
L'avocat d'Anders Behring Breivik a prévenu qu'il fallait s'attendre à des propos très durs de son client
Crédit : AFP / H.JungeCrédit : Chloé Triomphe
Crédit : Christophe Hondelatte
Crédit : Chloé Triomphe
Un discours très dur
Après avoir promis aux juges qui l'ont autorisé à lire une déclaration préliminaire d'alléger sa rhétorique, Breivik s'est cependant lancé dans un discours qui a obligé la juge Wenche Elizabeth Arntzen, qui préside le procès, à l'interrompre à plusieurs reprises pour lui rappeler son engagement.
Anders Behring Breivik s'est vanté mardi d'avoir mené "l'attaque politique la plus sophistiquée et la plus spectaculaire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale". Le tribunal d'Oslo l'avait autorisé à lire un texte préparé à l'avance.
Il a poursuivi en déclarant devant les juges qu'il
recommencerait le massacre perpétré le 22 juillet dernier sur l'île
d'Utoya qui a coûté la vie à 69 personnes. "Oui, je le ferais de
nouveau", a-t-il affirmé ajoutant que les adolescents tués n'étaient
pas des "enfants innocents".
"Une petite barbarie est totalement nécessaire pour empêcher une barbarie beaucoup plus grande", a-t-il tenté de justifier avant de demander sa relaxe.
"Les gens qui me disent diabolique confondent le fait d'être diabolique et d'être violent", a-t-il déclaré d'une voix calme en soulignant que pour lui, "être emprisonné le reste de sa vie ou mourir comme martyr pour son peuple est le plus grand honneur (...) C'est un devoir."
Breivik pointe du doigt les médias, certains courants politiques et les musulmans
"Si quelqu'un est diabolique, ce sont les sociaux-démocrates et les marxistes culturels (...) qui veulent transformer leur pays en société multiculturelle sans consulter la population", a-t-il dit.
Utilisant le pronom "nous" pour donner l'impression qu'il représente une mouvance plus large, il s'en est pris aux médias accusés de dévoyer sa cause et aux démocraties européennes.
"Est-ce démocratique que le peuple norvégien n'ait jamais été consulté par référendum pour savoir si on peut accepter autant d'étrangers (...) au point de devenir une minorité dans leur propre pays ?", a-t-il demandé alors que dans l'assistance, composée en partie de familles de victimes et de rescapés de ses attaques, on secoue la tête avec dégoût, on murmure, on s'impatiente.
"Tout ce qui va nous rester, ce sont des sushis et des écrans plats", déclare-t-il en évoquant la destruction de la société norvégienne.
La juge lui demande d'abréger sa déclaration alors que, lui, demande pour expliquer son geste une heure au lieu des cinq jours prévus.
Il continue en imputant aux immigrés musulmans viols et agressions "contre (ses) frères et soeurs norvégiens", estimant que les musulmans "méprisent" la culture norvégienne.
"Des rivières de sang causées par les musulmans" coulent maintenant dans les villes européennes, a-t-il encore dit, citant Madrid, Londres et Toulouse notamment.
Un juge renvoyé pour avoir demandé la peine de mort sur Facebook
Le tribunal a révoqué, après avoir suspendu la séance, un des trois juges issus de la société civile qui assistent les deux magistrats professionnels en raison de doutes sur son impartialité.
Thomas Indreboe, un réceptionniste désigné juge issu de la
société civile conformément à un mécanisme de justice populaire en
vigueur en Norvège, avait écrit sur le réseau social Facebook que "la peine de mort est la seule solution juste dans cette affaire". Ce commentaire avait ensuite été repris par une revue norvégienne.
Agé de 33 ans, Breivik a plaidé non coupable lundi à l'ouverture de son procès, estimant avoir agi en état de légitime défense contre le
"multiculturalisme".
Il a revendiqué un attentat à la voiture piégée qui a fait huit morts et
le massacre méthodique de 69 jeunes gens réunis en camp d'été des
jeunesses travaillistes sur la petite île d'Utoya, au nord de la
capitale norvégienne.
La peine maximale d'emprisonnement en Norvège est fixée à 21 ans. Le
droit norvégien permet cependant de prolonger une peine sans limitations
si un risque de récidive est avéré. 
Publicité
Publicité
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.