Simplement "FB"
On en parle depuis des mois. Mais il semble que Mark Zuckerberg soit passé à la vitesse supérieure pour se trouver des nouveaux "amis"... en Bourse. En dépit des amendements apportés au dossier boursier de Facebook ces dernières semaines, et de l'annonce de l'acquisition de l'application de retouche-photos Instagram pour un milliard de dollars, Facebook respecterait donc finalement les délais qui étaient évoqués dès le mois de février. Le groupe a annoncé que ses titres seraient cotés au Nasdaq sous le sigle "FB".
La fourchette du prix envisagé pour ses actions pourrait être connue dans les jours qui viennent. Le prix exact sera fixé à la veille de l'entrée en Bourse. Selon ce prix, on saura la valorisation que vise le site, alors que depuis des mois, analystes et médias spéculent sur une fourchette de 75 à 100 milliards de dollars.
Le quotidien a indiqué que ses sources l'avaient prévenu que Facebook "pouvait encore repousser les échéances d'un jour ou deux".
Mais que vaut vraiment le réseau social de Mark Zuckerberg ?
Facebook a déposé en février son dossier préliminaire auprès des autorités boursières, sans toutefois indiquer ni l'ampleur de l'opération - se bornant à avancer un montant théorique de 5 milliards de dollars. Si les rumeurs d'une valorisation entre 75 et 100 milliards de dollars se confirment, le site créé il y a huit ans dans une chambre d'étudiant sera aussitôt l'un des poids lourds de la cote, l'une des 40 plus grosses valeurs, proche du géant de la restauration rapide McDonald's.
Ce serait aussi la plus forte valorisation jamais vue pour une entrée en Bourse aux Etats-Unis.
Or vu l'énorme intérêt médiatique déjà suscité par l'opération, et la notoriété exceptionnelle du site aux 845 millions d'utilisateurs, il semble bien que Facebook soit en mesure d'atteindre ou dépasser les attentes des analystes cités dans la presse. "Il est difficile de penser à une entrée en Bourse de l'histoire récente, même en remontant jusqu'à Google (ndlr en 2004) ou peut-être Netscape (1995) ou Yahoo! (1996), qui ait déclenché un tel emballement", note l'analyste Michael Gartenberg, au cabinet Gartner. M. Gartenberg souligne que la valorisation élevée du site est également due aux échanges de titres qui ont déjà eu lieu sur des marchés parallèles comme SecondMarket et SharesPost, où certains employés ou investisseurs des premières années ont déjà pu céder des actions.
Les chiffres du Facebook (cliquez sur l'image)

Quelle est sa vraie valeur ?
"Les gens commencent à se demander, est-ce que ces valorisations étaient justifiées ? trop basses ? trop élevées ?" demande M. Gartenberg. Avec le début des échanges publics, "on va le savoir" bientôt.
Depuis un an, la Bourse a souri à certaines des nouvelles valeurs technologiques qui se sont lancées: LinkedIn, le réseau social pour professionnels, affiche une hausse de 61%, à 72,37 dollars sur son cours d'introduction même s'il reste loin du pic de 110 dollars atteint à ses tout débuts en mai.
Le site d'informations immobilières Zillow affiche une hausse de 48%, et même Groupon, qui a déjà connu des hauts et des bas, était en hausse de 7,5%. Quant à l'éditeur de jeux en ligne Zynga, dont les Farmville et autres Mafia Wars ont été conçus avant tout pour Facebook, il était en hausse de 6% sur le cours d'introduction du mois de décembre.
Certains cependant ont plongé, comme la radio en ligne Pandora (-19), ou Demand Media (-62%), un site spécialisé dans les contenus spécifiquement conçus pour être référencés en tête des moteurs de recherche, qui a souffert des mesures prises par Google pour affiner ses résultats. Le réseau social chinois Renren accuse également une baisse de 64% depuis ses débuts à New York en mai, et Yandex, propriétaire du premier moteur de recherches russe, de 17%.
Après ces performances mitigées, le succès de l'opération Facebook pourrait suffire à lancer une nouvelle vague d'introductions en Bourse. "Il y a beaucoup d'autres entreprises qui attendent de voir comment le marché accueille Facebook", et n'attendent que d'être encouragées, assure M. Gartenberg.
***Les 5 valeurs de Zuckerberg
M. Zuckerberg, crack de l'informatique initié dès 11 ans à la
programmation, a assuré dans sa lettre aux investisseurs que son but
n'était pas de gagner de l'argent. "Nous ne construisons pas des
services pour gagner de l'argent, nous gagnons de l'argent pour
construire de meilleurs services", y affirme-t-il, proclamant 5 valeurs
fondamentales de la société: "se concentrer sur l'impact", "agir vite",
"être audacieux", "être ouvert", "construire une valeur sociale".
Facebook,
qui sera abrégé en "FB" dans les systèmes de cotation, a confirmé qu'il
gagnait la plus grande partie de ses recettes dans la publicité, même
si c'est une part en déclin: 85% en 2011, contre 98% en 2009. Le site,
utilisé par plus de la moitié des internautes du monde, a cependant
réussi à relever de 24% le tarif de ses espaces publicitaires.
Le
groupe, qui dispose déjà d'un matelas confortable de 3,9 milliards de
dollars de liquidités, n'a pas prévu d'utilisation particulière de la
manne qu'il gagnera en Bourse.
Les chiffres de Facebook en animation :
(cliquez sur l'image pour découvrir l'animation) 
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