Crédit : Béatrice Hadjaje
Crédit : Béatrice Hadjaje
Il avait surpris en décidant de venir à Bruxelles en train - il avait embarqué dans l'aventure le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy. François Hollande a regagné Paris en voiture dans la nuit de mercredi à jeudi à l'issue d'un sommet européen informel à Bruxelles au cours duquel il a réussi à imposer le sujet des euro-obligations dans le débat européen sur la croissance.
Le président français a demandé à Bruxelles que la "perspective" des euro-obligations soit "inscrite" au menu de l'Union européenne en vue du sommet de juin, mais la chancelière allemande Angela Merkel a redit son opposition.
Le nouveau venu de l'UE a estimé, lors d'une conférence de presse nocturne au terme d'un dîner informel des dirigeants européens, que plusieurs de ses propositions pour stimuler la croissance en Europe pouvaient "déjà faire consensus": les "project bonds" pour financer des grands chantiers, la recapitalisation de la Banque européenne d'investissement et la "mobilisation des fonds structurels aujourd'hui inutilisés".
Il s'est réjoui du fait que l'expression "pacte de croissance" qu'il a défendu pendant sa campagne, et qu'il veut ajouter au pacte de discipline budgétaire déjà signé par 25 Etats de l'UE, était maintenant reprise et "installée".
"J'ai également souhaité que soit inscrite la perspective des eurobonds qui serait l'étape supplémentaire de l'intégration" européenne, a déclaré François Hollande. "Dès lors qu'il y a une volonté de mettre en commun des politiques budgétaires, qu'il y a une politique monétaire conduite par la Banque centrale, il est légitime qu'il y ait des élements nouveaux", a ajouté François Hollande.
La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part redit sa position d'hostilité à cette forme de mutualisation de la dette des Etats, qui n'est pas à ses yeux une solution pour favoriser la croissance. "Il y a eu un débat varié au sujet des euro-obligations, mais très équilibré et avec différents points de vues", a-t-elle rapporté à l'issue du sommet. "Plusieurs participants" ont exprimé des doutes sur l'efficacité de taux d'intérêts unifiés au niveau de la zone euro, a-t-elle jugé.
Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy a confirmé que la question des euro-obligations avait été "abordée par plusieurs membres, dans un sens ou dans l'autre". Mais "que les choses soient très claires", a-t-il dit, "personne n'a demandé que cela se fasse du jour au lendemain".
(avec dépêches)
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10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
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