Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 04/02/2012 à 18h15

Nouvelle manifestation monstre à Moscou. / AFP
Malgré la température glaciale (-17°), près de 140.000 partisans du Premier ministre russe Vladimir Poutine et 36.000 opposants se sont rassemblés samedi à Moscou, selon des chiffres donnés par la police et invérifiables de manière indépendante. Les chiffres de l'opposition et ceux de la police diffèrent généralement très largement lors des manifestations contre Vladimir Poutine. A contrario, les estimations avancées par les forces de l'ordre et celles des organisateurs de manifestations favorables au régime russe coïncident généralement. 4.000 opposants au Président se sont également rassemblés à Saint-Pétersbourg.
Ne pas relâcher la pression en vue de la Présidentielle
La troisième grande manifestation d'opposition dans la capitale contre l'homme fort de Russie, après celles de décembre, est un test crucial pour une coalition disparate d'opposants politiques et de personnalités de la culture ou des médias, d'autant que la campagne pour la présidentielle du 4 mars débute officiellement samedi.
Des analystes estiment que cette manifestation a été un grand succès et que le mouvement a réussi à s'installer dans la durée en vue de la présidentielle dont Vladimir Poutine est le grand favori.
"Le plus important est que les attentes du Kremlin ne se sont pas réalisées, à savoir qu'à cause du froid le mouvement s'effilocherait", a estimé Nikolaï Petrov, du Centre Carnegie de Moscou. "La protestation va se renforcer après l'élection" présidentielle, prédit-il.
Les organisateurs du rassemblement favorable au pouvoir appellaient eux à manifester contre l'opposition, accusée de vouloir organiser une révolution en Russie.
Vague de contestation sans précédent
Selon de nombreux témoignages sur l'internet et d'autres recueillis par l'AFP, des fonctionnaires, enseignants et employés des hôpitaux publics ont été forcés par leur direction à aller manifester. M. Poutine a reconnu de telles pressions, tout en estimant qu'il s'agissait de faits isolés.
La Russie connaît une vague de contestation sans précédent depuis l'avènement à la tête du pays en 2000 de M. Poutine. Elle a été déclenchée par les législatives de décembre, marquées par des fraudes selon l'opposition, des observateurs russes et étrangers.
L'ex-agent du KGB, qui veut revenir au Kremlin pour un troisième mandat après deux précédents effectués entre 2000 et 2008, a vu baisser sa popularité mais reste le grand favori de la présidentielle du 4 mars.
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