Crédit : Madeleine Leroyer
De nombreuses personnalités derrière les Pussy Riot
Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, sont coupables de hooliganisme et d'incitation à la haine religieuse.
Elles sont jugées depuis juillet à Moscou, pour avoir organisé une prière contre leur président Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur en février dernier. Les fameuses paroles "Marie, mère de Dieu, chasse Poutine"ont choqué les orthodoxes et le pouvoir.
En détention depuis cinq mois, les trois jeunes femmes, qui risquent jusqu'à sept ans de détention, ont écouté avec sérénité le réquisitoire du procureur qui les a par ailleurs accusées de "s'être livrés à une provocation soigneusement planifiée" et de "s'opposer au monde orthodoxe".
La prière polémique des Pussy Riot :
Mais de nombreuses célébrités russes et étrangères ont pris la défense
des prévenues, jugeant les poursuites et leur maintien en détention
disproportionnés avec les faits, à l'image de la chanteuse américaine
Madonna, qui a appelé à la clémence du tribunal, dans des propos cités
par les médias russes avant son concert dans la soirée à Moscou.
Aux yeux de l'ex-magnat du pétrole et critique du pouvoir russe Mikhaïl Khodorkovski,emprisonné depuis 2003, il semble que les autorités russes russes font tout pour que le procès de se termine rapidement, à un moment où les projecteurs du monde entier sont tournés vers les jeux Olympiques de Londres qui s'achèvent dimanche.
Un procès "digne de l'ère stalinienne"
"Tout va très vite, nous voyons bien que la vérité n'intéresse personne", a protesté l'avocat de la défense Nikolaï Polozov en marge de l'audience.
Il a comparé les audiences du tribunal aux "procès de l'ère stalinienne" en référence à leur côté expéditif. La défense a aussi dénoncé le traitement réservé aux jeunes femmes épuisées par des débats qui se terminent souvent tard le soir, alors qu'elles sont réveillées tôt le matin dans leur cellule où elles sont en détention provisoire.
Quand l'avocate de la défense Violetta Volkova a demandé de citer un expert comme témoin, la présidente du tribunal, Marina Syrova, a balayé cette requête et l'a accusé de perdre du temps.
La juge a refusé d'autre témoins cités par la défense, parmi lesquels l'avocat Alexeï Navalny, l'un des principaux opposants à Vladimir Poutine. Elle a insisté en revanche sur la nécessité d'entendre des témoins de l'accusation, dont un membre de la jeunesse orthodoxe, Oleg Ougrik.
"Est-ce vous vous définiriez comme quelqu'un de très croyant ?", a demandé le procureur, ignorant le brouhaha dans la salle, alors que l'avocate Violette Volkova a quitté précipitamment la salle en signe de protestation.
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