Bruno Le Maire : "Je trouve ça écoeurant que des entreprises trichent"

Bruno Le Maire : "Une campagne dans des conditions très difficiles"

Bruno Le Maire : "Une campagne dans des conditions très difficiles"

Crédit : dailymotion

VIDEO - Bruno Le Maire, député UMP de l'Eure, ancien Ministre de l'Agriculture, candidat déclaré à la présidence de l'UMP, répondait aux questions de Philippe Corbé jeudi matin. Bruno Le Maire aimerait voir émerger un parti organisé en coalition, comme peut l'être la CDU-CSU en Allemagne. Il a aussi ouvert la porte à un gouvernement économique à 17 dans la zone euro. Le député UMP a réagi à la Une des Echos selon laquelle 7% des entreprises en France avaient recours au travail illégal (le secteur du bâtiment est absent de cette enquête pour des raisons techniques). "Je trouve ça écœurant, écœurant que dans un pays comme la France, qui est tellement généreux en matière de protection sociale, qui a des garanties très fortes pour les salariés, il y a encore des gens qui trichent, des entreprises qui trichent", a-t-il dit

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Bruno Le Maire : "Je trouve ça écoeurant que des entreprises trichent"

Crédit : Philippe Corbé

Philippe Corbé : bonjour Bruno Le Maire.

Bruno Le Maire : bonjour Philippe Corbé.

On va parler dans un instant de l'UMP. Je voudrais d'abord vous interroger sur un sujet d'actualité dont on a parlé dans le journal : le groupe Doux. C'est un géant du secteur de la volaille. On connaît notamment la marque Père Dodu. Le Tribunal de Quimper a décidé la liquidation, la vente des activités frais. Ça représente environ 1.700 personnes. On dit souvent que la France est une puissance agricole, ça repose sur les agriculteurs, mais aussi sur notre industrie agro-alimentaire. Est-ce que cette industrie est menacée comme d'autres pans de notre industrie en général ?

Notre industrie agro-alimentaire, comme toute l'industrie française, a besoin de réforme de structure. Je pense en particulier à la réduction du coût du travail, qui reste un point noir de l'industrie en France, et je pense aussi au financement de l'innovation de la recherche, de l'amélioration des produits. En matière d'industrie agro-alimentaire, c'est très important pour satisfaire le consommateur.

Dans l'affaire Doux, il y a aussi un volet européen qu'il ne faut jamais oublier. Ça dépendra aussi de décisions européennes, notre capacité à maintenir ce fameux dispositif des restitutions et à nous protéger.

C'est quoi exactement les restitutions ?

C'est ce qui nous permet d'écouler les stocks de volaille vers d'autres pays, et puis c'est aussi des systèmes qui nous permettent de nous protéger contre d'autres produits qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires ou les mêmes normes de qualité. Je pense en particulier au poulet chloré américain, qu'on continue à empêcher de venir en France et en Europe, mais il faut maintenir cette position. Donc, une partie de la solution se trouve aussi à l'échelle européenne.

Donc c'est un groupe français et à partir d'aujourd'hui, l'actionnaire principal c'est une banque, Barclay's, qui va donc investir de l'argent comme elle investirait dans une entreprise d'un autre secteur. Voilà, est-ce que ce secteur agro-alimentaires très français est en train de nous échapper ?


Je rappelle que l'industrie agro-alimentaire, c'est des centaines de milliers d'emplois en France. C'est des milliards d'euros d'excédents sur notre balance commerciale. Donc, ça fait partie des fleurons de ce que la France est capable de faire. Il faut tout engager pour défendre le groupe Doux, pour soutenir l'industrie agro-alimentaire et pour lui permettre surtout de se moderniser et de produire à un coût qui soit le plus compétitif possible. C'est ça pour moi la feuille de route de l'industrie agro-alimentaire.

Bruno Le Maire, vous parliez de l'Europe. C'est un des sujets que vous mettez en avant dans votre campagne à l'UMP. Je dis campagne, mais en fait, vous n'êtes pas candidat officiellement à la présidence de l'UMP et en même temps...

Mais en campagne quand même, je vous le confirme.

... vous récoltez des parrainages nécessaires pour être candidat. Enfin, vous êtes candidat en fait ?

Écoutez, vous le verrez à la fin du mois. Moi, j'ai fixé un calendrier, je m'y tiens. C'est une proposition qui est construire. Il y a d'abord, pour les militants de l'UMP, un projet, parce que je pense que ce qui compte aujourd'hui, ce n'est pas les querelles de personnes, c'est le projet qu'on a pour notre famille politique et pour la France. Un projet que je vais décliner tout au long de l'été. Je commence par l'Europe parce que je crois qu'une grande partie de nos problèmes et des solutions à nos problèmes vient de l'Europe.

