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Christian Estrosi : "Non, la raffinerie de Dunkerque, ce n'est pas fini !" (vidéo)

Créé le 24/02/2010 à 10h06 - Mis à jour le 24/02/2010 à 13h33

Christian Estrosi sur RTL le 21 janvier 2010

Christian Estrosi sur RTL le 21 janvier 2010 / La rédaction de RTL

Christian Estrosi, le ministre délégué à l'Industrie, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Il est revenu sur le conflit dans les raffineries Total et s'est montré optimiste autour de la raffinerie des Flandre en expliquant que : "Non, la raffinerie de Dunkerque ce n'est pas fini !" Bonjour Christian Estrosi.

Bonjour Jean-Michel Aphatie.

De votre point de vue, la grève doit-elle cesser à Total ?

Bien évidemment l'Assemblée générale se prononcera et je l'attends avec impatience et je respecterai la décision des salariés, mais je crois que toutes les conditions sont réunies désormais.

Il n'y a plus de raison pour que la grève se poursuive dans les raffineries françaises ?

Je suis satisfait de l'appel de la CGT, hier soir. En tout cas la levée de la grève. J'avais appelé de mes voeux la réouverture de la négociation, hier. Il était impératif qu'un certain nombre de conditions soient réunies, d'abord l'engagement de Total sur le maintien de toutes les raffineries en exercice pendant les cinq ans qui viennent en dehors de la raffinerie des Flandres.

Pourquoi ? Elle va fermer la raffinerie des Flandres ?

Non, elle ne va pas fermer. Ce qui est important, là aussi, c'est que nous avons obtenu que soit avancé le Comité Central d'Entreprise qui était programmé au 29 mars - qu'il était sous entendu électoraliste etc. pour une date aussi éloignée - au 8 mars de sorte que les salariés qui, depuis le mois de septembre, sont dans le flou absolu sur l'avenir de leur activité, puissent être enfin éclairés.

Mais il n'y a plus de raffinerie à Dunkerque, on est d'accord ?

Il y a une raffinerie à Dunkerque.

Non, il n'y en a plus. Elle ne va pas recommencer à raffiner du pétrole, elle est arrêtée depuis le 12 septembre...

Ah, mais je ne sais pas. Pourquoi pas ? Mon langage a été constant depuis le mois de décembre...

Pourquoi pas dites-vous : vous souhaiteriez qu'elle redémarre demain ?

Vous pouvez lire toutes mes déclarations depuis le mois de décembre, je n'ai cessé de dire : " je veux la réouverture de la raffinerie des Flandres si jamais il n'y a pas un vrai projet de substitution". Réponse le 8 mars...

Mais on sait très bien qu'elle va fermer.

Cette réponse il faut qu'elle soit claire.  Invitez moi après. On verra bien quelle est la décision qui a été validée par les salariés et par les responsables.

Il faut aussi parler clairement de la situation : il y a une surcapacité de raffinage en France. C'est pour ça que la raffinerie de Dunkerque ne fonctionne plus depuis le 12 septembre.

Et c'est bien pour cela que de manière très responsable l'ensemble des délégués syndicaux ont demandé qu'il y ait une table ronde sur l'énergie dans notre pays et que le président de la République a dit très clairement hier qu'il souhaitait que l'Etat l'organise lui-même, le 2ème trimestre de cette année.

Alors table ronde, d'accord. Mais la raffinerie de Dunkerque c'est fini. Nous sommes d'accord ?

Non. La raffinerie de Dunkerque, ça n'est pas fini. Elle est en état de redémarrer. C'est-à-dire que le 8 mars, au Comité Central d'Entreprise soit l'entreprise Total réouvre et annonce la réouverture de la raffinerie des Flandres...

Ce qu'elle ne fera pas, vous le savez comme nous.

Soit propose un projet de substitution validé par le Comité Central d'Entreprise.

Et s'il n'y a pas de projet de substitution ?

Et bien, on se verra après le 8 mars.

Pour l'instant tout ça est assez brumeux.

