VIDEO - Afrique du Sud : plus de 30 morts dans l'assaut de la police contre des mineurs grévistes

La police tire contre les mineurs grévistes, à Marikana, ville située à moins de 100 km de Pretoria

La police tire contre les mineurs grévistes, à Marikana, ville située à moins de 100 km de Pretoria

Crédit : Capture d'écran Youtube

L'Afrique du Sud sous le choc. Jeudi, la police a tiré sur des mineurs grévistes qui étaient armés, à la mine de platine de Lonmin de Marikana, en Afrique du Sud. Trente quatre d'entre eux sont morts. C'est une des interventions policières les plus meurtrières dans le pays depuis la chute de l'apartheid, il y a dix-huit ans.

Ecouter, Voir

C'est l'une des pires fusillades qu'ait connue l'Afrique du Sud depuis la fin de l'apartheid

Crédit : Gwendoline Debono

Une centaine de femmes réunies vendredi matin dansent et chantent des chants révolutionnaires de l'époque de la lutte contre l'apartheid

Crédit : AFP

Frustrations et tensions sociales

"De mémoire, nous n'avons jamais rien vu d'une telle ampleur"
depuis la chute de l'apartheid et l'avènement de la démocratie, a affirmé Daniel Silke, analyste en sciences sociales...

La police a ouvert le feu jeudi après-midi sur un groupe de mineurs armés de machettes, de gourdins, de barres de fer et d'armes à feu. Ils refusaient de se disperser après avoir rejeté un ultimatum de la direction de la mine, qui leur intimait l'ordre de reprendre le travail sous peine de licenciement.

Il y a eu trente-six morts selon le syndicat des mines NUM, "plus de 30" selon le ministre de la Police Nathi Mthethwa. Ces bilans, donnés vendredi matin, s'ajoutent aux dix morts dans les violences entre syndicats survenues depuis dimanche sur ce site minier, où plusieurs centaines de grévistes réclamaient d'importantes augmentations de salaires.

  Une explosion de violence
.

"Je pense que c'est un signe d'une grande tension sociale en Afrique du Sud", marquée par de violentes rivalités entre syndicats, ajoute-t-il.

Selon des sources concordantes, cette poussée de fièvre a été provoquée en partie par la surenchère du syndicat AMCU, dissident du puissant syndicat NUM, qui a promis aux mineurs de négocier un triplement de leurs salaires.

"Il y a eu très peu d'amélioration dans la vie des gens depuis des décennies, souligne Daniel Silke, et le gouvernement n'a pas été capable de faire face à cette frustration".

Le ministre de la Police, apparemment très affecté, a déploré cette explosion de violence, rappelant que les forces de l'ordre avaient négocié pendant trois jours avec les grévistes.

"Ceci ne devait pas arriver, a-t-il dit, nous avons toujours insisté sur le fait que nous avons des lois dans ce pays, qui permettent aux gens de faire grève, de se rassembler pour manifester, et nous pensons que les gens ne doivent pas ignorer ces piliers de notre système (...) c'est une situation terrible pour tout le monde".

Légitime défense ?


Peu auparavant, un porte-parole de la police sur place avait affirmé que les forces de l'ordre n'avaient pas eu le choix. "La police a été attaquée lâchement par le groupe, qui a fait usage d'armes variées, dont des armes à feu. Les policiers, pour protéger leur vie et en situation de légitime défense, ont été obligés de répondre par la force".

Le président sud-africain Jacob Zuma a également déploré ces violences: "Nous croyons qu'il y a assez de place dans notre système démocratique pour que les différends soient résolus par le dialogue, sans violation de la loi et sans violence".

"J'ai donné instruction aux responsables des forces de l'ordre de faire tout leur possible pour reprendre le contrôle de la situation et pour amener les auteurs de violence devant la justice", a ajouté le chef de l'Etat.

Jeudi matin, plusieurs centaines d'hommes armés s'étaient de nouveau regroupés à l'extérieur de la mine. Les échanges de tirs ont commencé après plusieurs heures de négociations, dans des circonstances que l'enquête devra déterminer.

Un triplement des salaires

Les violences avaient commencé vendredi 10 août, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel qui est d'environ 4.000 rands par mois (400 euros).

Des affrontements ont alors éclaté entre les partisans des deux syndicats. Dix personnes ont été tuées dont deux policiers.

Jeudi soir, le président de Lonmin, Roger Phillimore, avait implicitement rejeté la responsabilité des affrontements meurtriers de jeudi sur les forces de l'ordre.

"La police sud-africaine était chargée de l'ordre et de la sécurité sur le terrain depuis le début des violences entre syndicats rivaux ce week-end", notait M. Phillimore dans un communiqué.

"Il va sans dire que nous déplorons profondément ces décès, dans ce qui est clairement une affaire d'ordre public plutôt qu'un conflit social", ajoute-t-il.

RESTEZ INFORMÉ !
Voir la dernière newsletter
Vous aimerez aussi

Publicité

Ajouter un commentaire

Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.

15commentaires
Signaler un abus top pogoteur le 18/08/2012 à 12h15 Misère...
Signaler un abus top Raoh le 18/08/2012 à 09h38 de toutes facons je pense que c'était les policiers ou les mineurs, dans les pays comme ca ca fait pas dans la dentelle que ce soit d'un coté ou de l'autre, m
Signaler un abus top breton92 le 18/08/2012 à 09h19 les mineurs étaient armés.
chez nous la chevrotine est comsidèrée comme un serpantin
Signaler un abus top quenenni le 18/08/2012 à 09h17 plus de 30 morts dans l'assaut de la police contre des mineurs grévistes
##
D'après ce que je vois, c'est plutôt dans un assaut des grévistes contre la police.............
Signaler un abus top bethe1 le 18/08/2012 à 06h22 Merci de nous montrer cela car sans ces images ou on voit de policiers noirs tuer des noirs je suis sur que les informations auraient ete detournees.

Je suis sur que beaucoup d'entre nous aimeraient voir ces policiers efficacent en finir avec nos banlieux de non droits.

Vive la police Sud Africaine.
Signaler un abus top kikadissa le 17/08/2012 à 22h27 Il vaut mieux être casseur en France que gréviste en Afrique du Sud....
Signaler un abus top pierrescailloux le 17/08/2012 à 19h18 Impressionnant ! C'est vrai qu'ils ont dû stresser en voyant les mineurs et leurs machettes et couteaux bien aiguisés ! Ça décoiffe quand même !
Signaler un abus top NonRiendeRien le 17/08/2012 à 16h28 A part Ted, les Policiers étaient des Sud'Af' noirs.

Ouf !
Signaler un abus top roertanmieux le 17/08/2012 à 13h22 hé bin!
voilà une police!
Signaler un abus top roertanmieux le 17/08/2012 à 13h11 vite!
venez en france!
Voir tous les commentaires

Publicité

Retrouvez nos maisons d’exception en ile-de-france Retrouvez nos appartements d’exception en ile-de-france Offres Immobilières

Publicité

Publicité

15