"En Europe comme en France, François Hollande s'est attribué l'idée de la croissance" selon Alain Duhamel
Créé le 21/10/2011 à 18h17 - Mis à jour le 21/10/2011 à 18h20

Le ministère des Finances à Bercy / AFP
L'Allemagne a revu, jeudi, sa prévision de croissance à la baisse. La France devrait vraisemblablement s'y résoudre dans les jours qui viennent, mais le gouvernement hésite sur les modalités d'annonce de cette mauvaise nouvelle, en pleines négociations sur l'avenir du dossier grec. Le budget tricolore, bâti sur une croissance de 1,75 % est du coup complètement hors cadre, et un nouveau plan d'austérité devrait suivre, avec pour objectif l'économie de 5 milliards d'euros supplémentaires.
Une croissance bien plus faible que prévue
Le ministre de l'Economie François Baroin a indiqué dès mardi que la prévision d'une croissance de 1,75% du produit intérieur brut pour 2012 était "probablement trop élevée", ajoutant qu'il y avait même "un risque" qu'elle soit inférieure à 1,5%. Le consensus des économistes table sur 0,9%.
Afin de respecter son objectif de réduction du déficit public à 4,5% du PIB l'année prochaine, "un nouveau plan de redressement de l'ordre de 5 milliards d'euros serait nécessaire", a indiqué une source gouvernementale non identifiée au quotidien économique Les Echos. Selon le journal économique, "l'idée est d'agir à la fois sur les recettes et sur les dépenses".
Le Figaro explique de son côté qu'"une révision de 0,5 point de la croissance (...) nécessite de trouver 5 milliards pour boucler le budget". "Bercy a toujours dans ses cartons des mesures fiscales prêtes à être mises en œuvre rapidement", précise-t-il.
Selon les deux journaux, ce n'est pas tant le principe d'une révision de la prévision qui freine le gouvernement à ce stade mais plutôt son calendrier. Quel moment est le plus opportun pour annoncer une telle nouvelle, alors que se profilent deux sommets européens (dimanche et mercredi) et une réunion du G20 déterminante, les 3 et 4 novembre prochains ? Valérie Pécresse a donné un début de réponse, vendredi.
Ne pas mettre de l'huile sur le feu
La ministre du Budget a expliqué que le gouvernement "donne la priorité" aux sommets européens de dimanche et mercredi, puis au G20 de Cannes début novembre, avant d'envisager une révision de la croissance. Selon elle, ces deux rendez-vous sont "de nature à éclaircir l'horizon économique et (de) permettre de
mieux appréhender le niveau de la croissance de 2012".
"Nous sommes dans une période de turbulences et ces deux rendez-vous
internationaux sont de nature à apporter un certain nombre de solutions à
ces turbulences", a-t-elle insisté.
La porte-parole du gouvernement s'est toutefois refusée à exclure
formellement une révision de la croissance avant même l'issue de cette
séquence internationale qui s'achèvera avec le sommet de Cannes des 3 et
4 novembre.
Selon Le Figaro, la direction du Trésor plaidait plutôt pour une "annonce rapide, avant le G20". "Il n'y a qu'une seule voix du gouvernement", a répliqué Valérie Pécresse, interrogée sur ces possibles atermoiements.
La ministre n'a pas davantage confirmé que le gouvernement
travaillait sur un nouveau plan d'austérité, mais elle a laissé
clairement entendre, comme le Premier ministre François Fillon avant
elle, qu'il pourrait en proposer un nouveau, si nécessaire.
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