Crédit : Rémi Sulmont, correspondant aux Etats-Unis
Guéant ironise, DSK reste muet
"On est en vrai fantasme !", s'est exclamé Claude Guéant. "J'ai lu l'article écrit par M. Epstein", a déclaré le ministre dimanche. "Qu'est-ce qu'il remarque? Que DSK a égaré son téléphone. Ce n'est pas parce qu'il a égaré son téléphone qu'il y a complot".
Dominique Strauss-Kahn a répondu n'avoir "aucun commentaire à faire sur les articles de M. Epstein". Ce journaliste américain, enquêteur passionné par les grands scandales de l'histoire contemporaine, et qui dit avoir travaillé "cinq mois" sur l'affaire DSK, affirme que M. Strauss-Kahn avait été alerté le 14 mai au matin, par une amie travaillant à l'UMP, que son téléphone BlackBerry avait probablement été piraté, l'un de ses courriels privés ayant été lu au parti de Nicolas Sarkozy.
Le 14 mai dans l'après-midi à New York, sur la route qui le conduit à l'aéroport JFK, DSK avait appelé son épouse Anne Sinclair pour lui dire que "quelque chose de grave (était) arrivé". Plusieurs de ses proches ont affirmé samedi qu'il faisait alors référence à son BlackBerry perdu, dont il pensait qu'il avait été "piraté".
Pour Copé, l'accusation est "grotesque"
Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a vivement réagi dimanche, dénonçant comme la veille, une "thèse du complot (...) grotesque" contre DSK. M. Copé a exclu toutefois une action en justice contre ces assertions.
Dans un entretien samedi, M. Epstein s'est refusé lui-même à parler de "complot politique", tout en se disant convaincu qu'on a voulu "faire capoter" la candidature du favori socialiste pour 2012.
M. Guéant a répondu que "si quelqu'un (...) estime qu'il y a complot, il n'a qu'à déposer une plainte auprès de la justice" pour que cessent "les suppositions et les rumeurs".
Dans son enquête, le journaliste américain affirme également que le procureur de New York avait en main les enregistrements de vidéo-surveillance du Sofitel, dans lesquels on voit deux hommes se réjouir et se congratuler pendant trois minutes après avoir entendu la femme de chambre accuser DSK de l'avoir agressée sexuellement.
Qu'Accor diffuse la vidéo !
"En réalité, ces faits ont duré huit secondes, sans qu'aucune extraordinaire danse de fête n'ait pu être constatée", ont rétorqué les hôtels Sofitel, marque de luxe du groupe Accor. "Les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet échange ait quelque lien que ce soit avec M. Strauss-Kahn", a précisé la société dans un communiqué.
Une affirmation récusée par le journaliste américain. "Accor a changé sa version. Qu'ils diffusent la vidéo en entier et alors nous verrons si (la danse de joie) est ordinaire ou extraordinaire", a indiqué Edward Epstein.
En évoquant un "changement de version" du groupe Accor, Edward Epstein fait référence à un article du Figaro de samedi dans lequel "une source proche du groupe" Accor indiquait qu'aucune trace d'une telle vidéo n'avait été retrouvée.
Interrogé sur la présence éventuelle d'enquêteurs français au Sofitel new-yorkais le 14 mai, M. Guéant a dit "assurer qu'il n'y avait pas de policiers français parmi ces deux personnes identifiées comme étant des membres du personnel" de l'hôtel.
La position du Groupe Accor
Voici le communiqué que le groupe hôtelier a envoyé à la presse :
"Depuis
le début de cette affaire, et comme il en a l’obligation légale,
Sofitel a toujours coopéré avec la justice américaine et a transmis à
celle-ci tous les éléments requis dans le cadre de la procédure toujours
en cours. Alors que le procès au civil de cette affaire n’a pas encore
eu lieu, il n’appartient pas à Sofitel de prendre parti et/ou de
commenter les récentes interprétations publiées.
Néanmoins Sofitel souhaite apporter quelques précisions factuelles.
L’article
paru dans "New York Review of Books" affirme que deux employés de
Sofitel auraient été filmés par les caméras de surveillance de l’hôtel,
«se réjouissant» pendant trois minutes. En réalité, ces faits ont duré 8
secondes, sans qu'aucune "extraordinaire danse de fête" n'ait pu être
constatée. Les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet
échange ait quel que lien que ce soit avec Monsieur Strauss-Khan. En ce
qui concerne la Chambre 2820, l'historique informatique des chambres
montre que le client de la chambre 2820 a procédé au règlement de sa
chambre (check-out) à 11h36 et que la femme de ménage a fait le ménage
de cette chambre immédiatement après. L’insinuation selon laquelle le
client occupant la chambre 2820 serait impliqué dans l’incident est donc
fausse et sans fondement.
Sofitel rappelle enfin que sa
position dans l’affaire mettant en cause Dominique Strauss-Kahn à
New-York est, et a toujours été, de préserver la sécurité de ses clients
comme celle de ses collaborateurs."
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