"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 23/06/2011 à 18h35

Un soldat français en Afghanistan, le 12 mars 2009 dans la vallée d'Uzbin / AFP Archives - Thibauld Malterre
Barack Obama a annoncé mercredi le retrait d'ici à l'été 2012 du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33.000 hommes, décision qu'il a justifiée par les revers infligés à Al-Qaïda dix ans après l'invasion du pays dans la foulée du 11-Septembre. Un désengagement qui ne semble pas faire consensus, puisque la sous-secrétaire à la Défense a admis de son côté avoir été en désaccord avec Barack Obama sur la portée du retrait d'Afghanistan et indiqué que les GI's n'allaient pas "se ruer vers la sortie" au lendemain de l'annonce du président. Dans un communiqué publié jeudi matin, l'Elysée a indiqué que Paris allait engager un retrait progressif des quelque 4.000 soldats français déployés en Afghanistan de manière proportionnelle et dans un calendrier comparable à celui des renforts américains. Les talibans ont relativisé le début de retrait militaire américain, n'y voyant qu'un acte "symbolique" et insuffisant.
La déclaration de la présidence française fait suite à l'annonce mercredi soir par le président américain Barack Obama d'un retrait d'ici à l'été 2012 du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33.000 hommes. Le président américain a en outre ordonné le rapatriement dès cette année de 10.000 des quelque 99.000 soldats américains actuellement sur place. "Nous sommes au début - mais pas à la fin - de nos efforts pour terminer cette guerre", a lancé le chef de la Maison Blanche, près de deux mois après l'élimination au Pakistan d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda qui s'était servi de l'Afghanistan pour préparer les attentats du 11-Septembre.
"Les renseignements que nous avons récupérés dans la villa de Ben Laden montrent qu'Al-Qaïda souffre énormément", a affirmé le Président américain lors d'une déclaration solennelle depuis la Maison Blanche. Barack Obama a également exhorté le Pakistan, avec lequel les relations sont au plus bas depuis la mort de Ben Laden, de "tenir ses engagements" dans la lutte contre le terrorisme. Al-Qaïda reste "dangereuse", a-t-il affirmé, appelant à la "vigilance". "Mais nous avons mis Al-Qaïda sur le chemin de la défaite et nous n'arrêterons pas tant que le travail ne sera pas accompli", a-t-il ajouté.
Retrait concerté
Avant son discours, Barack Obama a eu un entretien téléphonique mercredi
avec son homologue français Nicolas Sarkozy "pour s'entretenir avec lui
de notre engagement commun en Afghanistan", a précisé l'Elysée. Nicolas
Sarkozy "a souligné que la France partage l'analyse et les objectifs
américains et qu'elle se félicite de la décision du président Obama",
a-t-on ajouté de même source.
A la suite de son entretien avec le président américain, le chef de l'Etat français "a confirmé que la France restera pleinement engagée avec ses alliés aux côtés du peuple afghan pour mener à son terme le processus de transition", a poursuivi l'Elysée. "Compte tenu des progrès enregistrés, elle engagera un retrait progressif de renforts envoyés en Afghanistan, de manière proportionnelle et dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains. Ce retrait se fera en concertation avec nos alliés et avec les autorités afghanes", a fait valoir la présidence française.
Quatre mille soldats français sont actuellement déployés en Afghanistan. Soixante deux militaires sont morts dans ce pays depuis fin 2001. Avec neuf soldats français morts en Afghanistan en moins de six mois, 2011 est déjà l'une des années les plus meurtrières pour les troupes françaises déployées depuis près de dix ans dans le pays.
Le retrait définitif des forces de la coalition en Afghanistan est prévu à l'été 2014. Mais la question d'un premier retrait partiel des troupes françaises se pose à un an de l'élection présidentielle. Le ministère de la Défense rappelait il y a quelques jours que "l'objectif d'un retrait partiel au deuxième semestre 2011 restait une option ouverte et étudiée".
L'armée américaine en désaccord
Ce désengagement ne semble pas faire consensus, puisque la sous-secrétaire à la Défense a admis de son côté avoir été en désaccord avec Barack Obama sur la portée du retrait d'Afghanistan et indiqué que les GI's n'allaient pas "se ruer vers la sortie" au lendemain de l'annonce du président.
Le commandant des forces de l'Otan en Afghanistan, le général américain David Petraeus, aurait préféré "plus de temps" pour consolider les gains sur le terrain avant le début du retrait américain, a confié jeudi le secrétaire à la Défense Robert Gates à l'AFP
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