Crédit : AFP TV
Tensions politiques en toile de fond
Des milliers de personnes ont participé à la cérémonie religieuse à la mosquée Amine, au centre de la capitale, à la mémoire du général Wissam al-Hassan, chef des services de renseignements de la police, et de son chauffeur, tués vendredi dans l'explosion d'une voiture piégée.
A l'issue des funérailles, Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire d'opposition de l'ex-Premier ministre Saad Hariri, a chauffé à blanc les manifestants rassemblés sur la Place des martyrs. "Le gouvernement est responsable du crime qui a tué Wissam et son compagnon C'est pourquoi il faut qu'il parte", a-t-il lancé à la foule.
Dans le cabinet actuel, le parti chiite Hezbollah, puissant allié de Damas et de Téhéran, occupe une place prépondérante alors que l'opposition est violemment opposée au régime de Bachar al-Assad en Syrie voisine, ancienne puissance tutélaire du pays du Cèdre.
Surexcités, deux cents jeunes ont tenté de prendre d'assaut le Sérail, siège du Premier ministre, et la police a lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l'air pour les faire reculer. Les manifestants ont utilisé des pierres et des bâtons. Ces violences ont fait des blessés des deux côtés.
Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise, qui vit hors du pays, a de son côté lancé un appel au calme, indiquant qu'il voulait "la chute du gouvernement mais de manière pacifique". Dans l'après-midi, quelques milliers de personnes avaient convergé vers la place des Martyrs, où étaient placardées des affiches géantes du général Hassan avec ces mots : "le martyr de la justice et de la vérité".
La majorité des manifestants étaient des sunnites, communauté à laquelle appartenait le défunt, des chrétiens et des druzes.
L'ombre de la Syrie plane sur l'attaque
L'attentat de vendredi a été attribué par l'opposition libanaise et les experts à Damas, confronté depuis 19 mois à une révolte qu'il tente d'écraser. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé dimanche "probable" l'implication de Damas, accusant le président Assad "d'essayer d'élargir la contagion" du conflit syrien aux pays voisins.
La Syrie n'a jusqu'à présent pas réagi officiellement à ces accusations. 
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10/04/2013 - 09h48
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