Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 28/10/2009 à 17h00 - Mis à jour le 03/11/2009 à 11h24

Charles Pasqua dans les studios de RTL (28/10/09) / La rédaction de RTL
Au lendemain de sa condamnation à un an de prison ferme dans le cadre du procès de l'Angolagate, Charles Pasqua était "l'invité de RTL". L'ancien ministre de l'Intérieur, qui répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie, a affirmé n'avoir "peur de rien", même si ce procès est selon lui conduit "de manière injuste, anormale". "Je me suis toujours demandé ce que je venais faire là-dedans, la République a intérêt à faire le ménage" a-t-il déclaré. Il va faire appel et, surtout, il demande la levée du secret défense dans ce dossier. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a affirmé que le ministre de la Défense Hervé Morin "pourrait examiner" cette demande de levée du secret défense sur l'Angolagate.
Pour suivre RTL sur Twitter :
http://twitter.com/RTLFrance
Rejoignez le groupe RTL sur Facebook :
http://www.facebook.com/RTL
Charles Pasqua bonjour
Bonjour
Les magistrats rendent la justice au nom du peuple français, et ceux du Tribunal Correctionnel de Paris hier, vous ont condamnés hier à un an de prison pour trafic d'influence, dans l'affaire du trafic d'armes vers l'Angola. Vous faîtes appel de ce jugement Charles Pasqua ?
Mais bien entendu.
Mais votre réputation ne se trouve-t-elle pas déjà entachée par ce jugement à la prison ferme ?
Écoutez, le problème est simple : le fondement de la justice, d'abord c'est la présomption d'innocence. Tant qu'on n'est pas arrivé jusqu'au bout du processus judiciaire, personne ne peut dire si vous êtes réellement coupable ou pas. En ce qui me concerne, je me suis toujours demandé ce que je venais faire là dedans. Étant donné que je ne me suis jamais occupé de trafic d'armes, je ne connaissais pas Monsieur Falcone. J'ai eu l'occasion de connaître Monsieur Gaydamak, tout simplement parce qu'avec Marchiani, nous nous sommes occupés de la récupération des pilotes français qui étaient prisonniers en Bosnie. Je ne connaissais d'ailleurs pas Gaydamak, j'ai cru que Gaydamak était un interprète. J'ai appris beaucoup plus tard, que c'était un ancien colonel du KGB, et qu'il était très proche de Primakov, c'est comme cela que nous avions eu un certain nombre de moyens pour nous permettre d'avancer dans cette affaire de pilotes. A la suite de cela, effectivement, avec l'accord de Jacques Chirac, il avait été envisagé, si les choses aboutissaient, de remettre une décoration à Monsieur Gaydamak, ce que nous avons fait.
Vous n'êtes pas un justiciable ordinaire Charles Pasqua.
C'est vrai.
Vous êtes un responsable politique, élu, quelqu'un qui a compté, et pesé dans la vie politique nationale. Traditionnellement, les responsables politiques disent qu'ils font confiance à la justice, et là la justice, si ça n'est pas définitif, vous a condamné Charles Pasqua.
Oui, oui, ça ne m'a pas échappé Monsieur Apathie. C'est évident. Je dois dire d'ailleurs...
Faîtes-vous toujours confiance à la justice ?
Comment ?
Diriez-vous cette phrase rituelle, que tous les hommes politiques ont dans la bouche : "je fais confiance à la justice de mon pays" ?
C'est une phrase que l'on peut employer de manière générale, mais vous savez également que l'on dit qu'on a toujours 24 heures pour maudire ses juges...
Elles sont entrain de passer les 24 heures.
Oui, mais pour moi, ça durera plus que 24 heures.
Vous les maudissez les juges ?
Non, je ne les maudis pas, mais je dois dire que j'ai du mal à comprendre la construction intellectuelle qui leur a permis d'arriver à ce résultat.
Alors, ils vous reprochent ...
Je n'y suis pour rien là dedans.
Pour ceux qui nous écoutent, votre association "France-Afrique-Orient" a perçu
Non, l'association France-Afrique-Orient n'est pas la mienne. Ca a été présidée par Pierre Messmer, j'en étais membre, et nous partagions des bureaux France-Afrique-Orient et l'association "Demain la France", qui était la mienne.
Donc, cette association, disent les juges, aurait perçue 225.000 euros en échange de l'attribution sur votre intervention : en juillet 1996 de l'ordre national du mérite à Arcadiy Gaydamak, et les juges, dans ce jugement, écrivent à votre propos Charles Pasqua : "il est singulier d'avoir rappelé que les valeurs distinguées par nos deux ordres nationaux qui ne sont ni l'influence, ni l'entregent ne peuvent être ni échangées ni vendues". Donc...
