"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 12/01/2012 à 09h05

Gilles Jacquier a été tué à Homs, dans le centre de la Syrie, / IDé/AFP
Gilles Jacquier se trouvait en reportage à Homs, dans le centre de la Syrie, pour l'émission Envoyé Spécial. Le journaliste français de 43 ans a été tué mercredi dans cette ville, haut lieu de la contestation contre le régime de Bachar-el-Assad, après la chute d'un obus sur le groupe de reporters dont il faisait partie. Le deuxième membre de l'équipe de France 2 qui était à ses côtés est indemne. Il y a également huit morts et plusieurs blessés dans le groupe. C'est le premier journaliste occidental tué dans ce pays particulièrement fermé et où les conditions de travail sont extrêmement difficiles. Alain Juppé, le ministre des Affaires Etrangères, a demandé que "toute la lumière" soit faite sur la mort du journaliste.
Un grand reporter qui connaissait bien les terrains de guerre :
"Il était en mission autorisée par le gouvernement syrien, pour un
reportage destiné au magazine de la rédaction Envoyé spécial", d'après un communiqué de France Télévisions.
"Nous sommes en contact
avec les autorités syriennes et françaises pour rapatrier le corps et
l'équipe de France 2."
Gilles Jacquier était grand
reporter à France 2 depuis 1999.
Il a couvert la guerre en Irak, en
Afghanistan, au Kosovo et en Israël et réalisé de nombreux reportages
pour Envoyé Spécial.
Il avait débuté à France 3 Lille en 1991, avant de passer à la rédaction nationale de France 3 en 1994.
Il
avait obtenu le prix Albert-Londres en 2003 avec Bertrand Coq,
également grand reporter à France 2, pour un reportage réalisé pendant
la deuxième Intifada et l'opération Rempart menée par l'armée
israélienne en avril 2002.
Féru de sport, ancien champion de descente à ski, le grand reporter "mettait dans son travail tout l'acharnement, tout le talent et toute la motivation d'un grand sportif. Il ne rentrait jamais sans les images. Jamais", souligne Bertrand Coq.
"Gilles était un des meilleurs de France 2, un homme hors norme, on est tous sous le choc, il va beaucoup, beaucoup nous manquer", a déclaré Thierry Thuillier, directeur de l'information du groupe France Télévisions.
En ouverture de ses voeux aux parlementaires, Nicolas Sarkozy a fait part de ses "sentiments émus", de sa "peine" et son "émotion", et souligné l"'importance" d'avoir "des hommes courageux pour dire la vérité de ce qui se passe" dans les pays en conflit
Un reportage dans le cadre d'un voyage autorisé par Damas :
Le ministère de l'information syrien a indiqué qu'il était au courant d'un incident impliquant des journalistes étrangers à Homs mais qu'il n'avait pas d'autres détails.
Homs est un des foyers de l'insurrection contre le régime du président syrien Bachar al-Assad qui a débuté il y a dix mois et a fait, selon une estimation de l'ONU, plus de 5.000 morts.
Le groupe de journalistes se trouvait à Homs dans le cadre d'un voyage autorisé par le régime syrien qui limite les déplacements des médias étrangers en Syrie.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "des obus sont tombés entre les quartiers de Akrama et Al-Nouzha où se trouvait un groupe de journalistes. Un journaliste occidental a été tué ainsi que six Syriens. Il y a eu des blessés". 
Paris veut "toute la lumière" sur la mort du journaliste :
La France demande que "toute la lumière soit faite sur les circonstances" de la mort en Syrie du journaliste français, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie Alain Juppé.
"Nous condamnons vigoureusement cet acte odieux", a-t-il ajouté dans un communiqué en demandant aux autorités syriennes "d'assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'information".
Publicité
Publicité
Publicité