"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 04/02/2012 à 19h30

Les chars de l'armée avaient déjà pénétré dans la ville de Homs en janvier. / AFP
La Russie et la Chine ont opposé samedi leur veto lors d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution soutenant le plan de la Ligue arabe qui prévoit la mise à l'écart du président syrien Bachar al Assad. La Russie et la Chine avaient déjà usé de leur droit de veto en octobre à l'ONU contre une résolution condamnant la répression des manifestations antigouvernementales en Syrie qui a fait selon l'Onu plus de 5.000 morts depuis mi-mars 2011. Ce projet de résolution, qui a été soutenu par les 13 autres pays du Conseil, exprimait un "soutien" au plan de règlement de la Ligue arabe et dénonçait les violations des droits de l'homme commises par le régime syrien. 60 civils auraient été tués dans la nuit à Homs, selon le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition. Damas accuse l'opposition d'avoir pilonné Homs pour influencer le vote à l'ONU.
Moscou, opposé à une résolution, avait annoncé que M. Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, allait se rendre mardi à Damas pour rencontrer le président syrien Bachar Al-Assad afin de "trouver une issue politique au conflit".
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déclaré samedi qu'il était temps pour le Conseil de Sécurité d'"agir avec force" vis à vis de la Syrie après avoir reconnu qu'il n'avait pas été possible de résoudre les différends avec la Chine et la Russie.
La diplomatie russe : "Si les Etats-Unis veulent un scandale..."
Le projet de résolution que les ambassadeurs des 15 pays avaient mis au point jeudi afin de le soumettre au vote "soutient pleinement" les décisions prises par la Ligue arabe en janvier pour assurer une transition vers la démocratie en Syrie. Mais les modalités, en particulier le transfert des pouvoirs du président syrien Bachar al-Assad à son vice-président, ont été laissées de côté pour ne pas heurter Moscou.
Le texte contient d'autres concessions à la Russie: il n'évoque pas des sanctions économiques ni les ventes d'armes russes à Damas et souligne qu'il faut résoudre la crise en Syrie "de manière pacifique", afin de dissiper toute analogie avec l'affaire libyenne.
Le texte "condamne toute violence d'où qu'elle émane", pouvoir ou opposition. Il "dénonce les violations continues, flagrantes et étendues des droits de l'homme" par les autorités syriennes.
Les Russes,
détenteurs d'un droit de veto et soutiens de la Syrie, ont d'ores et
déjà annoncé qu'ils étaient réticents à adopter le texte préparé. "Le
projet ne nous convient absolument pas", a déclaré Sergueï Lavrov samedi, dans un entretien à la
télévision russe Rossia.
"Si (les Etats-Unis) veulent encore un
scandale au Conseil de sécurité, on ne peut pas les arrêter". M. Lavrov a
souligné avoir envoyé vendredi à la secrétaire d'Etat américaine
Hillary Clinton les changements à ce projet souhaités par Moscou.
Obama accuse al-Assad d'avoir "assassiné des civils"
Selon des diplomates, la Russie a tenté dans les dernières heures d'affaiblir encore la portée de ce texte par des modifications de vocabulaire, en minimisant les exactions du régime syrien ou le soutien du Conseil aux décisions de la Ligue arabe. Les Occidentaux et les pays arabes promoteurs de la résolution ont refusé.
Le président américain Barack Obama a accusé samedi le président syrien Bachar al-Assad d'avoir "assassiné des civils" dans les "attaques abominables" qui ont eu lieu dans la ville de Homs vendredi soir, lui demandant de quitter le pouvoir.
"Assad doit arrêter tout de suite les tueries et les crimes contre son propre peuple, il doit quitter le pouvoir et permettre la mise en place immédiate d'une transition démocratique", a indiqué M. Obama dans un communiqué.
"Hier, le gouvernement syrien a assassiné des centaines de citoyens syriens, dont des femmes et des enfants (...) je condamne fermement ces attaques abominables du gouvernement syrien contre le peuple de Homs et je présente ma plus profonde sympathie à ceux qui ont perdu des proches", a ajouté le président américain.
M. Obama a ajouté que le Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunissait samedi pour voter sur un nouveau projet de résolution sur la Syrie, a "à présent l'occasion de s'élever contre la brutalité sans relâche du régime de Bachar al-Assad et de montrer qu'il est un défenseur crédible des droits universels inscrits dans la Charte des Nations unies".
Terrifiant massacre" à Homs : au moins 260 morts
"Les forces d'Assad ont bombardé (...) des zones résidentielles à Homs, dont Al Khalidiya et Qoussour, faisant au moins 260 morts, des civils, et des centaines de blessés, dont des hommes, des femmes et des enfants", explique le groupe. Le régime a immédiatement démenti ce pilonnage, en affirmant que les civils qui y avaient été tués dans la nuit l'avaient été par des hommes armés. Le Conseil de sécurité de l'ONU va se réunir à 16h (heure de Paris) afin d'envisager l'adoption d'une résolution contre le régime Assad.
Si
ces informations étaient confirmées, il s'agirait de la journée la plus
meurtrière depuis le début de la révolte contre le pouvoir du président
Assad en mars 2011.
Selon le CNS, d'autres villes ont également été attaquées. "Les forces d'Assad ont aussi bombardé Jisr al-Choughour (nord-ouest), les banlieues de Damas, et l'est de Ghouta (près de Damas) dans ce qui semble être une préparation à des massacres similaires", expliquent-ils.
Une version contestée par le régime. L'agence officielle Sana, citant une source de presse, a affirmé que les civils tués à Homs dans la nuit de vendredi à samedi et "montrés par les chaînes de télévision satellitaires sont des citoyens qui ont été kidnappés et tués par des hommes armés".
L'agence accuse les hommes armés de "vouloir exploiter ces informations pour (faire pression) au Conseil de sécurité" de l'ONU qui tente de mettre au point une résolution condamnant la répression en Syrie. 
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