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Brice Hortefeux : "Nicolas Sarkozy est le challenger de la Présidentielle"

Créé le 25/01/2012 à 12h00

Le vice-président du conseil national de l'UMP, député européen, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Evoquant les rumeurs selon lesquelles Nicolas Sarkozy pourrait se retirer de la vie politique en cas de défaite, Brice Hortefeux a expliqué qu'il s'agissait là "d'une marque d'humilité et d'un témoignage de vérité". A propos du candidat socialiste François Hollande ? "Je n'ai pas trouvé qu'il avait la stature d'un président". Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Brice Hortefeux.

Brice Hortefeux : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Les propos du Président étaient "off" : ils n'auraient pas dû être rapportés, mais finalement, c'était dans la presse, hier, et puis aussi sur RTL. Lors de son déplacement en Guyane, ce week end, Nicolas Sarkozy a évoqué  - c'était la première fois -  sa possible défaite à l'élection présidentielle. Un petit coup de déprime de la part du Président ?

Si ces propos rapportés sont exacts, et à priori je n'ai pas de raison d'en douter...

... Ils le sont, oui !

Il a simplement dit qu'il existait naturellement une possibilité de ne pas être réélu. Lorsqu'on est candidat, ça me paraît assez logique, on envisage toutes les hypothèses.

Il peut ne pas être réélu ? C'est ça ?

Et d'ailleurs, qui peut s'en étonner ! En réalité, c'est...

... Donc, ça veut dire qu'il est candidat ?

S'il est candidat...

... Tiens, on va prendre votre phrase.

S'il est candidat.

Enfin, vous avez dit...

... Non, non. J'ai dit qu'un candidat lorsqu'il se présente, il doit envisager la possibilité de ne pas être réélu. Il n'est pas encore aujourd'hui candidat.

Mais ce n'est pas très optimiste, ça !

Non mais, puisqu'il faut aller jusqu'au bout des choses. Si vous me demandez : si je souhaite qu'il soit candidat ? La réponse est naturellement oui ; mais ce n'est pas ça le sujet.

Oui !

La réalité, c'est que c'est une marque tout simplement, d'abord de respect vis-à-vis des électeurs, et c'est surtout une marque d'humilité, d'humilité sincère, bien éloignée de l'arrogance de moins en moins dissimulée de François Hollande et de ses proches. J'ai vu, par exemple, que son directeur de campagne indiquer que grosso modo, tout était joué, ce qui laisse supposer que ce n'est même pas la peine que les électeurs se déplacent pour aller voter.

On va revenir à François Hollande. Mais on va rester une seconde quand même sur Nicolas Sarkozy, parce qu'évidemment que ses propos sur : "Eh bien oui, je peux perdre, si je suis candidat je peux perdre", ne sont pas des propos anodins parce que dans son entourage, beaucoup de gens doutent. Je vous conseille, Brice Hortefeux, je ne vais pas vous la citer, mais la page 2 du "Canard Enchaîné" où des citations qui ne sont pas anonymes :"François Fillon, Bruno Lemaire, Valérie Pécresse, François Baroin font preuve d'un pessimisme assez important".

Et puis, il y a les sondages. Un sondage, hier, dans "Le Parisien" sur beaucoup de questions pour lutter contre la pauvreté, la précarité ou bien pour le pouvoir d'achat ou bien contre le chômage, vous faites confiance à qui ?
- A François Hollande ?
- A François Bayrou ?
- A Nicolas Sarkozy ?
Eh bien, Nicolas Sarkozy est assez souvent en troisième position, parfois en deuxième, jamais en première. Donc, dans ce contexte, dire : "Je peux perdre", ça alimente le doute, le pessimisme.

En tout cas ce qui est certain c'est que si...

... Ca vous embête que je vous dis ça ?

Non, non. C'est une marque d'humilité et ce n'est pas simplement une marque d'humilité, c'est aussi un témoignage de vérité. Bien sûr que sa vie serait moins contraignante ; mais en réalité, il y a - et s'il n'était pas candidat, et s'il n'était pas réélu - ; mais il y a chez Nicolas Sarkozy, n'en doutez pas une seule seconde : toujours cette envie, cette passion, cette détermination à agir.

