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Créé le 10/03/2010 à 09h26 - Mis à jour le 10/03/2010 à 10h41

Bertrand Delanoë, le 10 mars 2010 sur RTL / La rédaction de RTL
Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris était l'invité de RTL ce mercredi matin. Il répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie. Il est longuement revenu sur la campagne des régionales.
Bonjour Bertrand Delanoë
Bonjour
Le Parti Socialiste va-t-il réaliser le grand chelem aux élections régionales, Bertrand Delanoë ?
Je ne sais pas. Je souhaite surtout que les Françaises et les Français votent, votent beaucoup et qu'ils votent pour eux, pour ce qui leur paraît utile en matière de transport, de logement, d'emploi, de lycée, de formation, voilà.
Je vous posais la question du grand chelem parce que Martine Aubry a dit : "On va gagner les 22 régions".
Mais Martine a eu raison de nous mettre la barre très haute ...
Enfin, elle ne peut pas la mettre plus haut !
Oui, c'est vrai.
Un peu !
... de nous rendre ambitieux, mais ce sont les citoyens qui décident.
Un mauvais climat de campagne. Beaucoup de polémiques personnelles, par exemple lundi, Martine Aubry était à Montpellier avec un panier garni pour Georges Frêche dedans, je la cite : "J'ai mis deux DVD avec Brad Pitt parce que Georges a dit récemment "Je ressemble à Brad Pitt. On n'a pas vu la ressemblance".
C'est un peu triste comme campagne quand même !
Mais vous prenez le petit côté des choses. Moi je suis allé aussi pendant deux jours en Languedoc Roussillon pour défendre des valeurs, des projets : ceux d'Hélène Mandroux, et donc voilà, moi j'ai fait cette campagne. C'est vrai que j'ai vu des choses dégueulasses comme la campagne qui a été lancée par l'UMP contre la tête de liste socialiste du Val d'Oise. En même temps, j'ai vu à Paris, en Ile de France et dans toute la France, beaucoup de gens. J'ai participé à beaucoup de débats, vraiment dans toutes les régions. Je vous dis, on a parlé transport, on a parlé innovation, on a parlé réponse à la crise. On a parlé santé publique avec, par exemple, en Ile de France, un milliard d'euros que la région va investir alors que ce n'est pas son rôle parce que l'Etat laisse tomber le Service Public de l'hôpital en prévoyant la suppression de 4.000 emplois. Voilà, on a parlé de choses qui sont la vie de nos concitoyens.
On parle de ces choses-là ...
Moi, je n'ai parlé que de ça.
On peut en rendre compte sur l'antenne d'RTL.
C'est peut-être pour ça que vous avez l'impression que je ne suis pas assez présent parce qu'en fait, je suis très présent ; et chaque fois que je viens, vous me dites ...
Ah, ça ne vous a pas plu !
... chaque fois que je viens, vous me dites, "Où il est passé ?".
Voilà.
Donc, c'est juste une petite taquinerie entre nous.
C'est fait.
Je reviens quand même sur des éléments de climat parce que cette campagne, on a l'impression qu'elle ne vole pas très haut, qu'elle n'est pas très bonne. Par exemple, Chantal Jouanno a demandé récemment à ce que les propos tenus par Jean Paul Huchon que vous soutenez, président sortant de la région Ile de France.
Alors, je cite Chantal Jouanno : "Il faut condamner les propos de Jean Paul Huchon quand il nous traite de "Claudette", de "Spice Girl", de "Blonde" ou quand il imite la voix de Valérie Pécresse en meeting."
Mais écoutez, tout ça c'est dérisoire.
C'est pas le signe d'une campagne tout de même un peu difficile et pas très bonne ?
Non, mais par exemple avec Mme Jouanno, j'ai participé à un débat. Faut-il un péage urbain à Paris ou pas ? Mme Jouanno est "pour", Mme Pécresse "sait pas", M. Cohn Bendit est "pour", Mme Duflot est "contre" ...
Monsieur Delanoë ?
Et nous tous les Socialistes d'Ile de France, on dit : il vaut mieux développer les transports en commun. Nous avons fait baisser la circulation automobile de 20% et la pollution de proximité de 32%, émissions de gaz à effets de serre : moins 9% ...
Moi j'adore vos pourcentages : 32%. J'adore ça ! 32%.
... en cinq ans. et voilà.
Oui, c'est des études scientifiques.
C'est une précision !
C'est des études scientifiques. Et il ne faut pas donner le mauvais signe de dire aux habitants des communes voisines : vous payez pour rentrer dans Paris, au moment où nous voulons promouvoir la solidarité. Alors voilà des questions sérieuses. Mme Jouanno, elle, est "pour" comme Daniel Cohn Bendit. Mais les autres UMP sont "contre" et les autres Verts aussi.
Et vous, vous êtes "contre" ?
Moi, je suis "contre", oui.
D'accord.
