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2012 : l'impact de l'entrée en lice de Nicolas Sarkozy

Créé le 13/02/2012 à 07h22

Alain Duhamel

Alain Duhamel

Nicolas Sarkozy va donc se déclarer candidat cette semaine, mais ce ne sera une surprise pour personne. Franchement, la fin de ce vrai-faux suspense peut-elle changer quelque chose pour le Président sortant ? Peut-elle créer une dynamique ? La chronique d'Alain Duhamel. Vous savez, quand un Président sortant officialise sa candidature, même si, effectivement, ce n'est pas du tout une surprise, ça crée toujours forcément une rupture. Il y a toujours eu une nouvelle séquence. Il y a quatre exemples : le Général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac. Dans les quatre cas, il y a eu un changement, forcément, à ce moment là. Maintenant, est-ce que ça veut dire que c'est un succès ? Pas du tout. Il n'y a pas de garantie.

Il y a eu deux cas réussis : celui du Général de Gaulle et celui de François Mitterrand. Il y a eu deux cas ratés : celui de Valéry Giscard d'Estaing et celui de Jacques Chirac, dont il ne faut pas oublier qu'après son entrée en lice, c'est Jean-Marie Le Pen qui avait progressé. Donc, oui, il y aura un changement. Quant à savoir si ça sera quelque chose de positif, on le saura dans, en gros, dix jours. La règle c'est qu'il faut, dans ces cas là, essayer de gagner deux points dans les huit premiers jours.

Et une entrée en campagne parfaite, ça serait quoi ?

Une entrée en campagne parfaite, ça serait quelque chose de simple, comme François Mitterrand en 1988 ou de naturel, comme Jacques Chirac en 2002. Vous vous rappelez, à Avignon, quand il avait dit : "Oui, j'y vais". Et suivie immédiatement d'une explication à la télévision bien entendu. De préférence avec, par exemple, un ou deux petits candidats qui s'effacent dans la foulée, dans les huit jours, et surtout pas de débat contradictoire la première semaine parce que, autrement, on n'arrive pas à imposer son thème.

Alors, on l'a vu avec cette interview au "Figaro Magazine", Nicolas Sarkozy a adressé un message à l'électorat de droite, à son électorat traditionnel. Il va continuer sur cette ligne ?

Ecoutez, autrement ce serait totalement illogique. A partir du moment où il a donné au "Figaro Magazine" - ce n'est pas un hasard qu'il ait choisi le "Figaro Magazine" - et l'interview qu'il a donnée avec toutes les orientations sur l'immigration, sur le chômage, sur le mariage homosexuel, etc. avec la volonté de faire ça sur le combat de "ses" valeurs à lui, il est bien clair que c'est une orientation très nette.

Maintenant, est-ce que ça va se résumer à ça ? Sûrement pas. Il ne faut sous-estimer Nicolas Sarkozy en campagne. Il va évidemment multiplier les surprises, les prises de positions et des propositions qui vont arriver en rafale, ça c'est évident. Mais il y aura une dominante. Et la dominante, on la connaît.

Et qu'est-ce que ça va changer pour les autres candidats, notamment François Bayrou, ici présent ?

Pour François Bayrou, à mes yeux, ça va lui donner une deuxième chance. Il avait réussi son entrée en lice en décembre. Il avait doublé ses intentions de voix. Ensuite, il y a eu stagnation ou légèrement effritement pendant la course d'attente. A partir du moment où Nicolas Sarkozy cherche d'abord à s'adresser à l'électorat de droite très conservateur, à partir de ce moment là, ça rouvre évidemment un espace pour François Bayrou.

Et pour Marine Le Pen, alors ?

Marine Le Pen, c'est complètement différent. Elle, elle ne dépend pas du tout de l'entrée en lice de Nicolas Sarkozy, elle dépend d'abord de la décision du Conseil Constitutionnel. Elle a commis une grosse erreur stratégique en se situant sur le terrain économique et social, où elle est très mauvaise, et pas sur le terrain classique de l'extrême droite, où elle est très bonne. Et aujourd'hui, elle essaie de se rattraper en mettant l'accent sur "c'est un déni de démocratie massif si je ne peux pas être candidate".

François Fillon donne une interview au "Monde", qui sort tout à l'heure. Il dit : "Tout se jouera dans les trois dernières semaines". Ca fait quand même court pour faire campagne.

Oui, mais ce n'est pas vrai. Dans les trois dernières semaines, ce qui est exact c'est qu'il y a presque 40% des gens qui attendent le dernier moment pour se déterminer mais déjà, on va voir là, pour le coup dans les trois premières semaines, si, par exemple, il y a ou non resserrement pour les intentions de vote du second tour ou pas. Parce que ça, ça sera un critère évidemment décisif.
2012 et vous OK

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