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Créé le 18/03/2009 à 18h54 - Mis à jour le 19/03/2009 à 06h29

Micheline Calmy-Rey sur RTL le 18 mars 2009 / Abacapress pour RTL
Le secret bancaire est mis à mal par le G20 qui s'en prend aux paradis fiscaux. La Suisse a accepté de lever partiellement ce secret pour la première fois. Invitée de RTL soir, la ministre suisse des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, martèle que son pays "n'est pas un paradis fiscal". Au contraire, la Confédération helvétique "accorde une entraide pour les cas de fraude et a élargi sa coopération en matière fiscale aux cas d’évasion fiscale".
La Suisse a donc annoncé cette semaine qu’elle s'engageait à une levée partielle du secret bancaire. Est-ce que c’est une révolution pour vous ?
Le secret bancaire reste. Le secret bancaire, c’est un peu défini comme un devoir de confidentialité du banquier à l’égard de ses clients et ça, ça reste. Ce qui a été modifié, ce sont les modalités du secret bancaire ; La Suisse faisait une distinction entre évasion et fraude fiscale. Elle accordait une entraide pour les cas de fraude et actuellement, elle a élargi sa coopération en matière fiscale aux cas d’évasion fiscale.
Alors, est-ce que cela veut dire que la Suisse cesse d’être un paradis fiscal ?
La Suisse n’est pas un paradis fiscal. Le secret bancaire n’a jamais empêché que la loi sur le blanchiment suisse est une des plus sévères du monde et qu’elle impose des devoirs de diligence au banquier comme celui de connaître le nom de ses clients. Il n’y a pas de compte anonyme en Suisse contrairement à une idée largement répandue. Nous retournons l’argent des personnes politiquement exposées dans les pays d’origine pour le rendre aux populations concernées. Nous avons par exemple retourné 500 millions de dollars de fonds à Bacha au Nigeria. Donc, la Suisse n’est pas un paradis fiscal.
Est-ce que vous vous êtes sentie un peu montrée du doigt depuis le début de cette crise, depuis septembre. On sait que le G20 à Londres en avril avait une vraie volonté de faire un geste contre ce qu’on appelle les paradis fiscaux même si vous nous dites que vous n’en êtes pas un ?
Non, nous ne sommes pas paradis fiscal et nous ne sommes pas non plus un état non coopératif. La Suisse est décidée à coopérer. Nous avions tout simplement des standards différents, c’est clair qu’on ne veut pas que le secret bancaire puisse cacher de l’argent de l’évasion, c’est injuste et c’est la raison pour laquelle on a décidé de faire ce pas. Nous ne souhaitons pas non plus être sur une liste noire de l’OCD ou du G20 puisqu’encore une fois, la Suisse est un état coopératif.
Mais il n’y a pas un côté un peu moralisateur dans cette histoire de liste noire ?
C’est effectivement aussi une question éthique. Cela, il faut le dire. La décision de gouvernement en Suisse est un pas dans cette direction dans la mesure où je l’ai dit, nous ne voulons pas que le secret bancaire couvre des délits fiscaux.
Alors, ces jours-ci, nous avons eu en France un débat sur le bouclier fiscal qu’il était peut-être question de supprimer, Nicolas Sarkozy a dit non hier avec cet argument : "Je n’ai pas été élu pour enrichir Monaco, la Suisse et l’Autriche". Vous trouvez vexant qu’il ait dit cela ?
Il a oublié l’Angleterre...
Si on supprime le bouclier fiscal en France, est-ce qu’il y a de l’argent qui arrive en Suisse automatiquement ?
Je ne pense pas que la Suisse soit le pays le plus intéressant, je pense qu’il y a différentes manières de ne pas être transparent du tout. Je répète : la volonté du gouvernement suisse est d’être transparent."
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