Crédit : Daniel Caron
Crédit : Daniel Caron
Un militantisme intact
Très élégant, chemise bleue et cravate à motifs bordeaux, coiffé, rasé de frais et bronzé, Julian Assange s'exprimait juste au-dessus de la tête des policiers britanniques qui veulent l'arrêter, depuis un balcon de l'ambassade considéré comme territoire diplomatique. Il a parlé pendant une dizaine de minutes, avant de rentrer dans l'ambassade sans être inquiété.
"WikiLeaks est menacé, et la liberté d'expression et la bonne santé de toutes nos sociétés également", a lancé Julian Assange. "Le gouvernement américain va-t-il retourner aux valeurs révolutionnaires sur lesquelles il a été fondé et les réaffirmer, ou va-t-il sombrer dans le précipice, nous entraînant dans un monde dangereux et oppressif dans lequel les journalistes se taisent de peur d'être poursuivis et les citoyens doivent murmurer dans l'obscurité ?", s'est-il demandé.
"Le président Obama doit faire le bon choix, a poursuivi Julian Assange, et les Etats-Unis renoncer à leur chasse aux sorcières contre WikiLeaks". Il a appelé à la fin de la "guerre" américaine contre ce type de médias en général, et a demandé la libération de Bradley Manning, le soldat américain emprisonné sous le soupçon d'avoir fourni à WikiLeaks les câbles diplomatiques américains publiés par le réseau en 2010, au grand embarras de Washington.
Il l'a décrit comme "un exemple pour nous tous", rappelant qu'il avait passé mercredi "son 815ème jour en détention sans procès, alors que le maximum légal est de 120 jours".
Son allocution (en anglais)
Assange remercie ses soutiens
Julian Assange a également longuement remercié les partisans de WikiLeaks, "témoins" qui ont surveillé sa situation, et surtout l'Equateur, un pays qui s'est "levé pour la justice". Il a énuméré aussi toute la liste des pays d'Amérique centrale ou du Sud qui ont fait connaître leur soutien à l'Equateur dans cette affaire, "l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Salvador, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, l'Argentine, le Pérou, le Venezuela et tous les autres".
Julian Assange a également remercié ses enfants et les a assurés qu'ils seraient "bientôt réunis", ainsi que les habitants des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de Suède qui l'ont soutenu.
Des centaines de personnes, militants et badauds, étaient venus écouter le fondateur de WikiLeaks, qui a levé les deux pouces en l'air avant de rentrer dans l'ambassade.
Cerné par la justice suédoise
Le fondateur de WikiLeaks, auquel l'Equateur a accordé l'asile politique, n'a pas osé sortir de l'ambassade, car il risque l'arrestation et l'extradition immédiates vers la Suède.
Il est réclamé par la Suède où il doit être interrogé sur des accusations de viol et d'agression sexuelle portées contre lui par deux jeunes femmes. Il a jusqu'à présent refusé son extradition, disant craindre que la Suède ne l'extrade ensuite vers les Etats-Unis.
Il redoute d'être poursuivi dans ce pays pour espionnage, et de risquer ainsi la peine de mort, après la diffusion en 2010 par WikiLeaks de centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains dont certains embarrassants pour diverses chancelleries.
ANIMATION : Comment fonctionne WikiLeaks ?
(Cliquez sur l'image)
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