Et vous savez, nous traversons une crise considérable, la plus grave depuis 1945 ; et nous avons besoin à la fois de persévérance, de cohérence, de détermination, ce sont des qualités qui sont indispensables si l'on veut sortir de cette crise.

Alors, vous évoquez un sondage, vous oubliez un aspect de ce sondage, c'est que Nicolas Sarkozy apparaît comme celui - à juste titre - qui a la vraie stature présidentielle ; et c'est ce qui apparaît.

La stature du Président ? 46% contre 39% à François Hollande apporte des réponses aux Français : 41% Hollande, 23% Sarkozy. Il y a beaucoup d'aspects dans ce sondage...
 
Si vous voulez dire que Nicolas Sarkozy n'est pas un vainqueur auto-proclamé, qu'il est challenger : oui.  Mais je le dis : ce qu'il a dit, c'est la marque de l'humilité et de la vérité.

Vous l'avez dit, il n'est pas encore candidat. Il hésite toujours à se présenter ?

Je n'en sais rien.

Vous en parlez avec lui ? Vous ne pouvez pas dire : "Je n'en sais rien".

Je n'en sais rien. Mais attendez la décision d'être candidat, c'est une décision personnelle.

Il hésite ?

Je souhaite qu'il soit candidat. Et je le dis...

... Il hésite ?

Je n'en sais rien.

Si, vous le savez !

Je dis : nous avons besoin  d'expérience, de cohérence et de persévérance qui sont les qualités indispensables pour exercer ces fonctions. Ces qualités, il les a. Je ne les trouve pas chez son principal concurrent.

Il réfléchit toujours  à se présenter ou il a décidé d'être ou de ne pas être candidat ?

Ecoutez, vous patientez un peu ! Vous savez, vous connaissez le calendrier : la décision quelle qu'elle soit, il l'annoncera naturellement assez rapidement.

C'est-à-dire ?

Mais je n'en sais rien.

Assez rapidement, vous dites ?

Assez rapidement ! Compte tenu du calendrier, écoutez vous voulez que je vous refasse le compte à rebours...

... Non, non !

... Du second tour de l'élection présidentielle, le 6  mai et ainsi de suite. Donc, bien évidemment, la réponse vous l'aurez. Je ne connais pas sa décision. L'élection présidentielle c'est une décision personnelle, ça ne passe pas par le tamis des partis politiques.

Non, mais vous dites : assez rapidement.

Ca ne passe pas...

... Oui, oui, c'est lui qui va l'annoncer, bien sûr.

... Par les souhaits des médias.

Ah non, non pas du tout !

C'est une décision personnelle, il lui appartiendra naturellement de la faire connaître.

Assez rapidement, vous avez dit !
 
Mais je n'en sais rien.

Ah d'accord. Vous avez dit : "Assez rapidement".

Assez rapidement parce que le calendrier de l'élection présidentielle se rapproche bien évidemment.

On se parle franchement, ce matin, Brice Hortefeux ?

Eh bien écoutez j'essaie, en tout cas.

Est-ce que les dirigeants de l'UMP ont été assez mauvais depuis dimanche, pour répondre à François Hollande ?

Pas du tout. Simplement, c'est toujours la même chose. Si l'on réagit immédiatement, on dit : tout ceci est télécommandé, téléguidé et ainsi de suite. Si l'on prend le temps, ce qui a été, par exemple, mon cas. Moi je n'ai pas réagi avant le lendemain. Pourquoi ? Parce que j'ai écouté. Ensuite, j'ai lu le discours et ce que j'y ai lu ne m'a pas plu parce que c'était en réalité, deux symboles.

Un double symbole. D'abord, le monde a changé. L'Europe a changé. La France a changé. Et François Hollande et le Parti socialiste sont restés figés, figés face à la vision d'une économie administrée qui ne marche pas. Ca flaire bon les années 70...

