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Créé le 09/02/2012 à 08h10 - Mis à jour le 09/02/2012 à 17h30

Depuis quatre ans, la Banque centrale hongroise recycle ses billets usagés en briquettes de chauffage destinées aux institutions sociales les plus déshéritées du pays / AFP
Un froid de canard, oui, mais de canards confits. La Banque Centrale hongroise a lancé un programme social insolite. Elle redistribue les billets retirés de la circulation sous forme de briques servant à chauffer les foyers les plus déshérités. Si ces grosses coupures n'ont plus de valeur au moment de les bruler, quelques mois auparavant, elles représentaient tout de même pas moins de... cinq millions de forints !
Depuis quatre ans, la Banque centrale hongroise recycle ses billets usagés en briquettes de chauffage destinées aux institutions sociales les plus déshéritées du pays, un geste particulièrement apprécié en cette période de grand froid.
"C'est un acte de charité très utile, une aide très importante pour notre fondation, car nous pouvons épargner une partie de nos dépenses de chauffage grâce à ces briquettes", explique Krisztina Haraszti, directrice de la Fondation des autistes de Miskolc (nord-est). L'économie est de 50.000 à 60.000 forints (180 à 200 euros) par mois, "une somme considérable en ces temps de crise", ajoute-t-elle.
Le froid a tué 16 personnes en Hongrie
Depuis septembre, la banque livre sa précieuse cargaison une fois par mois et prévoit de continuer jusqu'à l'arrivée du printemps en mars. La dernière livraison était attendue avec une impatience toute particulière alors qu'un froid sibérien s'est abattu sur la Hongrie depuis six jours, causant la mort de 16 personnes.
Comme la valeur calorifique des briquettes est élevée, il suffit d'y "ajouter un peu de bois et les pièces sont bien chaudes", indique Krisztina Haraszti. La fondation, l'une des plus anciennes du pays, située dans la ville défavorisée de Miskolc, à 180 km de la capitale, s'occupe d'une centaine d'enfants et porte aussi assistance aux adultes autistes.
Cinq millions de forints pour fabriquer une seule briquette
A l'origine, les billets usagés étaient purement et simplement brûlés, puis le centre s'est doté d'une machine pour les compresser en briques. Les ouvriers furent les premiers à s'en servir comme source de chauffage, avant que Barnabas Ferenczi ne lance l'idée d'en faire don à des institutions d'intérêt général il y a quatre ans.
Chaque année, la MNB retire de la circulation environ un quart de l'ensemble des billets pour usure et en imprime un montant équivalent pour les remplacer. "Cela équivaut à quelque 200 milliards de forints" (800 millions d'euros) ou 40 à 50 tonnes de briquettes par an, détaille le directeur du centre. Il faut près de cinq millions de forints (17.000 euros) pour fabriquer une seule briquette, d'environ un kilogramme. Les billets passent d'abord à la déchiqueteuse, puis le tas de papier est compressé, sans ajout d'additif chimique.
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