Crédit : Véronique Chocron
"Israël peut donc reprendre ses initiatives unilatérales"
Gelé depuis des années sous pression américaine, le projet controversé d'Israël vise à rattacher la colonie de Maalé Adoumim (35.000 habitants), en Cisjordanie, à des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967. Il est vivement dénoncé par les Palestiniens, car il couperait pratiquement en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d'un Etat palestinien.
En novembre 2011, après l'accession de la Palestine au statut de membre à part entière de l'Unesco, Israël avait également accéléré la construction dans les colonies.
Alors que des responsables laissaient entendre ces derniers jours qu'Israël ne remettrait pas en cause les accords signés pour sanctionner la démarche palestinienne, le vice-Premier ministre Sylvan Shalom a de nouveau fait planer cette menace vendredi. Ce dernier, un faucon occupant la troisième place sur la liste du parti de Benjamin Netanyahu, le Likoud (droite), aux élections du 22 janvier, a accusé Mahmoud Abbas de non-respect des "accords d'Oslo (1993) qui interdisaient les initiatives unilatérales". "La violation de ces accords (...) signifie qu'Israël aussi peut entreprendre des initiatives unilatérales comme appliquer la souveraineté israélienne dans les Territoires et relier Maalé Adoumim à Jérusalem", a-t-il estimé.
Israël pourrait en outre bloquer les taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne ou réduire le nombre de permis de travail pour les Palestiniens. "Nous réagirons en temps voulu car nous assistons vraiment à une violation des accords" passés, a renchéri le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, en exhortant les Israéliens à "arrêter de s'auto-flageller et s'unir".
Mahmoud Abbas joue la carte de l'apaisement
Dans le camp d'en face, le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé être prêt à "reprendre les négociations" avec Israël, mais demande à Tsahal de renoncer à ces nouvelles colonies. "Nous ne posons pas de condition mais il existe pas moins de 15 résolutions de l'ONU qui considèrent la colonisation comme illégale et comme un obstacle à la paix qu'il faut éliminer", a-t-il expliqué. "Pourquoi ils n'arrêtent pas la colonisation ?"
S'adressant au peuple israélien et à ses dirigeants, le président de l'Autorité palestinienne les a exhortés à s'asseoir à la table des négociations, gelées depuis près de deux ans. "Notre avenir est un. Négocions afin que vous fassiez enfin partie (intégrante) de la région, et que vous ne soyez plus isolés. Vous avez une chance pour que 57 pays musulmans vous reconnaissent et que vous puissiez entretenir avec eux des relations normales", a-t-il indiqué.
La Palestine est devenue jeudi un Etat observateur aux Nations unies, lors d'un vote historique à l'Assemblée générale de l'ONU qualifié par le président Abbas d'"acte de naissance". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé qu'en présentant leur demande à l'ONU, les Palestiniens avaient "violé leurs accords avec Israël". "Israël agira en conséquence", a-t-il ajouté. Avec ce vote à l'ONU, la Palestine peut théoriquement ratifier le Statut de Rome et saisir la Cour pénale internationale (CPI).
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10/04/2013 - 09h48
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