
Le président Barack Obama
Crédit : AFP / Mandel NganCrédit : Rémi Sulmont
Obama prône la vérité
Dans son discours à Charlotte (Caroline du Nord, sud-est)
devant les délégués de la convention du Parti démocrate qui l'ont
investi pour tenter de conserver le 6 novembre la Maison Blanche face au
républicain Mitt Romney, M. Obama a évoqué le chômage élevé qui affecte
toujours le pays et nourrit le mécontentement des électeurs. "Mais
sachez-le... nos problèmes peuvent être résolus. Nous pouvons être à la
hauteur des difficultés. Le chemin que nous proposons est peut-être plus
difficile, mais il nous mène vers un monde meilleur", a-t-il assuré,
tentant de répliquer à M. Romney qui l'accuse d'incompétence dans ce
dossier.
"Pas question de retourner en arrière", a-t-il insisté, alors que la
foule, dans un scénario parfaitement réglé, agitait des affichettes sur
lesquelles était écrit "en avant". "Je ne prétends pas que le chemin que
j'offre est rapide est facile, mais vous m'avez élu pour vous dire la
vérité. Et la vérité est qu'il nous faudra davantage que quelques années
pour résoudre des problèmes qui se sont accumulés depuis des
décennies", a-t-il ajouté sous les applaudissements.
La nostalgie du changement
Le président a
essayé de se réapproprier le thème du "changement" qui avait fait son
succès en 2008, au moment où les écarts dans les sondages avec M. Romney
sont très faibles et augurent d'une élection serrée. Si vous vous
détournez maintenant, si vous vous laissez convaincre par le cynisme
selon lequel le changement pour lequel nous avons combattu n'est pas
possible, le changement n'aura pas lieu", a-t-il développé, très souvent
interrompu par des ovations de 15.000 personnes acquises à sa cause.
"Si vous abandonnez l'idée que votre voix peut faire la différence,
alors d'autres voix viendront remplir ce vide", a prévenu M. Obama, dont
le trésor de campagne, élément vital d'une élection américaine, peine à
rivaliser avec celui de ses adversaires.
La foule l'a applaudi debout une douzaine de fois, a ri parfois, comme quand il a dit à ses filles qu'il n'était pas question qu'elles n'aillent pas à l'école vendredi, a hurlé parfois son enthousiasme. Mais le rire semblait moins entier, l'adhésion plus convenue, que lors du discours de l'ancien président Bill Clinton mercredi soir, auxquels les démocrates avaient fait un triomphe.
"Oussama ben Laden est mort, General Motors est vivant"
Pendant près de six heures avant le discours de Barack Obama, les délégués démocrates avaient été chauffés à blanc par les intervenants se succédant à la tribune. Entre des vidéos à la gloire de leur président, égrénant la liste de ses succès - la mort d'Oussama ben Laden étant de loin le plus applaudi --, ils ont entendu l'ancienne gouverneur du Michigan Jennifer Granholm raconter le poing levé comment il avait sauvé l'industrie automobile; l'actrice Eva Longoria parler de sa vie, et leur demander de croire au rêve américain; l'ancien candidat démocrate à la présidence John Kerry ridiculiser la vision de Mitt Romney en politique étrangère.
Le parterre a dansé sur la musique des Foo Fighters, hurlé "nous sommes prêts" quand dans une vidéo, le président a insisté sur le fait qu'un vote pouvait changer le monde. Des milliers de démocrates ont scandé "USA, USA", quand le vice-président Joe Biden a promis de poursuivre jusqu'au bout du monde ceux qui s'attaqueraient à des Américains innocents, et répété extatiques avec lui "Oussama ben Laden est mort et General Motors est vivant". Ils jubilaient debout, quand il a mis en pièce le programme du républicain Mitt Romney, ont ravalé leurs larmes quand il a évoqué les 6.473 morts en Irak et Afghanistan.
Obama et Romney dans les mêmes Etats vendredi
Et la fête n'aurait pas été complète sans les deux filles du président, qui après l'avoir écouté gracieusement assises au premier rang, sont montées sur scène pour l'embrasser pour une jolie photo de famille. Les incontournables confettis ont terminé la soirée, mais aucun ballon. Et même le président des Etats-Unis n'y pouvait rien. Les discours prévus dans un stade à ciel ouvert, avaient été repliés jeudi à l'intérieur en raison du mauvais temps, ne donnant pas le temps aux organisateurs de les réinstaller.
M. Obama devait repartir en campagne dès vendredi avec M. Biden dans le
New Hampshire (nord-est) et l'Iowa (centre), deux Etats-clé où M. Romney
a prévu de se rendre le même jour. Les deux camps auront les yeux rivés
sur les chiffres mensuels du chômage attendus vendredi matin et qui
pourraient jeter une ombre sur les bénéfices politiques de cette
convention, une semaine après celle qui a investi M. Romney.
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10/04/2013 - 09h48
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