"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 10/12/2011 à 20h10
Des milliers de Russes ont défilé dans les rues de Moscou et de nombreuses autres villes pour dénoncer des fraudes lors des élections législatives remportées par le parti de Poutine / AFP
Jusqu'à 50.000 personnes ont manifesté samedi à Moscou pour contester le résultat des élections, lors d'une journée de mobilisation sans précédent depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000, des rassemblements ayant eu lieu dans 90 villes du pays. Ils étaient également 10.000 selon la police dans les rues de Saint-Pétersbourg. Samedi matin, le Journal officiel russe a publié les résultats officiels des législatives, confirmant la victoire du parti au pouvoir Russie unie avec 49,32% des voix et une majorité absolue de 238 mandats sur 450 à la Douma (chambre basse).
Sur la place Bolotnaïa de Moscou, les manifestants (25.000, selon la police - 50.000, selon l'opposition) scandaient "Honte !", "La Russie sans Poutine !" ou "De nouvelles élections ! De nouvelles élections !".
Une grande banderole était déployée sur le pont piéton menant à la place, avec l'inscription : "Escrocs et voleurs, rendez-nous les élections", une allusion à l'expression "Russie unie (le parti au pouvoir, ndlr) - le parti des voleurs et des escrocs", popularisée par le blogueur dénonçant la corruption Alexeï Navalny.
Sur la tribune, des dirigeants de l'opposition défilent. "Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev ont fait une découverte très désagréable pour eux aujourd'hui. La Russie a un peuple", déclare Sergueï Mitrokhine, chef du parti libéral d'opposition, qui n'a pas dépassé le seuil des 7% nécessaires pour siéger à la Douma, la chambre basse du parlement, selon les résultats officiels. Ce à quoi la foule rétorque en choeur : "Nous sommes le peuple !".
Des manifestations ont également eu lieu dans plus d'une cinquantaine de villes, notamment à Saint-Pétersbourg, dans l'Oural et en Sibérie, pour réclamer l'annulation de ce scrutin entaché de fraudes massives selon l'opposition et des ONG.
Mobilisation sans précédent
Cette mobilisation est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Le parquet de Moscou a mis en garde les organisateurs et participants contre tout débordement qui obligerait la police à "prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien de l'ordre".
Les débordements seront réprimés "par tous les moyens légitimes", a averti jeudi le Premier ministre Vladimir Poutine. Des milliers de Russes manifestent depuis près d'une semaine pour contester le résultat des législatives. Quelque 1.600 personnes ont été interpellées par la police à Moscou et Saint-Pétersbourg au cours de ces rassemblements, et nombre d'entre-elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison.
Un responsable de l'Eglise orthodoxe russe, l'archiprête Alexandre Iliachenko, a appelé les manifestants à protester contre le "cynisme" incarné par le régime de Vladimir Poutine.
Irrégularités et bourrage d'urnes
Le chef des services sanitaires russes a de son côté appelé les Russes à ne pas participer à ces rassemblements -"qui favorisent la diffusion rapide des virus"- afin d'éviter de contracter la grippe.
La mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déclaré à Moscou à l'issue du scrutin avoir relevé des irrégularités "fréquentes" et "de sérieuses indications de bourrage des urnes.
Une ONG russe, Golos, a dénoncé avant et pendant le scrutin une multitude de fraudes et de pressions. Elle se plaint depuis d'être l'objet d'une campagne de "harcèlement orchestrée par le pouvoir".
Une autre ONG, "L'Observateur citoyen", a affirmé sur son site internet (nabludatel.org) que le résultat réel du parti au pouvoir Russie unie est d'environ 30% des suffrages, soit quelque 20 points de moins que les résultats officiels.
Vives critiques de l'Occident
Ces élections et la répression des manifestations qui ont suivi ont suscité de vives critiques des Etats-Unis, de l'UE, de la France et de l'Allemagne notamment.
M. Poutine a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation, un scénario du "chaos" selon lui. Des accusations rejetées le même jour par Washington qui s'est défendu d'avoir envoyé des "signaux" à l'opposition russe, comme l'a affirmé M. Poutine.
La porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a déclaré vendredi que les Etats-Unis demandaient "aux manifestants comme aux forces de l'ordre de faire en sorte que ces manifestations se déroulent dans le calme".
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