Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 04/02/2012 à 13h17

Les salariés du site d'Yssingeaux ont été reçus vendredi à l'Elysée. / AFP
Nicolas Sarkozy a promis vendredi à une délégation de salariées du site Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire) de s'occuper des autres salariées du fabricant de lingerie, a tenu à préciser le ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez, à l'issue d'une réunion des employées avec le président. Plus tôt dans la journée, la fédération textile CGT avait dénoncé une "récupération politique mal venue" du dossier, expliquant que 350 emplois du fabricant de lingerie restent à sauver. Si le sort du site d'Yssingeaux (Haute-Loire) semble en effet scellé, le syndicat rappelle que les usines de Rillieux-la-Pape (Rhône), Bellegarde, Bourg-en-Bresse (Ain) et le Teil (Ardèche) sont toujours en danger.
Mobiliser les repreneurs pour les autres sites
Mercredi, le ministre de la Recherche Laurent Wauquiez et le groupe LVMH ont annoncé la reprise de l'usine Lejaby d'Yssingeaux, qui emploie 93 salariés, par un fournisseur
auvergnat de Louis Vuitton (LVMH) qui va reconvertir le site dans la
maroquinerie de luxe.
Laurent Wauquiez, a tenté de rassurer les salariés des autres sites. "Les repreneurs qu'on a pu identifier (pour la reprise du site d'Yssingeaux, ndlr) seront utilisés pour essayer de revitaliser et de recréer de l'emploi là où il a été perdu", a t-il expliqué.
"Tous les dossiers qu'on a pu appréhender seront utilisés et exploités jusqu'au bout, et si on peut s'en servir pour recréer de l'emploi sur d'autres sites, on le fera". Le ministre expliquait la semaine dernière avoir neuf repreneurs potentiels. Mais rien ne dit qu'ils sont prêts à investir dans les autres sites.
A Rillieux (Rhône), 150 emplois vont disparaître dans les prochains jours après la reprise de la société en liquidation Lejaby par un consortium mené par Alain Prost, qui a décidé de transférer toute la production dans une usine tunisienne. Fin 2010, trois autres usines Lejaby (Ardèche et Ain) avaient déjà fermé leurs portes, provoquant le licenciement de 197 personnes.
Encore 350 postes à sauver
Apprenant qu'une "poignée" des 93 salariés de l'usine d'Yssingeaux (Haute-Loire), qui doit être reprise par un fournisseur du malletier Louis Vuitton, allait être reçue "en grandes pompes à l'Elysée", la fédération CGT a dénoncé vendredi dans un communiqué "l'opération médiatique et de récupération politique à laquelle se livre le locataire de l'Elysée" Nicolas Sarkozy.
"Il reste encore 350 postes à sauver", a souligné la représentante CGT Bernadette Pessemesse. "Si nous nous réjouissons du résultat de notre lutte, nous n'oublions pas que l'an dernier 900 entreprises ont fermé ou licencié et que, depuis cinq ans, il y a plus de 700.000 chômeurs supplémentaires. Nous ne voulons pas être utilisées pour faire oublier ce bilan", a ajouté Mme Pessemesse, "on ne veut pas que ça serve pour de la récupération politique".
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