Invitez moi après le 8 mars. Je vous qu'on ne cesse de dire, notamment encore hier, Monsieur Christophe Hondelatte, chez vous-même que je fais de l'agitation, que les choses ne débouchent pas. C'était hier matin et il se trouve que deux heures après les choses ont débouché.
Alors donnons-nous rendez-vous après le 8 mars et nous ferons la démonstration, une fois de plus, que ce que j'affirme devant vous : soit qu'il y aura la réouverture de la raffinerie des Flandres, soit qu'il y aura une activité de substitution - et je dis 50/50 aujourd'hui -... la réponse qui...

50/50...

Vous savez le porte de Dunkerque c'est une activité sérieuse. Il y a à la fois l'emploi des salariés de Total sur le port de Dunkerque pour la raffinerie, mais il y a aussi près de 250 sous-traitants qui représentent 450 salariés. Et puis, il y a un port autonome qui est le plus stable de France dans son activité dont nous n'avons pas le droit de déséquilibrer l'activité pour les années qui viennent.

Prenons le problème...

Donc, toucher juste un petit morceau, la raffinerie, une petite activité, un dépôt quelque part, un sous-traitant qui serait affaibli et c'est l'ensemble du bassin du Dunkerquois que nous affaiblirions. Le gouvernement ne pourra pas s'en satisfaire.

Prenons le problème autrement. Christian Estrosi, vous êtes ministre de l'Industrie et vous devez donc tenir un certain langage de vérité.

Oui, ce que je fais.

Est-ce qu'il y a des surcapacités de raffinement en France, aujourd'hui : oui ou non ?

Mais ça arrive régulièrement, depuis vingt ans, qu'il y ait des surcapacités. Pourquoi Dunkerque a été fermé en septembre, de manière provisoire ? Parce que c'était en surcapacité, on a dit pour quelques semaines - comme on le fait souvent pour des raffineries - on arrête.

C'est plus structurel que cela, vous le savez bien.

Il se trouve qu'entre temps, alors que les salariés étaient tranquilles sur la pérénité de la raffinerie, on ne les a pas tenus au courant du fait qu'on pourrait envisager de ne pas la réouvrir. Et c'est à ce moment-là que les salariés ont exprimé leur colère.

La Direction de Total a mal géré ce dossier, Christian Estrosi ?

Je pense que la Direction de Total n'a pas été assez claire. Quand on a une intention quelque part, on ne laisse pas courir une rumeur qui laisse partir toutes les inquiétudes dans les consciences collectives des salariés et au-delà des salariés, des sous-traitants d'un grand bassin comme le Dunkerquois.
Donc, il fallait réagir au plus vite et donner des explications fermes. Je pense que la faute de Total a simplement été de ne pas aller au contact des salariés qui étaient prêts, eux, à ce qu'on leur parle : mais plus vite, plus rapidement. Et de négocier sur l'avenir industriel du Dunkerquois et de l'utilisation de leurs compétences, malheureusement Total ne l'a pas fait et l'on voit où l'on en est arrivé. Heureusement que le gouvernement est intervenu pour que Total prenne des décisions.

Critiques de la Direction. On a entendu, Christian Estrosi, vos propos critiques sur la Direction de Total ce matin sur RTL. Le protocole et la hiérarchie, ça a un sens : vous êtes ministre délégué à l'Industrie : la ministre de l'Industrie c'est Christine Lagarde, invisible dans ce dossier. Est-ce qu'il y a un désaccord de fond entre vous et Christine Lagarde, aujourd'hui, sur le dossier Total ?

Il n'y aucun désaccord de fond.

C'est ce qu'on dit toujours.

Nous appartenons à la même équipe gouvernementale. Je sais bien que chaque fois que vous m'invitez, vous essayez de me mettre en difficulté avec l'un des collègues du gouvernement. J'ai besoin de l'aide de Christine Lagarde. Elle m'a soutenu en permanence. J'ai besoin des autres ministres qui, de manière transversale pour l'emploi avec Laurent Wauquiez, pour le travail avec Xavier Darcos, on travaille ensemble. Je les soutiens, ils me soutiennent. Nous sommes aux côtés de l'impulsion donnée par le président de la République et par le Premier Ministre et c'est pour ça d'ailleurs que nous arrivons aux résultats qui sont les nôtres en matière d'industrie. Je vous les annonce d'ailleurs, ce matin.

Vous les avez amenés hier, à l'Assemblée nationale.

Je les rappelle.

Oui, je vous écoute.

