceux qui veulent s'investir et travailler beaucoup pour le pays.

Le président de votre groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a dit, mardi : "Ma religion n'est pas faite sur le bouclier fiscal". Alors, ça veut quand même dire que chez vous, il y a des gens qui disent : tiens, qu'est-ce qu'il a voulu dire Jean Franois Copé ?   Vous en avez parlé avec lui, par exemple ?

Ca prouve qu'il y a une liberté de parole.

Oui, ça d'accord. Mais vous en avez parlé avec Jean-François Copé ?

Mais on a chacun notre avis là-dessus. Moi, mon avis, l'avis de Jean-François, c'est l'avis de Jean-François. Mon avis là-dessus, c'est qu'il ne faut pas y revenir.

Il faut - et je crois que le nouveau ministre du budget l'a dit, il a raison -, il faut avoir une vraie stabilité fiscale dans ce pays. Je veux dire, un pays ça ne se gouverne pas au gré du vent, des sondages et c'est ce qu'a démontré, hier, le Président de la République par sa stabilité et sa droiture. Il est là et il est serein. Et notre pays, justement, dans cette tempête qui est la crise mondiale, se doit d'être serein. Et moi, ça m'a rassuré de voir un chef de l'Etat qui est solide, qui se rend compte des choses, qui écoute, qui entend mais qui a semé beaucoup de graines par ses réformes. Cette crise a stoppé un petit peu la croissance de cette graine, mais ça demande de l'inertie et les résultats de ces réformes, on va les avoir maintenant.

De l'énergie. Quand Alain Juppé, ancien Premier ministre, dit : Justement, en période de crise - puisque vous en avez parlé, David Douillet, ferait payer un peu plus les plus riches, ce n'est pas choquant ? Alain Juppé se trompe, d'après vous ?

Mais ils paient déjà beaucoup. Je veux dire, 50% c'est déjà beaucoup. Vous imaginez le message qui serait adressé aux gens si on augmente les impôts, si on continue à accroître cette pression fiscale, je veux dire ce serait encore plus déstabilisant et encore plus oppressant. Les gens ont besoin de s'investir, d'investir aussi les moyens et ça, c'était pour créer de l'emploi, pour créer de la Valeur Ajoutée. Il ne faut pas la stopper par une croissance de l'impôt.

Vous étiez candidat aux élections régionales, David Douillet. Vous avez donc fait les fameux marchés dont les responsables politiques parlent souvent.

Oui.

Les électeurs vous ont parlé, ils vous ont sans doute expliqué pourquoi ils ne votaient pas pour vous, des électeurs de l'UMP, des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007. Pourquoi en 2010, ils ne votaient plus pour vous ? Donc, vous avez dû comprendre les raisons pour lesquelles votre électorat s'est abstenu ?

Ces raisons sont essentiellement liées à ce doute, ce doute et cette incertitude qui sont nés de cette crise, vraiment.

La crise uniquement ?

Vraiment, mais oui parce que les gens ont peur de perdre leur emploi,  les gens ont peur que leurs enfants n'aient pas d'avenir, et tout ça, ça met le doute. Et quand le doute s'insinue, toutes les petits détails qui font que ça accroche dans sa vie, ça prend des proportions incroyables. Il y a eu beaucoup d'attente qui était liée à la présidence de Nicolas Sarkozy. Or, ces fruits-là vont arriver à partir de maintenant dès qu'on va sortir de cette crise, et là les gens verront, verront que le Président a mis le pays sur la bonne voie.

Papier du "Figaro", le 17 mars, c'est-à-dire entre les deux tours, on vous a suivi sur le marché de Saint-Germain, les gens disent aux journalistes du "Figaro", sans doute vous l'ont-ils dit à vous aussi. Il a suivi les candidats, quoi les journalistes. Le feuilleton avec Carla, le manque de carrure, l'ouverture aux socialos, le débat sur l'identité nationale, Jean Sarkozy à l'EPAD, oui c'est ça qui explique... Regardez où est la crise.

Mais oui, mais c'est ce que je viens de vous dire...

Ah non, vous ne m'avez pas dit ça.

Si, dans ces zones d'ombre...

Ah bon ! Je n'ai pas entendu.

Dans ces zones d'ombre et d'incertitude, les gens s'attachent à des détails. Ce que vous venez de me dire, vous vous rendez compte de ce que c'est par rapport au pays et à l'importance de diriger un pays.

Est-ce que vous regardez vraiment, lucidement, la réalité politique en face ? Est-ce que la crise n'est pas un alibi qui vous permet de ne pas regarder d'autres causes...

Non, la crise n'est pas un alibi. S'il n'y avait pas eu la crise, les gens auraient pu profiter pleinement du "travailler plus pour gagner plus", par exemple. Aujourd'hui, c'est quasi impossible de faire ces fameuses supplémentaires dans une entreprise, par exemple. Il y aurait une stabilité de l'emploi, il y aurait une croissance qui serait là. Donc, les gens ne s'opposeraient pas à ce type de problème, c'est clair.

Cote de confiance du Président de la République mesurée par "Le Figaro Magazine" : 28%.

Oui, mais c'est normal.

C'est pas beaucoup !

Regardez dans le passé, je crois que depuis... De Gaulle l'a connue ; enfin tous les présidents de la République, surtout à mi-mandat...

Vous en êtes sûr ? Vous avez regardé ?

Comment ?

Vous en êtes sûr ?

Mais bien sûr, enfin à l'époque, il n'y avait pas ces mesures-là ; mais c'est logique. Et c'était rassurant de voir, hier, un Président qui ne dirige pas un pays par sa cote de popularité. Il dirige le pays parce qu'il est investi de cette mission-là. Il ne dirige pas le pays par rapport à une future réélection ou une ambition personnelle.

Il faut y croire quoi ?

Mais non, je veux dire, des périodes de doute, des périodes d'incertitude, on en a tous, surtout quand on est dans un moment de dureté. Or, il n'y a que le sang-froid et la lucidité qui peuvent permettre de sortir de tout ça, ça c'est clair.

Question au député UMP. Pour se rendre dans une conférence en Martinique, mardi dernier, Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération, a loué un jet privé qui a coûté 116.500 euros. Ca vous choque, David Douillet ?

Oui, ça me choque, évidemment.

Vous allez le lui dire à Alain Joyandet ?

Il faut faire attention, surtout dans un état de crise tel que celui-là. C'est compliqué d'avoir ce type d'agissement et totalement incompréhensible vis-à-vis des Français, ça c'est très clair.

David Douillet, un député UMP qui y croit, était l'invité de RTL  ce matin.
    

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