... Ca nous rajeunit !

Et même... Ca nous rajeunit ! Vous en avez peut-être besoin. Moi je me sens très bien ce matin. Mais le deuxième aspect, c'est qu'on peut même aller plus loin, c'est que quand ça philippique contre la finance, ça flaire bon le cartel des Gauche  de 1924.  Honnêtement, il n'y a pas de grande prospective.

Et puis, il y a une deuxième chose de fond.  Attendez, il y a une deuxième chose de fond qui m'a frappé. Deuxième de chose qui m'a frappé. C'est que ça fait des semaines et des mois ; et d'ailleurs à juste titre, que les responsables politiques disent que notre pays souffre deux maux : le chômage et la dette.

Est-ce que vous avez entendu une proposition  pour lutter contre le chômage ? Une proposition pour lutter contre la Dette ? Non, il n'y a pas eu tout cela. En revanche, en revanche, c'est vrai qu'il y a eu dans l'ensemble de la panoplie de ce que nous avons entendu une ligne conductrice qui aboutit au matraquage des classes moyennes. C'est ça la réalité du discours.

C'est ce que le Président a dit, hier. C'est ça ? C'est ce que le Président a dit hier ?

C'est la conviction de nombreux responsables politiques ; mais il n'y a pas besoin d'être Président de la république pour constater que lorsqu'on attaque le quotient familial, lorsqu'on propose de fusionner l'Impôt sur le revenu et la CSG, c'est-à-dire de faire un deuxième impôt progressif, lorsqu'on propose de remettre en cause la filière nucléaire, c'est-à-dire concrètement d'augmenter de 40 à 50% la facture de l'électricité, lorsqu'on propose de réduire les niches fiscales, dernier exemple, on a annoncé 30.000...

... Vous avez appris par cœur le discours !

Non, mais attendez, mais j'ai fait attention... Eh bien, c'est le témoignage qu'effectivement, on est attentif et respectueux des personnes et des adversités des concurrents.

Vous n'avez pas sous-estimé François Hollande ? Vous n'en conviendrez pas ce matin, Brice Hortefeux ?
 
Ecoutez...

... Vous avez dit pendant des mois qu'il était sans autorité, mou, sans intérêt.

Mais vous savez, quelques mots...

... Vous ne l'avez pas sous-estimé ?
 
Quelques mots devant une salle de 15.000 personnes. Je vous rappelle que quand Nicolas Sarkozy a été lui-même candidat en janvier 2007, il y avait 80.000 personnes ; donc retombons un peu sur terre.

Est-ce que vous l'avez sous-estimé ? C'est ça ma question.

Regardons la réalité. Non, moi ce que je ne sous-estime pas, c'est les zigzagues, les contradictions, les allers-retours, toutes les imprécisions qui ont été la marque de François Hollande depuis plusieurs mois. Et ce n'est pas s'en prendre aux personnes, c'est simplement constater qu'en réalité, tout est imprécis et tout est dangereux pour les classes moyennes.

Dernière commission de l'investiture, hier soir à l'UMP. On peut dire que Rachida Dati ne sera pas investie par l'UMP aux élections législatives à Paris ?

Ah, je sens que ça vous tient à cœur.

On peut le dire ?

Je vous confirme que le conseil national qui est le parlement de notre famille politique aura à se prononcer...

Non !

... Et soutiendra naturellement...

... Non ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah  !

François Fillon, Philippe Gougeon et Jean François Lamour, notamment.

Il n'a pas prononcé le nom de Rachida Dati.

Vincent Parizot : Oui, oui, ça veut dire que finalement la réponse est dans la réponse. Il faut juste la chercher, quoi !

Et donc, Nicolas Sarkozy très prochainement, c'est comme ça qu'il l'a dit Brice Hortefeux, devrait nous dire s'il est candidat ou pas. Suspens ! Suspens ! Suspens !  Bonne journée.
  

2012 et vous

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