La justice américaine ouvre la voie à des tests ADN pour le condamné Skinner

Photo diffusée par le département de la justice du Texas montrant Hank Skinner

Photo diffusée par le département de la justice du Texas montrant Hank Skinner

Crédit : AFP/Texas Department of Criminal Justice/Archives

Une cour d'appel du Texas a ouvert la voie mercredi à la conduite de tests ADN réclamés par le condamné à mort américain Hank Skinner, qui, marié à une Française, assure que ces tests l'innocenteraient, selon un document judiciaire.

La cour d'appel, saisie la semaine dernière d'un accord conjoint de l'Etat du Texas et de la défense de Skinner pour conduire ces tests, a renvoyé l'affaire devant la justice inférieure "en sachant que les parties y déposeront leur demande d'analyses ADN", peut-on lire dans ce document.

C'est une première victoire pour Hank Skinner. Ce condamné à mort, marié à une Française, demandait à l'Etat du Texas d'autoriser des tests ADN. Cela fait 16 ans qu'il attend dans le couloir de la mort, clamant son innocence dans une affaire de triple meurtre qu'il nie avoir commis. Le ministre de la Justice de l'Etat du Texas a fini par lui donner gain de cause vendredi dernier.

Dans "l'intérêt de la justice"


Dans un document adressé à la cour pénale d'appel, qui doit statuer sur l'affaire, le ministre de la Justice de l'Etat du Texas expliquait "que l'intérêt de la justice serait mieux servi dans cette affaire par les analyses ADN des éléments de preuves demandées par Skinner et par des tests sur des éléments supplémentaires identifiés par l'Etat".
 
"Depuis plus de dix ans, M. Skinner se bat pour que les éléments clés de preuve dans son dossier soient soumis à des tests ADN", a réagi lundi, dans un communiqué, son avocat Rob Owen. "Nous sommes satisfaits que l'Etat semble finalement vouloir travailler avec nous pour faire de ces analyses une réalité", a-t-il ajouté, avant de mettre en garde sur les modalités de leur mise en œuvre.
  
"Cela sera nécessaire, bien sûr, de mettre en œuvre les détails de ces analyses avec l'Etat, afin de s'assurer que les preuves sont manipulées avec précaution et comme il se doit et que chaque élément que nous avons identifié comme important soit testé", ajoute l'avocat. "Nous attendons avec impatience de coopérer avec l'Etat pour réaliser ces analyses aussi vite que possible".
  
Des tests refusés dans le passé

Henry "Hank" Skinner a été condamné à la peine capitale pour les meurtres le soir du nouvel an 1993 de sa compagne d'alors, battue à mort, et des deux fils de celle-ci, poignardés. Le suspect, 49 ans, a toujours nié avoir commis le triple meurtre et a demandé à la justice que des tests ADN soient réalisés sur des éléments de preuve qui n'ont jamais été analysés.
  
Hank Skinner n'a jamais nié avoir été sur les lieux du crime, mais il affirme avoir ingurgité un cocktail de médicaments et de vodka qui le mettait dans l'incapacité de commettre ce triple meurtre. Il s'était jusqu'ici vu refuser ces analyses au motif que c'était de sa responsabilité si celles-ci n'avaient pas été réalisées au moment du procès en 1995. Le premier refus, en 2003, était fondé sur le fait qu'il n'avait pas réussi à prouver que de nouveaux tests ADN l'innocenteraient.
  
Les avocats de M. Skinner s'appuient sur une loi, approuvée au printemps par le Congrès texan, qui pourrait annuler le deuxième refus de tests ADN opposé en 2009. En novembre 2011, Skinner s'était vu accorder un sursis 48 heures avant le moment prévu pour son exécution.

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