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Une "décision concertée"
"J'ai eu une conversation hier (lundi) avec David Cameron, le Premier ministre britannique. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a eu une discussion avec le secrétaire général des Nations Unies et nous avons convenu d'un certain nombre de pressions à exercer sur la Syrie", a expliqué le président de la République dans la journée.
Le chef de l'Etat a tenu à préciser qu'il s'agissait d'"une décision non pas unilatérale de la France, mais d'une décision concertée avec (ses) partenaires". "Nous sommes en discussion également avec la Russie qui joue un rôle et je m'en entretiendrai avec Vladimir Poutine vendredi". Le président russe sera en visite en France vendredi pour un dîner de travail à l’Élysée.
Interrogé de nouveau sur le sujet dans le JT de France 2, le chef de l'Etat a expliqué qu'une intervention militaire n'était pas exclue, à condition qu'elle soit décidée dans un cadre international, c'est-à dire par une "délibération du Conseil de sécurité de l'ONU". Mais cette option n'est pas prioritaire. "A moi, à d'autres, de convaincre Russes et Chinois et aussi de trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire", a-t-il expliqué. "Car la pression, elle doit se faire dès à présent pour chasser le régime de Bachar al Assad. Nous devons trouver une autre solution".
La plupart des victimes sont des enfants
Cette décision intervient alors que les premiers résultats d'une enquête de l'ONU révèlent que la majorité des victimes du massacre de Houla ont été exécutées. "On croit que moins de 20 des 108 assassinats peuvent être attribués à
des tirs d'artillerie et de tanks", a déclaré mardi Rupert Colville, un porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. "La plupart des autres victimes (...) ont été sommairement exécutées lors de deux incidents différents" qui ont été perpétrés selon des habitants par des miliciens pro-régime.
Vendredi, quelque 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, ont été tués dans le massacre de Houla, selon l'ONU. Selon les premiers éléments de l'enquête, 32 des 49 enfants tués avaient moins de 10 ans, a indiqué Rupert Colville, qui a souligné que le nombre total de victimes risque d'augmenter. Le porte-parole a toutefois jugé que ce qui comptait n'était pas le nombre de morts mais les morts en eux-mêmes. "Près de la moitié sont des enfants. C'est totalement impardonnable".
Par ailleurs, dans la région de Homs, le bilan des violences est passé, mardi, de 30 à 98 morts, dont 61 civils, neuf rebelles et 28 soldats gouvernementaux, a annoncé en soirée l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les victimes sont tombées lors de bombardements et d'affrontements armés, a précisé l'OSDH. Selon un précédent bilan, 11 personnes ont notamment trouvé la mort dans la province de Homs, dont sept dans le bombardement de la ville par l'armée. Des heurts entre rebelles et troupes régulières ont fait également cinq morts dans la province d'Alep (nord), d'après l'OSDH.
Damas a de son côté nié "totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste". Téhéran et Pékin, qui soutiennent Damas, ont condamné ce carnage, tout en estimant qu'il fallait identifier les responsables, tentant ainsi d'exonérer les autorités.
Une commission conjointe armée-justice, chargée par Damas d'enquêter sur ces violences, doit publier ses conclusions mercredi.
Les violences continuent à faire des dizaines de victimes tous les jours en dépit de l'entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu en vertu du plan de paix de l'émissaire de l'ONU et la Ligue arabe sur la Syrie, Kofi Annan. En 14 mois, les violences ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le début de la trêve, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
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10/04/2013 - 09h48
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