Pr Serge Hercberg : "Pas de culpabilité face aux féculents !"

Anders Behring Breivik
Crédit : DRCrédit : Thomas Prouteau
Crédit : Nicolas George
Crédit : Isabelle Dath
Crédit : Isabelle Dath
Crédit : Isabelle Dath
Les deux attaques semblent avoir visé le parti travailliste au pouvoir, d'abord le bureau du Premier ministre Jens Stoltenberg --qui ne s'y trouvait pas-- et les ministères environnants, puis l'université d'été de la jeunesse travailliste à une quarantaine de kilomètres de là. Certains des quelque 600 jeunes réunis sur l'île ont tenté d'échapper au massacre en se jetant à l'eau.
Revêtu d'un pull portant le sigle "Police", le tireur a, selon divers témoignages, appelé les jeunes à s'approcher de lui avant d'ouvrir le feu, puis a achevé des blessés et ciblé des personnes qui s'enfuyaient à la nage. "+Venez à moi, j'ai des informations importantes, venez à moi, il n'y a pas de danger+", disait-il selon le témoignage d'Elise, une adolescente de 15 ans, réfugiée sous un rocher depuis lequel le suspect faisait feu.
De surcroît, l'homme, suspecté d'être l'auteur d'une attaque à la bombe dans le centre d'Oslo vendredi, avait acheté six tonnes d'engrais début mai, a indiqué une porte-parole de la Centrale d'achat agricole. "Nous lui avons vendu six tonnes d'engrais, ce qui constitue une commande relativement standard", a déclaré Mme Oddny Estenstad.
Des liens avec l'extrême-droite ?
Selon certains médias norvégiens, le suspect est proche des milieux d'extrême-droite et avait plusieurs armes enregistrées en son nom, dont un fusil automatique.
Sur son profil sur Facebook, l'homme à la chevelure blonde mi-longue se décrit comme"conservateur", "chrétien", célibataire, intéressé par la chasse et par des jeux tels que "World of Warcraft" et "Modern Warfare 2".
Sur son compte Twitter il n'a posté qu'un seul message remontant au 17 juillet et qui est une citation du philosophe anglais John Stuart Mill : "Une personne avec une croyance a autant de force que 100.000 personnes qui n'ont que des intérêts".
Selon les médias norvégiens, les interventions d'Anders Behring Breivik sur le site www.document.no témoignent de points de vue nationalistes et de son hostilité à une société multiculturelle, mais selon la télévision publique NRK, il y prenait aussi ses distances à l'égard du néonazisme.
Dans la nuit, la police a perquisitionné l'appartement où il a longtemps vécu dans l'ouest d'Oslo et son nouveau domicile près de Rena, au nord de la capitale, où il venait de déménager.
Selon son profil Facebook, Anders Behring Breivik était directeur de Breivik Geofarm, une ferme biologique, ce qui aurait pu lui donner accès à des produits chimiques susceptibles d'être utilisés pour la confection d'explosifs.
Les listes fiscales, ouvertes à la consultation publique en Norvège, montrent qu'il n'avait aucun revenu pour l'année 2009 et des sommes extrêmement modiques au cours des années précédentes.
Un ancien membre de la droite populiste
Le principal suspect dans la double attaque sanglante perpétrée vendredi en Norvège est un ancien membre de la formation de la droite populiste, le parti du Progrès (FrP), et de son mouvement pour la jeunesse, a annoncé le parti samedi.
"Cela m'attriste encore plus d'apprendre que cette personne a été parmi nous", a déclaré la présidente du FrP, Siv Jensen, dans un communiqué. La formation a précisé que le suspect, identifié comme Anders Behring Breivik par les médias norvégiens, a rejoint ses rangs en 1999 et qu'il a été radié du parti en 2006.
Il a également été un responsable local du mouvement des jeunes du FrP, le FpU, entre 2002 et 2004, selon le communiqué du parti.
Comme à Oklahoma aux Etats-Unis en 1995 ?
La piste de l'extrême-droite évoquée dans les attentats d'Oslo rappelle celui perpétré en 1995 contre un bâtiment administratif à Oklahoma City (sud des Etats-Unis) par un jeune blanc proche des milieux néo-nazis.
Le 19 avril 1995, Timothy McVeigh, 26 ans, avait fait sauter une camionnette remplie d'explosifs au pied d'un grand immeuble de l'administration fédérale, le Murrah Federal Building. Cent soixante-huit personnes, dont 19 enfants, avaient été tuées et plus de 500 autres blessées tandis que le bâtiment était en grande partie détruit.
Cet attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le sol américain avant ceux du 11 septembre 2001, avait provoqué un choc énorme aux Etats-Unis. Arrêté peu après les faits, cet ex-soldat de la guerre du Golfe, proche des milieux néo-nazis, a été exécuté le 11 juin 2001 après avoir affirmé avoir agi pour "le bien commun des Américains" en frappant l'Etat, surnommé "la Bête", qu'il exécrait.
Il avait également expliqué n'avoir pas supporté les conditions dans lesquelles la police fédérale avait mené l'assaut contre une secte à Waco (Texas), qui avait fait 86 morts le 19 avril 1993. Son complice Terry Nichols, qui avait acheté les explosifs, dont 80 sacs de nitrate d'ammonium, un engrais fréquemment utilisé pour la fabrication d'engins explosifs artisanaux, a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération.
L'attentat d'Oklahoma City avait attiré l'attention sur les milices d'extrême-droite aux Etats-Unis. Selon des données réunies par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association qui fait autorité en la matière, le nombre de groupuscules racistes a augmenté de plusde 60% depuis 2000, passant de 602 à plus d'un millier l'an dernier.
Le SPLC avait estimé en 2009 que ces mouvements, rendus furieux par l'arrivée d'un Noir à la Maison Blanche, connaissaient un nouvel essor depuis l'élection de Barack Obama en novembre 2008.
(Avec AFP)
Publicité
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.