D'ailleurs, ça se passe comment, de votre point de vue, la politique européenne de François Hollande, la position vis-à-vis d'Angela Merkel ? Est-ce que la France est affaiblie selon vous depuis mai ou est-ce qu'elle adopte une stratégie différente avec l'Italie, avec l'Espagne, par exemple ?

Moi, je continue à croire qu'une grande partie de la solution à la crise financière, économique, de l'emploi en Europe -on a vu ce reportage dramatique tout à l'heure sur ce qui se passe en Espagne-, ça passe par une union politique européenne et par des décisions fortes. Or, aujourd'hui, malheureusement, je ne vois en France aucune décision européenne, aucun engagement auprès de Madame Merkel, de Monsieur Monti ou de Monsieur Rajoy à la hauteur des défis qui nous sont opposés. On va trouver une solution qui sera un expédiant pour permettre à l'euro de poursuivre sa route dans les semaines, dans les mois qui suivent. Je l'espère en tout cas. Mais au-delà de ça, qu'est-ce qu'on fait ? Quand est-ce que l'on met en place un Ministre des Finances européen, quand est-ce que l'on met en place une union politique européenne ? Quand est-ce que l'on met en place un gouvernement économique européen à 17 pour qu'on n'ait pas une monnaie commune et 17 politiques économiques différentes, mais une monnaie commune et une vraie politique économique commune qui défende l'emploi, l'industrie, et nos entreprises, c'est ça le sujet.

Mais François Hollande tente de trouver une voie médiane et de ne pas forcément être collé à l'Allemagne comme pouvait le faire par exemple Nicolas Sarkozy. On avait l'impression que Angela Merkel/Nicolas Sarkozy, c'était la même ligne systématiquement.

C'est la question de la stratégie. Pour moi, ce qui compte, c'est la vision, et la vision, je n'en vois pas. Je n'ai pas entendu une seule fois François Hollande nous expliquer où nous allions aller.

On navigue à vue, on est dans une crise européenne intense.

On navigue à vue, mais moi j'attends de nos responsables politiques, qui ne naviguent pas à vue, qu'ils nous proposent une vision.

C'était déjà le cas avant avec Nicolas Sarkozy, non ?

Dans le texte que j'ai diffusé hier sur mon site internet, dans le cadre de cette campagne UMP, on peut critiquer, on peut ne pas être d'accord. J'échange avec les militants. Certains sont d'accord, certains ne sont pas d'accord, c'est la vertu du débat, mais on ne peut pas me reprocher de ne pas être clair. Moi, je dis que nous devons aller à 17, et plus à 27, vers une union politique européenne. Je dis qu'il faut qu'il y ait un meilleur contrôle des budgets pour nous assurer qu'il n'y a pas des gens qui trichent avec les règles européennes à l'intérieur des 17. Je dis qu'il faut ce Ministre des Finances européen. Je dis qu'il faut aussi un Ministre de l'Intérieur européen qui nous permette de mieux contrôle nos frontières extérieures et éviter les flux migratoires que nous voyons chaque année. Des immigrations illégales qui sont mal contrôlées. Je crois qu'il faut proposer un projet et une vision aux citoyens européens et aux Français, sans quoi ils se détourneront de l'Europe. Et ce qui se passe aujourd'hui en Europe est grave. La crise est grave, le chômage est grave, la montée du populiste et du nationalisme est quelque chose d'extraordinairement préoccupant. Rien aujourd'hui en France, de la part du gouvernement, n'est à la hauteur de cette crise européenne.

Bruno Le Maire, vous disiez que vous êtes déjà en campagne, sans être encore officiellement candidat. Il y a aussi François Fillion. Jean-François Copé va être candidat fin août. Ils sont ultra favoris tous les deux. On se dit que la course va se jouer entre eux. Ça ressemble un peu finalement à la primaire socialiste l'année dernière. Martine Aubry, François Hollande... et il y a eu Arnaud Montebourg qui s'est présenté, qui a défendu ses idées, qui a compté finalement ses positions et qui, du coup, est devenu incontournable. Et on se demande si vous n'avez pas une stratégie à la Montebourg au sein de l'UMP aujourd'hui.

Non, j'ai une stratégie qui est une stratégie de conviction.

Ça a marché pour Arnaud Montebourg ? Il est omniprésent maintenant.


Oui, mais Arnaud Montebourg n'est pas pour moi une référence. Ce n'est pas du tout comme ça que je me positionne. J'ai simplement des convictions face à la gravité de la situation. Quand je vois la situation de l'emploi en France, le chômage des jeunes...

Mais elles sont vraiment différentes de celles de Jean-François Copé et François Fillon ces convictions ?

