Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 31/12/2008 à 14h30 - Mis à jour le 05/01/2009 à 13h27

Bernard Kouchner, dans les studios de RTL / capture rtl.fr
Le ministre des Affaires étrangères s'est exprimé, au micro RTL de Marie-Bénédicte Allaire, sur la situation au Proche-Orient. Depuis quatre jours, les bombardements israéliens ont repris sur la bande de Gaza. Côté palestinien on dénombre 370 morts et les membres du Hamas répliquent par des tirs de roquettes et de mortiers.
Voir l'entretien en vidéo
Vous avez réuni mercredi soir vos
homologues de l'Union européenne. Depuis samedi, début de l'offensive
israélienne sur Gaza, il y a eu plus de 370 morts. Est-ce que finalement, cette
réunion de l'Union Européenne n'aurait pas pu avoir lieu plus tôt ?
C'est déjà formidable qu'elle ait eu
lieu avant la fin de la
Présidence française. C'est aujourd'hui la fin de la
présidence française. Ils étaient répartis à travers le Monde, ces ministres,
et ils sont venus en deux jours. Oui, les 27 et nous avons travaillé un texte
dans les circonstances extrêmement difficiles. Faites attention aux chiffres !
Il faut parler à La Croix
Rouge Internationale, il faut parler aux observateurs précis.
Nous verrons bien. J'espère qu'ils seront moins élevés que ce que vous avez
cité.
Alors justement, vous appelez à un
cessez-le-feu pour une action humanitaire immédiate. Vous avez eu le ministre
de la Défense,
Ehud Barak, au téléphone, qu'est-ce qu'il en dit ?Ecoutez, tous les ministres, les 27
que vous avez cités, ont -tous les jours au téléphone leurs homologues à
travers le Monde. La diplomatie, c'est avant tout des coups de téléphone bien
sûr. J'ai eu tous ces gens : des Russes aux Américains, des chefs d'Etat arabes
et des ministres des Affaires étrangères, bien sûr aux Israéliens et tous les
Européens ; et ça change tout le temps. Il y a des analyses différentes, selon
les pays ; mais en gros, hier, il y a eu un accord qui d'ailleurs suivait un
accord du Quartet parce que pendant deux heures, nous avons parlé avec M. Ban
Ki Moon, le Secrétaire général, Mme Gondoleeza Rice...
L'Union Européenne, l'ONU, les
Russes...
Tony Blair, le Russe et puis, Javier
Solana et moi-même. Donc, il y a une convergence pour demander un cessez-le-feu
immédiat. Trêve humanitaire si l'on veut mais il faut que ce cessez-le-feu qui
permettrait l'accès humanitaire soit permanent et respecté parce qu'on a connu
beaucoup de cessez-le-feu qui n'ont pas été respectés. Là-dessus, nous étions
tous d'accord avec des mesures que vous avez vues dans le Papier, avec un rôle
de l'Union Européenne qui pourrait être développé que nous proposons et surtout
l'accès aux victimes, bien entendu.
Alors justement, ce matin, on
apprend que le Cabinet de Sécurité israélien se réunit pour discuter d'un
cessez-le-feu. On parle d'un cessez-le-feu de 48 heures. C'est une hypothèse
plausible, probable ?
Je connais plein de cessez-le-feu de
48 heures qui ont été définitifs et puis, des tas de cessez-le-feu qui n'ont
jamais eu lieu. Donc, nous verrons bien mais il y a une proposition d'Ehud
Barak, en effet, le ministre de la
défense israélien. Il y a, cette nuit aussi, non pas un accord et de quelle
fraction du Hamas je ne sais pas, mais en tout cas des dirigeants du Hamas qui
trouvent intéressante la proposition française devenue proposition européenne,
vous l'avez dit. Nous verrons bien. Est-ce que c'est pour aujourd'hui ? Est-ce
que c'est pour demain ? De toute façon, horriblement tard !
Donc, les choses semblent bouger
quand même un petit peu, là ce matin.
C'est vous qui le dites. Moi,
j'attends de voir. J'espère, oui j'espère.
Le Président Sarkozy rencontre
demain Tzipi Livni, la ministre des Affaires Etrangères israélienne. Vous, vous
attendez quoi de cette réunion ?
J'attends qu'elle ait lieu.
On parle d'une visite ministérielle
de l'Union Européenne. L'Union Européenne l'a annoncée. Alors, ça serait
vous-même, votre homologue tchèque et le Suédois qui succèdera ? Ou bien, on
parle aussi en Israël d'une visite du Président Sarkozy lui-même lundi ?
Oui, le Président et moi-même serons
dans la région puisqu'il a été tout à fait, enfin depuis très longtemps convenu
que...
Mardi, au Sud Liban.
Oui, au Sud Liban parce qu'il y a
nos soldats dans la FINUL,
etc ... Alors, nous verrons bien s'il est possible d'aller en Israël.
Il y aurait donc une opportunité ?
Ca n'est pas précis, pour le moment.
D'accord, mais c'est envisagé ?
