
Anders Behring Breivik (à gauche) en audience à son procès à Oslo, le 18 juin 2012
Crédit : Scanpix Norway/AFP, Junge, HeikoCrédit : Brice Dugénie
Crédit : AFP VIDEO
Dépôt de gerbes et messe
Pour marquer le premier anniversaire du massacre, la paisible nation scandinave organisera un dépôt de gerbes sur les lieux des deux attaques, des offices religieux à travers le pays puis un concert près de l'Hôtel de ville d'Oslo. Le Premier ministre Jens Stoltenberg devrait participer à une messe dans la cathédrale d'Oslo, aux côtés de la famille royale, et prononcer un discours sur Utoeya devant des jeunes travaillistes. Juste après le carnage, le dirigeant travailliste avait marqué les esprits en promettant "plus de démocratie et plus d'ouverture" mais "sans naïveté", un credo martelé depuis tous azimuts.
Pas de virage sécuritaire après le massacre
"Avec ses mots bien sentis, Stoltenberg a donné le ton à la réaction nationale face à la catastrophe. Il a contribué à éviter que l'atmosphère devienne haineuse et empreinte d'une soif de vengeance", notait mercredi un commentateur du journal norvégien de référence Aftenposten. "On peut se demander en fait si le plus important après le 22 juillet n'a pas été de préserver ce que l'on a. Car depuis bien des années, nous avons le bonheur de vivre dans une démocratie qui fonctionne généralement bien, jouissant de plus d'ouverture et de liberté d'expression que la plupart des pays", ajoutait-il. Hormis quelques mesures à la marge comme des propositions d'amendements législatifs et une protection accrue des personnalités politiques et des lieux de pouvoir, la Norvège n'a pas pris de virage sécuritaire.
"La Norvège n'a pas changé"
Il arrive encore de voir des véhicules garés juste devant l'entrée du Parlement. "La Norvège n'a pas changé", estime Trond Henry Blattmann, président du groupe de soutien aux familles des victimes, qui a lui-même perdu un fils sur Utoeya. "Mais j'espère que la commission du 22 juillet inspirera quelques changements comme une amélioration de la surveillance sur internet et un suivi plus poussé de l'extrême-droite pour prévenir de futures attaques", a-t-il déclaré. Mise en place par le gouvernement pour tirer les enseignements du massacre, cette commission de 10 membres doit rendre ses conclusions le 13 août. "On ne pourra de toute façon jamais construire des barrières assez hautes pour se protéger totalement", souligne M. Blattmann.
Les survivants n'ont pas forcément le même avis
Du côté des survivants de la fusillade d'Utoeya, les avis sont partagés. "Qu'est-ce qui a changé en Norvège? Pas assez de choses", affirme Tore Sinding Bekkedal, révolté par la virulence de certains propos visant un groupe de Roms dont le sort a fait débat cet été. "Ces opinions mériteraient une réponse beaucoup plus vigoureuse", dit-il. Bjoern Ihler, un autre survivant de la fusillade, estime, lui, que les extrémistes doivent avoir voix au chapitre pour éviter qu'ils ne s'enterrent dans la clandestinité. "Après les attaques, on avait promis plus d'ouverture. Chacun doit donc pouvoir exprimer ses opinions, aussi extrêmes soient-elles. Ceux qui le pensent doivent pouvoir critiquer l'immigration sans être associés au 22 juillet", explique le jeune travailliste.
Breivik sera fixé le 24 août
Breivik, dont le procès au tribunal d'Oslo a pris fin le mois dernier, attend quant à lui son verdict. Le principal point d'interrogation porte sur sa responsabilité pénale: l'extrémiste de 33 ans sera-t-il condamné à la prison comme le demande la défense ou à un internement psychiatrique comme le Parquet l'a requis? Le verdict doit tomber le 24 août.
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