Beaucoup de divergences entre les Ecologistes et les Socialistes. Pendant le 1er tour, on constate beaucoup de dossiers sur le nucléaire dans beaucoup de régions, par exemple : Basse-Normandie, PACA, Bourgogne, beaucoup de divergences très nettes. Vous pensez que la réunion entre les deux tours sera facile ou difficile ?
Il faudra le faire de manière loyale et démocratique et sincère. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Il y a complémentarité entre toutes les forces progressistes et écologistes ; et il y a des différences, par exemple à Paris.
- Nous, nous sommes pour le système de voitures en libre service électrique. Eux sont "contre".
- Nous sommes pour une croissance écologiste. Ils sont pour la décroissance.
- En même temps, nous avons démontré dans beaucoup de collectivités locales, notamment dans les régions comme dans les communes que nous arrivons à faire des compromis à bien travailler ensemble.
Donc que les électeurs choisissent entre nos projets et que nous nous rassemblions dès dimanche soir sans discuter ...
Mais ça ne va pas être facile.
... la représentativité de chacun. Elle sera fixée par les électeurs.
Et sans discuter du contenu. C'est-à-dire, on peut s'opposer au 1er tour sur des dossiers importants.
Mais non, non. On discutera beaucoup du contenu mais l'expérience montre que dans un premier tour, on montre ce qui nous différencie et après, on se concentre sur ce qui nous rassemble parce que les électeurs ont besoin de nous.
TF1 programme, samedi soir, à 20h45, une émission de Nicolas Hulot "Ushuaïa". Plusieurs candidats socialistes disent : c'est une programmation qui va servir les Ecologistes comme le film "Home" de Yann Arthus Bertrand l'avait fait aux Européennes. Il faut que TF1 déprogramme "Ushuaïa". Ca vous semble un argument sérieux ou pas ?
Je ne suis pas paranoïaque et je n'ai pas vu ce numéro d'Ushuaïa. C'est une émission qui existe. A TF1 de prendre ses responsabilités, de bien visionner avant pour que ça n'ait pas d'influence sur les élections.
Ce que je constate, ce sont les Politiques qui ne sont pas très loyaux par rapport à l'objectivité. Par exemple, hier, Monsieur le Président de la république est en Franche Comté et logiquement, la présidente légitime de Franche Comté dit un mot. Boum ! Il donne la parole à son concurrent qui est minoritaire.
Par souci d'équité !
C'est ça !
Et il dit qu'il ne fait pas campagne ; et en fait, il ne va que faire des meetings pour les candidats qu'il choisit. Bon, voilà ! Alors, il faut être un peu réglo ! un peu sincère et arrêter de prendre les citoyens pour des Imbéciles.
C'est ce que fait le Président de la république ?
Je pense que le Président de la république gagnerait à être sincère et à consacrer son énergie, sa mission -il est légitime, il a été élu- sur les problèmes des Français et un peu moins sur la politique politicienne. Je trouve qu'il y passe beaucoup de temps.
Alors hier, justement, Nicolas Sarkozy dans le Doubs a dit ceci : c'est un grand problème français que de confondre tout le temps les rendez-vous. "Elections régionales, conséquences régionales ; élection nationale, conséquence nationale".
Donc, il rôde les esprits à l'idée qu'il n'y aura pas de bouleversements gouvernementaux après les élections.
A-t-il raison, Bertrand Delanoë ?
Mais il a, en partie, raison parce qu'on va désigner des projets, des équipes pour des politiques régionales ; on ne va pas changer la politique gouvernementale. En revanche, où je trouve qu'il n'est pas très sincère c'est qu'il est le Président de la république et il ne pense que campagne électorale à l'occasion de ces régionales. Donc, il doit bien y avoir un rapport avec la politique nationale.
Moi ce que je dis aux Françaises et aux Français, c'est que ces élections n'auront pas les moyens de changer la politique gouvernementale mais elles feront contrepoids, je ne dis pas contre-pouvoir. Contrepoids - équilibre démocratique ; alors qu'il va y avoir des réformes, par exemple, comme la réforme des retraites et c'est nécessaire de réformer. Il faut qu'il y ait de la justice sociale. Si les Français sont très nombreux à dire que vraiment la politique nationale ne leur convient pas actuellement, il faudra que le Président de la république et le Premier ministre en tiennent compte.
Vous avez déclaré aux "Echos", Bertrand Delanoë, le 19 novembre 2009, ceci :
"Nous étudions aussi la suppression de la circulation sur certains tronçons des voies sur berge à Paris". Alors ?
Je vous le confirme. J'y travaille et je crois qu'après les élections régionales, je pourrais annoncer des projets. Je souhaite réduire la circulation automobile sur les voies sur berge, à certains endroits l'enlever ; mais il faut réfléchir : report de circulation ; et surtout, mon idée c'est de redonner la beauté des bords de Seine aux Parisiens et aux amoureux de Paris. Donc, c'est un projet d'urbanisme d'envergure. Anne Hidalgo y travaille avec moi puisqu'elle est adjointe à l'Urbanisme et quand les élections seront passées, nous ouvrirons un débat sur ce projet.
On reparlera avec Bertrand Delanoë après les élections régionales.
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