Madame, ça n'est pas précis pour le
moment. Mais vous savez ces visites, ces téléphones, ça masque le fond. Le
fond, c'est quoi ? Est-ce que oui ou non, il y aura un jour de notre vivant,
une Paix au Moyen Orient ? C'est bien de demander un cessez-le-feu -
humanitaire ou pas. Ce qu'il faut c'est que les gens meurent moins. Mais
qu'est-ce qu'il faut ? Qu'on retourne au processus de Paix. L'affaire est
politique ; elle n'est pas militaire, contrairement à ce qu'on dit malgré les
horreurs que l'on voit à la télévision. Et donc, il faut absolument retourner à
ce processus qui est pour le moment, celui d'Annapolis, ce que nous avons voulu
souligner. Et ceux qui ont beaucoup travaillé pour Annapolis, en particulier
l'Union Européenne et les Français : conférence de Paris, etc ... -veulent
vraiment de façon obstinée qu'on retrouve le chemin de la Paix. Alors, il y a
plein d'éléments, plein de pays arabes divisés. Les gouvernements sont divisés,
les opinions sont différentes ... sur un conflit de 60 ans, c'est normal. Ce
que nous avons voulu faire à 27, ce n'est pas commode, vous savez 27, + le haut
représentant, + la commission, etc ...
Tout le monde n'est pas sur la même
position d'ailleurs ?
Tout le monde n'est pas la même
position explicative, sur l'histoire du conflit, sur les responsabilités ; mais
tout le monde ...Je lis dans la Presse : l'Europe divisée.
Vous avez vu une Europe divisée qui à 27 signe un texte, le même. Elle n'est
pas divisée, elle est unie. Mais évidemment, les explications viennent et des
cultures, et des appréciations politiques, etc ... Mais nous n'avons pas voulu
faire une autre série d'explications, offrir au public une autre série
d'explications mais des propositions. Nous avons formulé des démarches
possibles. Est-ce que ça marchera ? Je l'espère. Enfin, jusqu'au dernier
moment, le Bonapartiste dont vous avez parlé M. Duhamel, a fait un tout petit
dernier effet.
Est-ce que vous avez l'impression
qu'Israël se prépare réellement à une intervention terrestre ou bien que ça
serait une forme de bluff finalement pour amener le Hamas à négocier sur ces
conditions parce qu'au Sud Liban, il y avait quasiment dix fois plus de
Réservistes qui avaient été mobilisés que là, est-ce qu'on ne peut pas penser
que c'est une forme de bluff de l'armée israélienne ?
Je vous laisse ces mots, Madame, je
n'en sais rien. J'ai vu comme vous qu'il y a des préparatifs terrestres, et je souhaite qu'il n'y ait pas
d'actions terrestres parce que je pense qu'il n'y aura pas de solutions
terrestres et que ça ferait beaucoup plus de morts. Mais les militaires
israéliens et les observateurs militaires constatent qu'il y a une très grosse
concentration, que les réservistes israéliens étaient rappelés au nombre de
6.500. J'espère que tout ça va s'apaiser ; c'est pour ça que nous avons oeuvré
une fois de plus et dans l'urgence. Ce qui a caractérisé le Bonapartisme, c'est
la réponse à l'urgence.
On parle souvent de l'impuissance de
la
Communauté Internationale face à ce conflit. C'est même la
porte-parole de Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne qui disait :
"la puissance n'est pas spécifique à l'Union Européenne, elle est le fait
de tout le monde." C'est un constat désabusé quand même ?
Elle est le fait d'RTL, de toutes
les radios, de tous les médias. On fait ce qu'on peut, vous, nous. Et vous
savez, les guerres, ce n'est pas simple à arrêter surtout quand c'est lancé
depuis un nombre de dizaines d'années exceptionnel qui a la place pour -je
l'espère- deux peuples, et donc deux nations sur le même territoire avec des
convoitises de part et d'autre et des usages très -comment dirais-je-
réfléchis, manipulés de cette crise. Alors, c'est normal.
Mais d'ailleurs, Javier Solana, je
crois que sa porte-parole a un peu tort : il était là hier soir et il a
travaillé. Et nous avons pendant une heure et demie, je vous l'ai dit, aussi
défini une position du quartet. On verra bien. S'il peut y avoir une trêve. Le
problème aussi était débattu : une trêve humanitaire ce n'est pas suffisant. Eh
bien oui, mais ça peut commencer quelque chose. Oui, mais ce serait mieux
d'avoir une trêve définitive ! Certes, c'est mieux une trêve définitive et même
une paix définitive. Mais ça, voilà, nous le cherchons depuis longtemps.
Il faut retourner à la discussion et au
processus de paix. Il y a une Autorité Palestinienne. Il faut que les
Palestiniens ensemble, ceux qui sont à Gaza, ceux qui sont en Cisjordanie
reconsidèrent la nécessaire unité palestinienne. Vous savez, il y avait un
rendez-vous entre M. Mahmoud Abbas et le Hamas qui avait été arrangé par les
Egyptiens fin novembre, le Hamas n'est pas venu. Donc, tout ça a désorganisé un
peu plus encore cette perspective d'unité palestinienne nécessaire.
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