"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 19/07/2011 à 08h36

Jean-Louis Borloo. / AFP
Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a écrit lundi au président Nicolas Sarkozy pour lui demander, face à l'"urgence" provoquée par la crise de la dette dans l'Union européenne, de convoquer le Parlement en congrès pour "informer les Français" et "débattre de la crise". Prévue par la réforme constitutionnelle de 2008, la réunion du Parlement en congrès à l'initiative du chef de l'Etat permet à celui-ci de s'exprimer devant la représentation nationale.
"J'ai adressé une lettre au président de la République pour lui demander que le Parlement soit convoqué, que le Congrès se réunisse pour informer les Français de la situation de la crise, qui n'est pas seulement une crise grecque mais une crise de la zone euro, de la zone dollar", a expliqué M. Borloo en marge d'un déplacement à Poitiers.
Le président du Parti radical a indiqué avoir prévenu de sa démarche le cabinet du Premier ministre, François Fillon, et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Bernard Accoyer et Gérard Larcher, qui, a-t-il dit expliqué, "n'ont pas trouvé cela déraisonnable".
"Je considère que nous sommes face à un risque de crise qui est supérieur à la crise de 2008 : en 2008, c'étaient les ménages, les banques qui ont été sauvés par les Etats souverains. Aujourd'hui, c'est le dernier étage : les Etats souverains qui sont dans une situation extrêmement difficile", a-t-il expliqué.
"On est dans des enjeux majeurs et je trouve que c'est au peuple qu'il appartient maintenant de débattre", a-t-il fait valoir, en estimant qu'il ne s'agissait plus "seulement d'une question budgétaire ou technique" mais d'une "question politique".
Semaine décisive pour l'Euro
Des divergences importantes restent à surmonter dans la zone euro pour boucler jeudi lors d'un sommet un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce, indispensable pour éviter la contagion de la crise de la dette à l'Italie ou l'Espagne, toujours sous pression des marchés.
Plusieurs rencontres d'experts sont prévues dans les jours à venir en amont du sommet, dont une réunion des hauts-fonctionnaires de la zone euro mercredi soir qui s'annonce déterminante.
"Il reste des choses à régler entre l'Allemagne et la Banque centrale européenne (BCE) mais aussi entre les Etats de la zone euro", a reconnu une source européenne proche des discussions. 
Les Etats-Unis toujours au bord de la cessation de paiement
La guerre de tranchées sur le relèvement du plafond de la dette américaine se poursuit cette semaine avec des votes attendus au Congrès, mais aucun compromis ne se dessine à deux semaines de la date butoir du 2 août pour éviter un défaut de paiement des Etats-Unis.
Malgré des avertissements la semaine dernière des agences de notation, des pressions de la Chine, des mises en garde de l'administration contre un "Armageddon" en cas de factures impayées par l'Etat fédéral, les deux camps n'ont toujours pas réussi à dépasser leurs différences.
Lundi, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a pourtant assuré qu'un accord politique serait signé avant le 2 août et qu'un défaut de paiement serait évité. "Personne ne va jouer les imbéciles sur ce sujet", a-t-il assuré sur la chaîne CNBC, affirmant une nouvelle fois qu'un défaut de paiement de l'Etat serait "catastrophique" pour le pays.
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