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JUSTICE INTERNATIONAL INTERNET

Les Etats-Unis ferment le site de "streaming" Megaupload

Créé le 20/01/2012 à 18h34

Le site Megaupload, c'est fini !

Le site Megaupload, c'est fini ! / DR

C'est une décision surprise qui va concerner des millions d'utilisateurs du Web à travers le monde, et notamment en France. La justice américaine a ordonné jeudi la fermeture du site Megaupload.com, plateforme emblématique et controversée du téléchargement direct sur Internet, accusé de violation des droits d'auteur. Quatre responsables du site basé à Hong Kong, dont son fondateur, Kim Dotcom, 37 ans, ont été interpellés en Nouvelle-Zélande sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis. Ils sont accusés d'avoir entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et d'avoir généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité. Le président français Nicolas Sarkozy a salué cette décision par le biais d'un communiqué. Une fermeture suivie de représailles

Le FBI (police fédérale américaine) et le ministère de la Justice américain ont estimé, dans un communiqué commun, qu'il s'agissait de l'une des plus "grandes affaires de violation de droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis".

Le site Megaupload.com, désormais inaccessible depuis les Etats-Unis, permettait d'héberger des fichiers et de les partager sur internet. Dans les faits, il offrait des milliers de films, séries, émissions de télévision ou chansons en libre accès, par téléchargement direct ou "streaming".

La contre-attaque des "Anonymous"

La fermeture du site a été suivie de représailles du collectif de pirates Anonymous, connus notamment pour avoir annoncé la fin - par hacking - de Facebook,  qui a annoncé sur Twitter avoir mis hors service les sites du FBI, du ministère de la Justice américain, de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA. Ces quatre sites étaient inaccessibles jeudi soir.

Le message de l'organisation pirate :


Nicolas Sarkozy salue cette fermeture

La fermeture de Megaupload.com a en revanche été saluée par Nicolas Sarkozy. Dans un communiqué, le chef de l'Etat français a souligné "que la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des œuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création", selon un communiqué de l'Elysée.

Au mois de novembre dernier,  le Président français avait fait un discours au forum sur la culture à l'ère du numérique, à Avignon. S'il s'était d'abord félicité de l'action d'Hadopi contre le piratage "Peer 2 Peer", le chef de l'Etat avait ajouter vouloir élargir le dispositif de répression contre le "streaming".

Le discours de Nicolas Sarkozy le 18 novembre à Avignon :


"Pirates !"

Outre le site-mère, une vingtaine de noms de domaine affiliés à Megaupload.com - comme le célèbre MegaVidéo, plateforme vidéo,  ouverte 24h/24 7 jours sur 7, diffusant à volonté séries, documentaires ou films en streaming - ont été fermés par la justice américaine, qui a également saisi 50 millions de dollars d'avoirs et lancé des poursuites contre sept responsables du site, parmi lesquels figurent les quatre personnes arrêtées en Nouvelle-Zélande.

Ces sept personnes sont "responsables d'un piratage considérable sur Internet de nombreux types de contenus protégés par les droits d'auteur à travers Megaupload.com et d'autres sites", affirment les autorités américaines.

"Plus d'un demi-milliard de dollars de perte pour les ayant-droits"

Elles sont ainsi accusées d'avoir tiré de leurs forfaits quelque 175 millions de dollars de profit et entraîné "plus d'un demi-milliard de dollars de perte pour les ayant-droits", en offrant sur leur site des produits piratés, poursuivent les autorités américaines. Selon le

Megaupload Ltd, et une autre entreprise liée à l'affaire, Vestor Ltd, ont en outre été inculpées par une chambre d'accusation de Virginie (est) de violations de droits d'auteur mais aussi d'association de malfaiteurs en vue de commettre racket et blanchiment d'argent, des infractions passibles de vingt ans de prison.

La police néo-zélandaise a indiqué que les quatre personnes arrêtées sur son sol comparaîtront vendredi devant la justice après une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis. Les perquisitions ont mené à la saisie d'un coupé Rolls Royce Phantom. Auckland a précisé avoir travaillé sur cette affaire pendant des mois avec les Etats-Unis.

Selon le site français Numerama, qui a décortiqué l'acte d'accusation du FBI, c'est surtout le fait d'avoir payé certains "uploaders" (ceux qui mettent en ligne fichiers et documents en libre accès) qui aurait motivé l'action soudaine de la police fédérale des Etats-Unis, en étroite collaboration avec celle de Nouvelle-Zélande. Ainsi, "entre mars 2007 et juillet 2010, MegaUpload a ainsi reversé 9 millions de dollars aux internautes qui uploadaient les contenus les plus populaires", écrit le site dédié au numérique.

L'acte d'accusation contre MegaUpload :
Mega Indictment

Megaupload déjà de retour ?

La nouvelle s'est rapidement propagée sur les réseaux sociaux vendredi matin. La page d'accueil du site a déjà été remise en ligne. Les auteurs de cette démarche précisent d'ailleurs que le contenu intégral de Megaupload devrait revenir sous peu.

Quelle sera la réaction de la justice américaine ?

En tout état de cause, les artistes "seraient" plutôt du côté du site. La preuve avec une chanson enregistrée il y a à peine quelques mois avec des grandes stars américaines.



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