Parce que les juges croient que je ne sais pas ça !
Mais ils ont l'air de dire.. de dire en tous cas que vous l'avez oublié.
Oui.. Moi, je n'ai rien oublié du tout et je veux bien qu'on mette dans une balance nos services respectifs...
Entre les juges et vous ?
Entre tous ceux qui peuvent me critiquer et moi.
C'est un procès politique Charles Pasqua ?
Moi, j'ai ma conscience pour moi. Écoutez, y a des coïncidences tout de même !
Lesquelles ?
Mes ennuis judiciaires ont commencé en 2000. C'est à dire au moment même où je dis éventuellement, je serais candidat contre Jacques Chirac. Depuis, un certains nombre d'informations judiciaires ont été ouvertes contre moi, toujours par le même magistrat. C'est comme cela que j'ai été envoyé devant un certain nombre de juridictions quand ces informations sont arrivées jusqu'au bout. Je remarque une chose, c'est que sur les différentes informations qui ont été ouvertes contre moi, dans quatre d'entre elles, j'ai bénéficié d'une relaxe, naturellement personne n'en n'a parlé. Je compte bien le dire.
D'accord, vous le dites ce matin Charles Pasqua. Précisons aussi que vous avez été condamné en appel dans l'affaire du Casino d'Anemasse à 18 mois de prison avec sursis le mois dernier.
Et oui, nous verrons tout ça le moment venu.
La justice ça va, ça vient. Vous êtes victime d'une vengeance de la part de Jacques Chirac, c'est ce que vous dîtes ce matin sur RTL, Charles Pasqua.
Ah moi, je ne dis pas que je suis victime d'une vengeance de la part de Jacques Chirac.
C'est ce que vous avez suggéré : c'est à partir de 2000 avec votre volonté d'être candidat à l'élection présidentielle que vous avez des ennuis judiciaires.
Vous savez, moi je ne suis pas très malin. Alors je regarde, et les coïncidences me frappent.
J'essayais donc d'aller au bout de la "coïncidence" que vous évoquez, vous...
Chacun sait que vous êtes plus malin que moi...
Je ne suis pas sûr Charles Pasqua de ce jugement...
Si..si..si..
Merci de le faire en tous cas. Vous faites un lien... ? La coïncidence est là...
Mais en tous les cas les coïncidences sont là...A partir du moment où j'ai dit que je serais éventuellement candidat aux présidentielles, que mes ennuis ont commencé.
Chacun en tirera la conclusion qu'il souhaite. Qu'attendez vous de la levée du secret défense dans cette affaire.. Qu'espérez vous qu'elle apprendra ?
C'est un problème de fond. Je considère que la république a intérêt à clarifier les choses, à faire le ménage. Beaucoup d'argent - dit-on - a circulé à l'occasion de ventes d'armes et de matériels divers..
On parle de celle là, la vente d'arme vers l'Angola. On parle d'une question générale...
Non, non, Monsieur, vous savez aussi bien que moi que les gens sont méchants et qu'il y a beaucoup de commentaires et de ragots.. Il vaut mieux que ce soit clarifié.
Mais la levée du secret défense vous la souhaitez dans ce dossier de l'Angola ?
Sur celui là, comme sur les autres.
Vous avez déjà pris quelques contacts, par exemple avec le ministère de la Défense ? Vous pensez que votre demande sera suivie d'effet ?
C'est pas le ministère de la Défense qui décide.
C'est qui ?
C'est le président de la République.
Le président de la République, vous lui en avez parlé ?
Ah, je ne lui en est pas parlé. Peut être en parlerons nous.
Vous avez peur ? Vous avez peur d'aller en prison Charles Pasqua ?
Je n'ai peur de rien Monsieur Apathie. Vous me regardez bien...
La prison...
Regardez moi.. je n'ai peur de rien..
La prison c'est terrible pour perspective tout de même.
La prison, et bien nous verrons bien. Nous n'en sommes pas encore là. J'ai ma conscience pour moi, et dites vous bien une chose : je considère que ce procès a été conduit d'une manière injuste, anormale. Donc, j'utiliserai toutes les voies de droit. Toutes et je ne m'arrêterai jamais jusqu'à ce qu'on me rende justice réellement.
Charles Pasqua était l'invité de RTL ce matin...
Écouter aussi :
- Angolagate : Charles Pasqua condamné à un an ferme
Pour suivre RTL sur Twitter :
http://twitter.com/RTLFrance
Rejoignez le groupe RTL sur Facebook :
http://www.facebook.com/RTL
Publicité
Publicité
Publicité