"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 01/02/2012 à 19h20

François Bayrou le 16 septembre 2011 à l'université du MoDem sur la presqu'île de Giens / AFP / Boris Horvat
François Bayrou a présenté mercredi un programme détaillé en vingt points pour permettre d'équilibrer les finances publiques de la France dès 2016 et de "réarmer" le pays sur le plan industriel, seul moyen selon lui de faire reculer le chômage. Le candidat centriste à l'élection présidentielle, qui est crédité de 11,5% à 14% des voix au premier tour selon les instituts de sondage, s'est placé en opposition tant à Nicolas Sarkozy qu'au candidat socialiste François Hollande. François Bayrou entend revenir à l'équilibre des finances publiques "à la fin de 2015", alors que le déficit est attendu par le gouvernement à 5,4%, voire 5,3% du PIB en 2011.
"Je serai dans cette élection du parti de la vérité"
"Tous ceux qui prétendent qu'on peut à nouveau dépenser, qu'il n'est pas besoin de faire des économies, ceux-là une nouvelle fois mentent et trompent", a déclaré François Bayrou mercredi matin lors d'une conférence de presse au siège du MoDem, son parti, à Paris.
"François Hollande est dans ce jeu, Nicolas Sarkozy est dans ce jeu. Je serai dans cette élection du parti de la vérité. Notre ennemi c'est le surendettement, notre ennemi c'est le chômage et nous allons les vaincre, ces deux ennemis avec une politique d'ensemble, une méthode précise, un calendrier, et les Français auront donc les moyens de vérifier les résultats."
Pour le leader centriste, l'annonce par le président de la République d'une augmentation de la TVA pour financer la protection sociale constitue une augmentation d'impôts déguisée et les 20 milliards d'euros de dépenses nouvelles voulues par François Hollande sont une "course à l'abîme".Il a dénoncé la surestimation des chiffres de la croissance par ses deux rivaux. "Nous, nous avons pris en considération les estimations des organismes internationaux (0,2% en 2012, 1% en 2013 et 1,5 en 2014)".
100 milliards d'euros d'économies et de recettes
Objectif : revenir à l'équilibre des finances publiques "à la fin de 2015". "Il s'agit d'un retour à l'équilibre, car seul le retour à l'équilibre permettra de faire baisser la dette du pays et de nous exonérer de la situation de surendettement dans laquelle nous sommes", a dit François Bayrou. "Et seul l'équilibre et une politique décidée permettra de réarmer la France pour qu'elle redevienne un pays productif, c'est-à-dire créateur d'emplois, créateur de richesses."
Le "troisième homme" de l'élection présidentielle de 2007 entend d'abord réaliser 50 milliards d'euros d'économies en se montrant très économe dans la gestion de la dépense publique.
Il prône ensuite 50 milliards d'euros de recettes par un "coup de rabot" sur les niches fiscales (20 milliards en trois ans), une augmentation d'un point de la TVA au 1er janvier 2012 et, si la croissance n'est pas au rendez-vous, d'un point supplémentaire en 2014 (20 milliards sur trois ans) et l'instauration de deux tranches supplémentaires d'impôt sur le revenu à 45% et 50%, pour les revenus supérieurs à 250.000 euros (10 milliards d'euros).
Contrairement au candidat socialiste, qui veut le renégocier parce qu'il ne donnerait pas à l'Europe les moyens de relancer la croissance, il se dit prêt à ratifier le traité européen conclu lundi pour imposer une stricte discipline budgétaire.
Ce traité prévoit l'inscription d'une règle d'or dans la Constitution de chaque pays signataire, ce que François Hollande refuse d'accepter tant que Nicolas Sarkozy sera au pouvoir.
"Réarmer la France"
"Cette stratégie ne peut être basée que sur le produire en France", a-t-il dit en annonçant que s'il était élu il créerait un commissariat national aux stratégies placé auprès du président et dirigé par une personnalité de haut vol. La mise en réseau des grandes entreprises et des PME grâce à des incitations fiscales et la création d'un livret d'épargne industrie font également partie de son programme.
Favorable à la co-gestion au sein des entreprises, François Bayrou propose de faire entrer les représentants des salariés dans les CA des entreprises de plus de 500 salariés avec voix délibératives.
Enfin, "mesure exceptionnelle", un emploi sans charge sera assuré pendant deux ans pour toute entreprise de moins de 50 salariés qui embaucherait un jeune ou un chômeur, pour un coût de deux milliards d'euros par an compensé par la suppression de l'exonération fiscale des heures supplémentaires.
(Avec dépêches)
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