Le nombre d'affamés baisse, mais pas en Afrique
Selon le dernier rapport de l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde (SOFI 2012), présenté à Rome au siège de l'agence, le monde est passé d'environ 1 milliard de personnes affamées en 1990-1992 à 868 millions en 2010-2012, soit une baisse de 13,2%.
Pendant cette même période, l'Asie est passée de 739 millions d'affamés à 563 millions, avec une baisse de 23,9%, même si la situation varie d'un pays à l'autre. L'Amérique latine est passée de 65 millions à 49 millions (-24,9%), mais l'Afrique est passée de 175 à 238 millions, soit une hausse de 36,8%.
L'Afrique subsaharienne est particulièrement atteinte avec 234 millions de personnes souffrant de faim chronique, mais là aussi les résultats affichés par divers pays sont très différents. 
Selon Carlo Cafiero, expert en statistiques de la FAO, "beaucoup de pays d'Afrique sub-saharienne ont des problèmes de distribution de la nourriture, en particulier ceux qui dépendent des importations de riz", notamment en Afrique de l'ouest. Il y a aussi "des problèmes politiques à cause de conflits internes".
Les lanternes rouges du continent sont Madagascar, qui a enregistré une hausse de 147,3% du nombre d'affamés sur 20 ans, suivi de l'Ouganda (+145,7%), de la Côte d'Ivoire (+143,4%), de la Tanzanie et de la Zambie, ces deux pays enregistrant chacun une hausse de +131,1%, et du Burundi (+124,4%), pour ne prendre que les Etats où la hausse du nombre de personnes sous-alimentées a dépassé les 100% sur 20 ans.
Les meilleurs résultats ont en revanche été enregistrés par le Ghana, qui a réduit le nombre de personnes affamées de 87%, suivi du Mali (-44,3%) et du Cameroun (-35,2%).
En Afrique du nord, théâtre ces dernières années d'émeutes de la faim puis des "printemps arabes", la situation suscite aussi "une certaine inquiétude", selon la FAO. "Les conflits en Afrique du nord ont conduit à une hausse du nombre d'affamés dans cette zone, cela montre le lien entre faim, insécurité alimentaire et conflits", a souligné le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.
"Beaucoup de pays arabes subventionnaient des produits alimentaires de base comme le pain. Comme ils ne pouvaient pas continuer ces politiques, cela a créé des tensions" qui ont débouché sur des révoltes, a aussi expliqué Carlo Cafiero, statisticien de la FAO.
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10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
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