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INTERNATIONAL

Les talibans revendiquent le meurtre des soldats français

Créé le 21/01/2012 à 20h30

Le ministre de la Défense s'est recueilli devant les dépouilles des soldats français.

Le ministre de la Défense s'est recueilli devant les dépouilles des soldats français. / AFP

Les talibans annoncent samedi matin qu'ils avaient recruté le militaire afghan qui a tué quatre soldats français dans la province orientale de Kapisa vendredi. Suite à cette attaque, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, est arrivé dans la matinée à Kaboul, la capitale afghane. Il a pu monter à bord d'un aéronef sanitaire, stationné sur le même tarmac, chargé du rapatriement de 12 blessés, dont 5 graves, vers la France. L'occasion pour lui de rappeler que "le pronostic vital est engagé pour un certain nombre d'entre eux, notamment pour un soldat très gravement blessé".
Gérard Longuet, en visite samedi en Afghanistan : "un taliban manifestement infiltré depuis longtemps"

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a indiqué samedi que le soldat afghan qui a tué quatre militaires français la veille en Afghanistan était "un taliban manifestement infiltré depuis longtemps" dans les rangs de l'armée afghane.

"Le général Nazar nous a expliqué" qui était l'homme qui a tiré sur les soldats Français, "manifestement un taliban infiltré depuis longtemps", a déclaré le ministre sur la base de Surobi (est), à l'issue d'un entretien avec le commandant de la 3e brigade de l'armée afghane, dont dépend l'unité basée à Gwan où le tireur a ouvert le feu sur les militaires français.

L'homme, âgé de 21 ans, identifié comme Abdul Mansour, a été arrêté après le drame au cours duquel huit soldats français ont également été grièvement blessés. Selon M. Longuet, il s'agit d'un ancien soldat de l'armée afghane qui a déserté, est probablement passé ensuite au Pakistan, avant de s'engager à nouveau dans les rangs de l'armée. Il était depuis environ deux mois dans l'unité de Gwan.

Le ministre français a rappelé la volonté des insurgés "de casser la confiance entre les forces françaises et l'armée afghane". Il a souligné la capacité de la France à aider l'armée nationale afghane (ANA) à mieux contrôler ses recrues, grâce notamment "aux techniques nouvelles d'identification des personnes".

L'intervention française en question

M. Longuet est en Afghanistan pour évaluer les mesures que les autorités afghanes s'engagent à prendre pour assurer la sécurité des soldats français chargés de former l'armée afghane. Le président français Nicolas Sarkozy avait déclaré vendredi que, faute de garanties suffisantes, la France pourrait accélérer le retrait de son contingent, actuellement de 3.600 soldats, de la force internationale en Afghanistan.

Le chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, a souligné pour sa part que si les opérations de formation et d'encadrement de l'armée afghane sont suspendues, les opérations de soutien des forces françaises à l'ANA se poursuivent. Il a mentionné l'utilisation d'un système d'"identification biométrique" des recrues de l'armée afghane pour lutter contre les tentatives d'infiltration des insurgés.

A son retour, M. Longuet fera un rapport à Nicolas Sarkozy, qui décidera d'un retour prématuré, ou non, des troupes en France, initialement prévu "au plus tard en 2014".

Dix-neuf soldats français ont été blessés ou tués vendredi par un soldat afghan, dont ils assuraient la formation militaire, alors qu'ils faisaient un jogging à l'intérieur d'une enceinte militaire et qu'ils ne pouvaient se défendre.
 
Les talibans ne s'arrêteront pas là

L'attaque contre les militaires a été commise au sein d'une base française par un soldat afghan, censé être un allié de l'armée tricolore. Zabihullah Mijahid, porte-parole du mouvement islamiste, annoncent que les talibans ont "recruté d'autres personnes occupant d'importantes fonctions", et que ces infiltrés vont se livrer à "d'autres attentats".

Un responsable local de la milice a ajouté que la vidéo diffusée récemment montrant des "marines" américains engagés en Afghanistan urinant sur des cadavres avait accru la popularité des talibans.

Les pertes françaises en Afghanistan

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