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Espagne : victoire écrasante de la droite aux Législatives

Créé le 20/11/2011 à 23h32

Les partisans du parti populaire célèbre la victoire écrasante de la droite aux élections législatives espagnoles dimanche 20 novembre à Madrid

Les partisans du parti populaire célèbre la victoire écrasante de la droite aux élections législatives espagnoles dimanche 20 novembre à Madrid / AFP/P.Marcou

La droite a remporté dimanche, sans surprise, la majorité absolue aux élections législatives en Espagne, portée au pouvoir par un pays inquiet et sans illusions, qui a choisi de sanctionner le gouvernement socialiste, mais se prépare à une nouvelle cure de rigueur. Le Parti populaire mené par Mariano Rajoy, 56 ans, qui devrait diriger le prochain gouvernement a remporté une victoire historique tandis que les socialistes essuyaient une débâcle elle aussi sans précédent, selon des résultats partiels portant sur environ 70% des bulletins de vote. Le PP obtient 187 députés au Congrès, la chambre basse du Parlement, contre 109 au Parti socialiste, qui dirige le pays depuis 2004. Pour la droite il s'agit du meilleur résultat depuis le retour à la démocratie au milieu des années 70, pour les socialistes du pire. Les socialistes espagnols, au pouvoir depuis 2004, deviennent ainsi les nouvelle victimes d'une crise qui a déjà fait chuter les gouvernements grec et italien. Mariano Rajoy a déclaré dimanche que l'Espagne ne pourrait pas accomplir de miracle pour s'extraire d'une profonde crise économique mais que le pays devait regagner le respect sur la scène européenne.

S'exprimant devant des partisans en liesse après la victoire des conservateurs aux élections législatives, le chef de file du Parti populaire, qui devrait prendre la tête du prochain gouvernement, a annoncé qu'il allait engager immédiatement des consultations avec toutes les régions pour examiner les moyens de surmonter la crise.

La crise a eu raison du gouvernement socialiste


Au siège du Parti Populaire, on célèbre déjà le succès lors des élections législatives

Demain commencera une nouvelle étape au cours de laquelle notre seul objectif sera de vaincre la crise et le chômage", a assuré Ana Mato, chef de la campagne du PP.  La crise économique, l'austérité et les cinq millions de chômeurs étaient justement sur toutes les lèvres dimanche.
 
La crise a entraîné une perte de confiance envers les grands partis politiques, une partie des électeurs estimant que ni la gauche ni la droite ne sera capable de remettre le pays sur les rails.

Signe de cette défiance, exprimée depuis le mois de mai par le mouvement des "indignés", la coalition écolo-communiste IU (Izquierda Unida), qui compte actuellement deux députés, en aurait 9 à 11.

Le PP peut gouverner sans alliance

Au total 350 députés et 208 sénateurs ont été élus pour quatre ans au scrutin proportionnel. Le Parti populaire devrait donc être en mesure de gouverner seul le pays, sans alliances avec les partis nationalistes régionaux comme c'est le cas aujourd'hui pour les socialistes.

Deux fois candidat malheureux en 2004 et 2008 face au socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, Mariano Rajoy, un homme tenace mais sans charisme, devrait être investi chef du gouvernement à partir du 20 décembre, une semaine au moins après l'installation des deux chambres du Parlement le 13.

Surfant sur le mécontentement et la lassitude des électeurs, il n'a cette fois laissé aucune chance à son adversaire socialiste Alfredo Perez Rubalcaba, 60 ans, ancien ministre de l'Intérieur.

La pression des marchés financiers

Sous la très forte pression des marchés financiers, le nouveau chef du gouvernement devra maintenant agir vite pour tenter de redresser l'économie espagnole, quatrième de la zone euro, menacée de récession et asphyxiée par un chômage record de 21,52%.

Avec ce vote "s'achèvera un processus non écrit ni planifié de remplacement de tous les gouvernements des économies européennes considérées comme périphériques : la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Italie, en plus de l'Espagne", avaient prédit les analystes de Bankinter.  Mais les nouvelles mesures de rigueur qui se profilent pourraient attiser la grogne sociale qui s'est emparée du pays.

Arrivés au pouvoir en plein miracle économique, alors que la croissance espagnole était portée par le boom de l'immobilier, les socialistes n'auront pas résisté à la crise financière mondiale qui a éclaté à l'automne 2008.

Depuis mai 2010, les Espagnols sont soumis à une politique d'austérité - baisse de 5% du salaire des fonctionnaires, gel des retraites ou recul de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans.

Vaincu par la crise, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, s'était finalement résigné à avancer de quatre mois les élections prévues en mars 2012.

Sous très forte pression des marchés financiers, le nouveau chef du gouvernement devra agir vite pour tenter de redresser une économie menacée de récession, mais les nouvelles mesures de rigueur qui se profilent pourraient attiser la grogne sociale qui s'est installée dans le pays.

Situation économique Espagne


Elections Espagne










(Avec AFP)

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