+ 4,7 % de la reprise de la commande industrielle au dernier trimestre 2009... + 14,9 % sur le seul mois de décembre.

Je vous posais la question sur le gouvernement et l'éventuelle mésentente avec Christine Lagarde, mais je connaissais la réponse : tout va bien entre vous. On est heureux, Christian Estrosi.
On parle du dossier Heuliez ?

Bien sûr, c'est important et là aussi on agit.

Alors, la MACIF devait reprendre, elle ne reprend pas.

Qui a annoncé que la MACIF devait reprendre ?

Ségolène Royal.

Oui, voyez-vous, il faut être prudent parce que je crois que les salariés d'Heuliez qui est une belle entreprise, qui a un véritable avenir, mais qui est en danger aujourd'hui et qui est au bord du dépôt de bilan, parce que l'on a accordé trop de crédibilité à Monsieur Petiet et là encore, ça n'est pas le gouvernement qui a accordé autant de crédit à Monsieur Petiet.

C'est Ségolène Royal aussi ?

Nous avons mis sous séquestre 10 millions d'euros, nous, avec le Fonds stratégique d'investissement sur un compte en banque à Niort, pour montrer notre bonne volonté. En même temps, Monsieur Petiet s'était engagé à mettre 15 millions d'euros avant le 15 janvier dernier. il ne l'a pas fait.
Je n'y crois plus.
En même temps le ministre de l'Industrie que je suis a engagé le débat avec un certain nombre d'hommes d'affaire et d'industriels. Nous avons aujourd'hui deux à trois dossiers particulièrement sérieux qui pourraient déboucher dans les jours qui viennent. Mais moi, je me tais. Je ne balance pas de nom en pâture parce que je sais que dans une négociation comme celle-là, si on veut qu'elle aboutisse, si je veux pouvoir sauver Heuliez, il faut le faire dans la discrétion.

Vous pensez que...

Et ne pas en faire une exploitation électorale dans une campagne régionale.

C'est ce qu'a fait Ségolène Royal selon vous ?

Je pense que Ségolène Royal, avec qui je reconnais que nous avons réussi à travailler aujourd'hui : c'est très important, par exemple de veiller à ce qu'il n'y ait pas de dépôt de bilan, que quelque part Ségolène Royal apporte des garanties avec la Région, que nous mobilisions...

Mais elle a parlé trop vite.

Que nous mobilisions OSEO pour essayer de faire en sorte que jusqu'au moment où je proposerai un actionnaire de substitution, on réussisse à éviter le dépôt de bilan, c'est une bonne chose.
De grâce que Ségolène Royal soit discrète, que nous travaillions aujourd'hui tranquillement pour ne pas...

On verra si elle a entendu votre message.

... décevoir les salariés d'Heuliez.

Question politique au dirigeant de l'UMP. L'UMP du Val d'Oise a t-elle eu tort de rendre public ce qui se révèle être un faux casier judiciaire pour le candidat socialiste dans le Val d'Oise ?

Mais, il y a un faux, il y a un vrai. Je vais vous dire, moi, ma part des choses est la suivante : la loi française est ainsi faite que, quel que soit le curriculum vitae du candidat socialiste auquel vous faites référence, il a le droit de se présenter. Il est éligible.

Non, mais vous n'êtes pas choqué que des fausses informations aient été diffusées par les candidats de l'UMP ?

Après... moi.. Ecoutez : moi, je suis choqué que des campagnes électorales à droite, à gauche se mènent...

Ah c'est la langue de bois

Non, je ne suis pas langue de bois.

Est-ce que l'on peut donner de fausses informations judiciaires ?

Non, je ne suis pas langue de bois parce que pour moi la noblesse de la politique c'est de se battre projet contre projet. Et en même temps...

C'est ce qu'a fait l'UMP du Val d'Oise ?

de le faire par la voix de candidats qui sont dignes de cela. Si le Parti socialiste a jugé que pour représenter ses valeurs ce candidat en était digne, c'est sa responsabilité. Moi, en tout cas, je ne l'aurais pas pris sur une liste UMP;

Langue de bois, Christian Estrosi... Tant pis !
Christian Estrosi, ministre de l'Industrie... Ministre délégué de l'Industrie était l'invité de RTL, ce matin.

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