
Les secours s'activent devant l'école à Brindisi après l'explosion
Crédit : AFP / D.FasanoCrédit : Ariel Dumont
Crédit : Sina Mir
Une bombe artisanale
L'explosion s'est produite vers 7h45 à l'heure où les élèves entraient dans le lycée professionnel Morvillo-Falcone, du nom du magistrat sicilien Giovanni Falcone et de son épouse Francesca Morvillo.
Melissa, une lycéenne de 16 ans, fille unique d'un ouvrier, a succombé à ses blessures tandis qu'une camarade du même âge, Veronica, a subi une intervention chirurgicale et se trouve entre la vie et la mort.
Selon les premières informations, la bombe était un engin artisanal formé de trois bonbonnes de gaz reliées entre elles et cachées dans des sacs à dos déposés sur un muret d'un lycée professionnel de cette ville des Pouilles.
Le proviseur évoque un attentat "fait pour tuer"
L'établissement, qui compte 600 élèves, en grande majorité des filles, forme surtout aux métiers de la mode. Pour le proviseur Angelo Rampino, "l'attentat était fait pour tuer car les jeunes filles entraient juste à ce moment; si cela avait été à 07h30, cela n'aurait pas eu de conséquences".
Quatre autres jeunes filles sont grièvement touchées : trois souffrent de brûlures sur tout le corps et une autre risque de devoir être amputée des membres inférieurs, selon les autorités sanitaires locales.
Les carabiniers et la police ont établi un périmètre de sécurité autour du lycée. L'attentat inédit en Italie pour la cible choisie --un établissement d'enseignement secondaire-- n'a fait l'objet d'aucune revendication.
Trop tôt pour affirmer que la mafia serait impliquée
Interrogée pour savoir si la mafia des Pouilles, la Sacra Corona Unita pourrait être derrière l'attentat, la ministre de l'Intérieur a parlé d'événement "complexe" aux modalités "inhabituelles" qui présente des "anomalies". "Les hypothèses sont nombreuses et aucune ne nous donne de certitude", a déclaré Annamaria Cancellieri.
Des témoins ont rappelé un attentat récent à l'explosif contre la voiture du président de l'association antiracket de Mesagne, village où habitait la lycéenne tuée et où est née la Sacra Corona Unita, la plus petite des quatre mafias italiennes.
Mais, même si l'établissement porte le nom du juge Falcone et de sa femme, tués dans un attentat à l'explosif en Sicile il y a près de 20 ans, la ministre de l'Intérieur a appelé à "rester prudent". Certains médias ont aussi évoqué l'action d'un déséquilibré ou une vengeance.
Interrogé à l'aéroport de Brindisi, le dirigeant de l'organisation antimafia Libera, le père Luigi Ciotti, a estimé que si c'était la mafia, "la seule réponse c'était se mobiliser en montrant qu'on est nombreux contre la mafia".
"Ce peut être l'oeuvre d'un fou, d'un exalté, on peut penser à tout même à une piste internationale avec les anarchistes", a ajouté Mimmo Gonsales, en notant que l'objectif "était délibérément de tuer les élèves car une minuterie a été trouvée sur place".
Nuit des musées annulée dans le pays, les Italiens unis
Le chef du gouvernement Mario Monti, qui a fait part de "sa douleur, son effarement et sa colère", a ordonné que les drapeaux soient mis en berne pendant trois jours. La Nuit des musées a été annulée en Italie.
A Brindisi, une marche aux flambeaux est prévue dans la soirée avec la participation d'étudiants, de syndicalistes, de défenseurs de l'environnement, et d'organisations de lutte contre la mafia. "On ne peut pas mourir comme ça en entrant à l'école", ont déploré les organisateurs".
La France affiche sa solidarité
Actuellement présent au G8 à Camp David aux Etats-Unis, François Hollande a tenu réagir face à cet attentat.
"C'est avec une très grande émotion que j'ai appris à Camp David, où je
me trouve au sommet du G8, l'odieux attentat perpétré devant l'Institut
professionnel Francesca Laura Morvillo Falcone et le tribunal de
Brindisi, qui a coûté la vie à une jeune fille, en a blessé plusieurs
autres et endeuillé l'Italie toute entière", a affirmé le président de la République.
"Au nom de tous les Français, je souhaite assurer le peuple italien de
notre profonde solidarité devant cette épreuve", ajoute-t-il, avant de
conclure en évoquant la solidarité qu'il compte témoigner directement à
Mario Monti, lui aussi présent à Camp David. .
De son côté, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a aussi exprimé "sa plus vive émotion" face au "lâche attentat", dans un communiqué distinct au même moment. "Il assure le peuple italien et son gouvernement de tout le soutien de la France devant ce drame", ajoute le texte diffusé par Matignon.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est quant à lui "entretenu avec son homologue italienne, Anna Maria Cancellieri, pour lui exprimer personnellement ses condoléances", après l'avoir rencontrée vendredi à l'occasion du G6 de Munich (Allemagne), selon un communiqué de la Place Beauvau. 
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