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Créé le 01/04/2010 à 18h07 - Mis à jour le 02/04/2010 à 14h25

L'entrée du tunnel gisait à huit mètres sous terre, près de Piombino, ville située en face de l'ïle d'Elbe / DR
"Ce pourrait bien être l'œuvre de disciples de Léonard de Vinci"... Une équipe d'archéologues franco-belges a découvert l'entrée d'un tunnel creusé entre le XVIème et le XVIIème siècle reliant la Corse et l'Italie. Joseph Cantalope, le directeur des fouilles, n'en revient toujours pas. Sur RTL, il raconte son émotion au moment de la découverte : "d'un point de vue historique, c'est fondamental". Mais le plus fort, c'est que certains comptent bien se servir de ce tunnel...
Bien que cette information n'ait pas été démentie depuis hier, vous aurez deviné qu'il s'agissait du traditionnel poisson d'avril...
Selon Joseph Cantalope, "on peut espérer accéder à quelques kilomètres
de galeries" (...) "voire beaucoup plus si l'on tombe sur d'autres
excavations souterraines". Considéré
jusqu'à présent comme une hypothèse farfelue par la majorité des historiens, la découverte de cet ancêtre
du tunnel sous la Manche "remet en cause tout ce que l'on connaissait sur les techniques de l'époque", continue le chercheur.
L'idée de réhabiliter cet ancêtre
du tunnel sous la Manche fait déjà son chemin : les gouvernements français, italien et monégasque se penchent sur la question. L'équipe de Cantalope a déjà évoqué l'idée d'un chantier pour "utiliser ce tube, ce véritable cordon ombilical entre l'Ile de beauté et le continent européen". Le projet est simple - quoique gigantesque : "pomper l'eau autour du tunnel pour le dégager est possible. Des technologies existent. La France, l'Italie et surtout Monaco sont prêts à financer le chantier. [...] Pour faire simple, on vide l'eau autour du boyau, on met du béton autour pour le consolider et on finit de creuser le chemin". Optimiste, le chercheur précise qu'"on pourrait ouvrir le tunnel sous la Méditerranée d'ici à deux ans".
Cette idée, aurait été initiée dès 1685 par les doges de la République de Gênes, mais sera finalement mise en œuvre par les Grands Ducs de Toscane, région de la péninsule italienne plus proche des côtes corses - la côte orientale de l'île n'est qu'à une soixantaine de kilomètres à vol d'oiseau de Piombino. Soutenu financièrement par Clément X, le Pape de l'époque, le chantier va s'étaler sur une trentaine d'années. Mais si ce projet voit le jour, c'est grâce à la détermination d'un seul homme : Saverio Chiacchierone (littéralement Xavier Bavard).
Cet architecte, ingénieur, maître d'ouvrage (dont l'arrière grand-père aurait été assistant de Léonard de Vinci) va consacrer sa vie à ce chantier pharaonique. Les défis techniques, que l'on croyait quasi-impossibles à relever pour l'époque, n'auront pas raison de sa détermination à creuser, toujours plus profond, toujours plus loin...
Mais le scientifique va être victime de son ambition démesurée : malgré les nombreux appels à la raison de ses collègues-ingénieurs, l'homme s'enferme dans une logique jusqu'au-boutiste qui va signer sa perte et l'abandon pur et simple du projet. Couvert de dettes, lâché par ses ouvriers les plus fidèles, Saverio finira seul sous la Méditerranée, victime d'un effondrement. Il ne verra donc jamais le bout du tunnel...
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