Crédit : Isabelle Dath
Une neutralité confortable
Symbole de la division de la communauté internationale face à l'imbroglio syrien, Américains et Russes se renvoient la responsabilité des
violences dans le pays, où au moins 16 personnes ont encore été tuées
vendredi.
La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, qui avait
directement mis en cause les Russes jeudi, a au contraire accusé Moscou
vendredi d'avoir livré des armes au régime syrien et a exprimé de
"sérieuses inquiétudes" à ce sujet.
Réplique presque immédiate de Moscou : le massacre de Houla est le
résultat de l'aide financière étrangère et de livraisons d'armes aux
rebelles syriens, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères
dans un communiqué. Malgré l'indéfectible soutien apporté au régime du président Bachar
al-Assad par Moscou, Vladimir Poutine a cependant assuré depuis Berlin que son pays ne soutenait
aucune des parties qui s'affrontent en Syrie et a démenti livrer des
armes utilisables dans une guerre civile.
Vladimir Poutine, qui effectue à Berlin et Paris ses premiers déplacements à
l'étranger depuis son retour au Kremlin, après le Bélarus jeudi, a
reconnu des signes "précurseurs" de guerre civile. "C'est extrêmement
dangereux", a-t-il souligné, s'abstenant toutefois de toute déclaration
sur un soutien officiel au président Bachar al-Assad.
L'Allemagne ne veut même pas entendre parler d'une réponse militaire
Vendredi après-midi, Angela Merkel et Vladimir Poutine ont en tout cas affiché leur unité sur une "solution politique". Le président russe, qui a entamé début mai un troisième mandat de président après ceux de 2000 à 2008, a assuré qu'on ne pouvait "rien faire par la force" en Syrie où le récent massacre de Houla a soulevé l'indignation internationale.
"Nous sommes tombés d'accord sur le fait que nous devons travailler de toutes nos forces à une solution politique", a souligné Mme Merkel, affirmant que leur vision de la situation sur place n'était "pas différente". Elle a souligné leur volonté commune d'assurer la stabilité de la région, semblant se démarquer des propos plus virulents de Washington à l'égard de la Russie.
A plusieurs reprises, l'Allemagne a rejeté l'idée d'une intervention militaire en Syrie où le pouvoir mène une répression sanglante contre des opposants. Le président français, François Hollande avait évoqué pour la première fois mardi l'hypothèse d'une intervention militaire étrangère en Syrie, sous condition toutefois d'un mandat explicite de l'ONU.
A Paris, le président russe fera connaissance avec François Hollande dont l'attitude devrait être moins conciliante que celle de la chancelière, selon des observateurs. L'Allemagne a des intérêts importants en Russie dont elle est le principal partenaire commercial et dont elle dépend en grande partie pour son approvisionnement en gaz. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont fortement accrus ces dernières années, en dépit des critiques visant Moscou en matière de droits de l'homme.
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10/04/2013 - 09h48
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