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Arnaud Montebourg le trouble-fête, bis repetita
Martine Aubry a proposé jeudi comme mesures d'urgence la création d'une commission d'enquête sur le fonctionnement du PS du Pas-de-Calais et le gel de la désignation du député-maire de Liévin depuis 1981, Jean-Pierre Kucheida, comme candidat aux législatives.
Outre les articles de presse, elle réagissait à une missive du 21 novembre du député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, déjà en première ligne pour dénoncer le système Guérini dans les Bouches-du-Rhône, et qui s'en est pris à un "système de corruption des élus du Pas-de-Calais".
L'ex-candidat aux primaires du PS y demandait la mise à l'écart, outre de M. Kucheida dont, selon lui, la mise en cause par la justice "paraît inévitable", de deux autres députés, Albert Facon et Jack Lang.
Ce dernier a répliqué en demandant à son avocat d'engager des poursuites judiciaires contre "les attaques ignominieuses" d'Arnaud Montebourg.
M. Kucheida, de son côté, qui invoque le soutien de François Hollande, a estimé "anormal" que sa désignation comme candidat soit suspendue à partir de "ragots".
Son collègue de Lens, Guy Delcourt, a considéré que la patronne du PS faisait preuve de "précipitation" et de "maladresse", traitant Arnaud Montebourg de "procureur aux côtés de Marine Le Pen". Cette dernière est la principale opposante des socialistes dans cette région, où elle est élue conseillère régionale.
La première secrétaire de la fédération départementale Catherine Génisson a tenté le grand écart d'approuver la démarche de Martine Aubry tout en apportant son soutien aux élus mis en cause.
Des soupçons persistent depuis un an
C'est un courrier de décembre 2010 de l'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont Gérard Dalongeville qui avait mis le feu aux poudres en dénonçant un système de financement occulte du PS et d'emplois fictifs dans le Pas-de-Calais.
Il y citait comme premier responsable Jean-Pierre Kucheida, qui outre ses fonctions électives, est à la tête de l'Epinorpa - actionnaire public de la Soginorpa, gérant 63.000 anciens logements de mineurs - et d'Adevia, société d'économie mixte procédant aux aménagements fonciers.
Au moment de cette dénonciation, Gérard Dalongeville était écroué alors qu'il avait été mis en examen en avril 2009 pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme dans une affaire de fausses factures : il se trouve désormais sous contrôle judiciaire après avoir été libéré en janvier 2011.
La cour des comptes régionale de son côté avait mis au jour l'an dernier des "pratiques problématiques" dans ce département avec d'importants "prêts toxiques", de très nombreuses entorses à la réglementation sur les marchés publics et des opérations immobilières comportant des écarts importants par rapport aux prix du marché.
Forte de 14.000 membres et bâtie sur un modèle très hiérarchisé, la fédération socialiste avait placé en tête Martine Aubry à 43% aux primaires du PS, contre 37% pour François Hollande.
Hollande au-dessus de la mêlée
Manuel Valls, le directeur de la communication de campagne de François Hollande, a assuré samedi que le candidat PS à la présidentielle "ne se laissera pas entraîner par les affaires internes" du PS.
"François Hollande est candidat à la présidence de la République, il est dans un rapport personnel, de confiance avec les Français et rien ne le détournera de sa mission", a déclaré M. Valls à la presse avant l'ouverture de la Convention nationale d'investiture du PS pour les législatives au Cnit de La Défense
"Il ne se laissera pas entraîner par des affaires internes au Parti socialiste. Tout ce qui concourt à blesser François Hollande ne l'atteint pas, et il ne plongera pas dans ce petit bain de petites phrases qui n'ont aucun sens", a-t-il ajouté.
"Les socialistes, la gauche, par des mots blessants peuvent faire perdre, égratigner cette espérance" portée par François Hollande, a mis en garde le député de l'Essonne, avant "d'en appeler au ressaisissement de chacun et au rassemblement de tous".
"C'est indispensable" notamment "face à une droite arrogante, dure", a-t-il estimé souhaitant que la justice "s'intéresse aussi aux basses œuvres de M. Guéant, à la manière dont il a occulté un certain nombre d'affaires graves", citant celle de Karachi.
"Laissons la justice faire son travail et les décisions courageuses de Martine Aubry se mettre en œuvre, et consacrons nous à l'essentiel : la France et les Français", a demandé M. Valls.
(avec AFP)
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