Écoutez, sur l'Europe, sur le renouvellement politique, sur la question du cumul des mandats par exemple...

Par rapport à Jean-François Copé qui défend le cumul des mandats.

Sur le fonctionnement de notre parti, la place des militants, courant ou pas courant. Moi, je ne suis pas favorable au courant dans ma famille politique. Je pense qu'il faut faire de l'UMP une coalition sur le modèle de ce qui peut exister en Allemagne, CDU-CSU, pour avoir un pôle centriste qui ait son autonomie à l'intérieur de l'UMP et qui nous permette de reconquérir tout un électorat à l'ouest de la France ou dans les grandes villes qui s'est détourné de nous. Donc, tout ça, ce sont des idées qui sont à la fois simples, claires et que pour le moment je suis le seul à défendre. Donc, c'est une candidature d'abord de conviction, d'idées auxquelles je crois et que je porterai jusqu'au bout.

Bruno Le Maire, je ne sais pas si vous avez vu la une des Echos. Enquête de l'URSAFF sur le travail au noir en France. 7% des entreprises sont dans l'illégalité. L'UMP a été au pouvoir pendant dix ans. Est-ce que vous avez oeuvré efficacement contre le travail au noir ?

On a pris un certain nombre de mesures contre tout ce qui est travail au noir, travail illégal. Visiblement, ce n'est pas encore assez. Moi, je vais vous dire ce que j'en pense...

Notamment dans la restauration alors même qu'il y a eu la baisse du taux de TVA.

Je trouve ça écœurant, écœurant que dans un pays comme la France, qui est tellement généreux en matière de protection sociale, qui a des garanties très fortes pour les salariés, il y a encore des gens qui trichent, des entreprises qui trichent. Je trouve ça écœurant et j'espère qu'on y mettra bon ordre.

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22commentaires
Signaler un abus top CLAUDIO01 le 03/08/2012 à 13h10 Un ancien ministre de l'agriculture qui ne savait pas combien de M2 fait un hectare (10.000); alors doucement les basses.
Signaler un abus top robalain le 03/08/2012 à 01h42 Voila un homme qui n'a pas le sourire facile, il est amer, pas convaincant pour 2 sous lorsqu'il débat, encore un qui devrait faire comme l'ex tsar de l'Elysée, se taire et se cacher...
Signaler un abus top patjc le 02/08/2012 à 20h52 M. Le Maire était hier sur RMC. Il critique tant qu'il peut la gauche, il leur demande de faire - en fait tout ce que la droite n'a pas fait - Pourrait-il arrêter sa jalousie envers le gouvernement actuel. Cet homme est en colère, il n'a pas réussi à garder son poste. La droite, l'UMP ne peut donc pas reconnaître ses erreurs, son laxisme. La TVA sociale au 1 Octobre 2012, pourquoi ne l'ont-ils pas appliquer plus tôt, ils étaient au gouvernement ? tellement imbus qu'ils sont ridicules.
Signaler un abus top cavapadidonc le 02/08/2012 à 18h30 Mais d'où vient-ils ce renard amusant? Encore un qui a fait des études à l'ENA sans doute. Encore un qui ne connait rien de la vraie vie économique. Encore un innocent avec un salaire qu'il ne mérite sûrement pas.
Signaler un abus top domlor le 02/08/2012 à 18h15 MLP c'est en 2017 non en 2022 non en 2027 non en 2032, non ......... non en 2047 non en 2052 ....... attention elle va bientôt fêter ses 100 ans

Comme quoi l'espoir fait vivre.
Signaler un abus top breizh73 le 02/08/2012 à 18h04 domlor -
tout vient à temps à qui sait attendre!
Signaler un abus top breizh73 le 02/08/2012 à 18h03 Je trouve ça écœurant, écœurant que dans un pays comme la France, qui est tellement généreux en matière de protection sociale,
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trop généreux avec ceux qui ne paient rien, qui viennent uniquement dans ce pays pour se faire soigner alors que ceux qui travaillent, paient une mutuelle n'arrivent plus à se faire soigner les dents dès qu'il faut mettre des couronnes ou changer de lunettes, payer des médicaments
Signaler un abus top breton92 le 02/08/2012 à 17h37 domlor14h30
umps ça vous dit?
Signaler un abus top leglobule le 02/08/2012 à 15h27 Je ne vois pas pourquoi Marine Le Pen se donnerait cette peine: hollande fait tout l'boulot!
Y a plus qu'a attendre.
:-)
Signaler un abus top domlor le 02/08/2012 à 14h30 Décidémment sur ce forum peu d'hommes politiques trouvent un écho favorable.

Nombre soutiendraient bien une intervention de MLP ou d'un élu FN : mais là c'est silence sur la ligne ....
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