Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 01/06/2010 à 07h50 - Mis à jour le 23/06/2010 à 08h45

Avi Pazner / DR
Le porte-parole du gouvernement israélien répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin.
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Avi Pazner.
Avi Pazner : Bonjour.
L'opération menée, hier matin, par l'armée israélienne contre six bateaux qui voulaient accoster à Gaza, a suscité une condamnation unanime et mondiale. On peut parler de fiasco politique et diplomatique. Est-ce un problème pour l'Etat d'Israël, Avi Pazner ?
Ecoutez, le problème de l'Etat d'Israël, il faut le mettre dans son contexte. Nous avons sur notre frontière sud une entité terroriste, qui s'appelle le Hamas et qui essaie de recevoir par tous les moyens des armes et des moyens de continuer une agression contre l'Etat d'Israël. Nous avons imposé une fermeture et nous devons l'appliquer. Malheureusement, hier, nous sommes tombés dans un piège, dans un guet-apens de soi-disant pacifistes qui lorsque nos soldats leur ont demandé de venir avec eux au port d'Ashdod pour débarquer leur marchandise et la faire parvenir, après évidemment l'avoir examinée, nos soldats ont été attaqués à l'arme blanche, au couteau, avec des bars de fer. Même des coups de feu ont été tirés. Ils ont dû se défendre.
Malheureusement, il y a eu des victimes, ce que nous regrettons mais le principe est que nous devons appliquer cette fermeture hermétique de la zone de Gaza pour éviter que n'arrivent les moyens de continuer les activités terroristes contre Israël.
Mais pouvez-vous, Avi Pazner... Israël peut-il continuer à mener ce combat dans la réprobation unanime, sans faire partager votre point de vue à d'autres ?
C'est exactement, monsieur, ce que j'essaie de faire en ce moment, en expliquant les raisons qui nous ont amenés à notre action. Encore une fois, je le dis, nous regrettons amèrement qu'il y ait eu des pertes de vie humaines mais nous nous devons de nous défendre contre les terroristes ; nous avons fait ce que nous avions cru être la chose la plus logique. Nous avons proposé aux organisateurs de cette provocation de faire passer leur aide humanitaire par le territoire israélien, par le port d'Ashdod à Gaza et nous avons été attaqués, nous nous sommes défendus, nous avons agi en légitime défense. Malheureusement, je le redis, il y a eu des victimes mais la responsabilité en incombe à ceux qui ont organisé cette provocation.
Mais vous constatez, Avi Pazner, vous avez des amis dans le monde. Il y a des Etats qui vous soutiennent, vous constatez, ce matin 24 heures après l'opération, que personne ne défend Israël et que tout le monde condamne l'opération, ce qui est très rare. Ca ne crée pas un malaise au sein d'Israël et au sein de son gouvernement, Avi Pazner ?
Ecoutez, nous avons attentivement écouté les discours au Conseil de Sécurité de l'ONU. Beaucoup de pays tout en condamnant ce qui s'est passé au cœur de la Méditerranée, hier, ont quand même dit à haute voix, leurs préoccupations du fait qu'Israël continue d'être attaqué et continue d'être la cible du terrorisme. Je sais que les résultats de cette opération n'ont pas été appréciés. C'est pour cela que j'essaie d'expliquer ce qui s'est passé pour qu'on la comprenne mieux et qu'on la mette dans le contexte général d'une défense israélienne contre une organisation terroriste qui a juré sa perte. Ce n'est pas facile car il y a perte de vies et quand il y a perte de vies, il y a un tollé général. Je comprends cela et ce que je peux dire c'est que nous regrettons que dans cette opération, et par la faute des organisateurs qui ont cherché la provocation, qui ont cherché la confrontation, il y ait eu ce résultat.
Cette opération s'est déroulée. Nous constatons, tous, les dégâts pour vous, ce matin, Avi Pazner. Est-ce que l'Etat d'Israël, le gouvernement d'Israël, l'armée israélienne doit tirer des leçons de ce qui s'est passé et changer quelque chose dans ses attitudes et ses choix ?
Il est évident que nous devons faire une enquête sur exactement ce qui s'est passé, comment ça s'est passé et le pourquoi. Vous savez qu'en Israël nous sommes un pays démocratique, il y a séparation des Pouvoirs, nous avons une justice qui est complètement indépendante, et il y aura certainement une enquête, je ne sais pas à quel niveau, je ne sais pas qui la fera mais enquête sérieuse parce que nous ne voulons pas nous-mêmes qu'une chose pareille se reproduise et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour comprendre ce qui s'est passé, à qui est la faute mais je le dis et le redis, ce n'était pas là notre volonté. Nos soldats ont agi en légitime défense lorsqu'il y a eu péril à leur vie. Le résultat nous désole mais la responsabilité retombe sur ceux qui ont organisé cette provocation.
Le gouvernement israélien pourrait-il accepter une enquête indépendante des institutions israéliennes ?
On parle justement aujourd'hui dans les journaux israéliens quelle sera l'enquête. Je crois que cela prendra encore quelques jours pour savoir. Il y a plusieurs idées à propos de cela parce qu'il est évident que quand quelque chose comme ça arrive, il faut examiner ce qui s'est passé ; et je ne sais pas si ce sera un examen des autorités de l'armée, un examen des autorités civiles, un examen des autorités juridiques, je n'en sais rien. Je peux simplement dire : c'est nous, les premiers intéressés à ce que ce qui s'est passé, hier, soit scruté et examiné.
Y aura-t-il un "avant" et un "après" cette opération, Avi Pazner ?
Eh bien, écoutez je peux juste vous dire une chose : notre politique de fermeture de la Bande de Gaza devant l'afflux et la contrebande d'armes et de moyens militaires, des missiles, de roquettes, d'explosifs continuera. Ca, ça je peux vous l'assurer. J'espère qu'il continuera sans qu'il y ait perte de vies humaines.
Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.
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