
Alain Duhamel
Crédit : Alain Duhamel
Crédit : RTL
Ca ça ne fait pas de doute, parce que l'élection de Ségolène Royal à la présidence de l'Assemblée Nationale, c'était prévu, organisé depuis des semaines, et même depuis des mois. Elle le souhaitait vivement, elle avait d'ailleurs eu la maladresse, de le dire publiquement au moins à deux reprises. Et François Hollande était d'accord, parce que c'était une façon de la remercier de sa loyauté pendant la campagne présidentielle, un symbole de parité, la résolution de problèmes personnels, seulement le désastre de La Rochelle a tout mis par terre.
Ils sont trois officiellement en lice, Claude Bartolone ici présent, Jean Glavany et Elisabeth Guigou. Le futur président de l'Assemblée, sera forcément un de ces trois-là ?
Non, pas forcément. Aujourd'hui, aujourd'hui, Claude Bartolone ici présent est le favori. Il est le favori parce qu'il est le plus expérimenté à l'Assemblée Nationale, il est le favori, parce qu'il faut dire les choses comme elles sont, il est très populaire auprès de ses collègues, et qu'il a mené une campagne méthodique, et plutôt astucieuse. Jean Glavany en face de lui, est également populaire, est également expérimenté, a été, comme on le sait un des collaborateurs personnels de François Mitterrand, comme chef de cabinet.
Il a un handicap par rapport à Claude Bartolone, c'est qu'il avait choisi comme stratégie, d'être l'adversaire de Ségolène Royal. Comme il n'y a plus de Ségolène Royal, il a un peu perdu sa stratégie. Et puis, il y a Elisabeth Guigou, qui a été également une grande collaboratrice de François Mitterrand, qui était un excellent ministre des affaires européennes, très marquant, probablement le meilleur, qui a été un très bon garde des sceaux, mais qui apparemment, bien que ce soit une femme, est moins populaire, et moins appréciée de ses propres collègues.
Mais il y a une quatrième encore qui le nie, qui est Marylise Lebranchu. Marylise Lebranchu, c'est la solution dont rêve Martine Aubry, que souhaiterait en réalité François Hollande et Jean-Marc Ayrault, seulement il y a une difficulté, c'est qu'elle ne veut pas. Cela dit, il y a une solution possible, extrêmement simple, et extrêmement rapide, qui consiste à ne pas la reconduire demain dans ses fonctions gouvernementales.
En tous cas, à l'heure de la parité gouvernementale, justement une femme au perchoir, ça serait quand même un symbole ?
La présidence de la République, le poste de premier ministre, les principaux postes gouvernementaux, la présidence du Conseil Constitutionnel, celle du Sénat, le premier président de la Cour des Comptes, le vice-président du Conseil d'Etat, ce ne sont que des hommes. Donc, si c'était une femme, oui, ça serait imaginable, même si, il faut que ça sorte de la volonté des députés.
Deux questions Alain, dans un hémicycle où le PS a la majorité absolue, est-ce que le rôle du président de l'Assemblée est particulier ?
Oui, parce que ça doit être un symbole d'autorité, mais aussi d'indépendance. C'est à dire que dans ces cas-là, c'est vraiment le président de l'Assemblée Nationale qui doit permettre à l'opposition de jouer pleinement son rôle, ce que par exemple, Jean-Louis Debré avait fait très bien avec la gauche, mais aussi d'indépendance vis à vis du pouvoir exécutif.
Et puis, il y a une autre question : pourquoi tant de candidats, président de l'Assemblée, c'est quoi, un poste à hautes responsabilités ? C'est très prestigieux, c'est un bâton de maréchal ?
C'est tout ça, c'est à dire à la fois en ce qui concerne les ors, le protocole, les commodités, les services, tout ça, c'est magnifique. C'est presque sans équivalent, en plus, il y a le côté pour la vanité, on reçoit les chefs d'états, on décide, on prend des initiatives, mais c'est aussi la première magistrature d'influence de France. Un président de l'assemblée nationale, surtout des années aussi chahutées qu'aujourd'hui, il est idéalement placé pour faire passer des messages politiques solennels, et qui souvent sont écoutés.
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