Pollution au mercure : la "Convention Minamata" signée par 140 pays

Le ministre de l'Environnement Nobuteru Ishihara et le directeur exécutif du PNUE Achim Steiner se recueillent au mémorial pour les victimes de l'empoisonnement au mercure de Minamata au Japon, le 9 octobre 2013

Le ministre de l'Environnement Nobuteru Ishihara et le directeur exécutif du PNUE Achim Steiner se recueillent au mémorial pour les victimes de l'empoisonnement au mercure de Minamata au Japon, le 9 octobre 2013

Crédit : AFP / Jiji Press

Quelque 140 pays ont signé la "Convention Minamata" sur l'usage et les émissions de mercure, au Japon. Le but est de réduire ces émissions très toxiques.

La "Convention Minamata" sur l'usage et les émissions de mercure a été signée par les représentants de quelque 140 pays ce jeudi 10 octobre lors d'une réunion organisée sous l'égide de l'ONU à Kumamoto (sud-ouest du Japon), une localité proche de Minamata, une ville japonaise victime du pire empoisonnement dû à ce métal hautement toxique.

Cet accord avait été élaboré et adopté en janvier dernier à Genève. Il est désormais ouvert à la ratification des États. Son but est de réduire au niveau mondial les émissions de mercure, très toxiques pour la santé et l'environnement, mais aussi la production et les utilisations du mercure, en particulier lors de la fabrication de produits et lors de processus industriels.

Entrée en vigueur dans trois ou quatre ans


Une fois ratifié par 50 États, le traité entrera en vigueur, d'ici trois ou quatre ans selon les organisateurs de la conférence. "Il faut que de nombreux pays en voie de développement ratifient ce traité pour qu'il entre en vigueur le plus tôt possible", a déclaré le ministre japonais de l'Environnement Nobuteru Ishihara.

Le mercure est un métal lourd très toxique pour les êtres vivants. Une exposition trop forte au mercure nuit au système immunitaire et peut entraîner d'autres problèmes comme des troubles psychologiques ou digestifs, la perte de dents, des problèmes cardiovasculaires ou respiratoires.

Cette convention prévoit notamment qu'en 2020 des produits utilisant du mercure, comme les thermomètres, devront avoir disparu. Elle donne également un délai de 15 ans aux États pour arrêter l'usage du mercure dans des activités minières.

Mais des groupes environnementalistes craignent déjà que cette Convention soit impuissante à stopper l'usage du mercure dans les petites mines d'or artisanales. Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), sur les 100 dernières années, les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeur des océans, et provenant d'émissions liées à l'activité humaine, ont doublé. Les concentrations dans les eaux profondes ont, elles, augmenté de 25%.

Recueillement à Minamata


Mercredi, les participants ont déposé des gerbes de fleurs et se sont recueillis au pied d'un monument dédié aux morts de Minamata. Au Japon, le nom de Minamata est devenu le symbole de la mollesse des autorités face à un drame de cette envergure ainsi que du développement à tout prix et sans contrôle durant les décennies de boom économique après la Seconde guerre mondiale.

Chisso, l'entreprise chimique responsable des rejets de mercure directement dans la mer, a d'ailleurs continué à en déverser jusqu'en 1968, alors les premières alertes avaient été lancées au milieu des années 1950.

Dans un message vidéo diffusé mercredi à l'ouverture de la conférence, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a promis une aide de 2 milliards de dollars pour aider les pays en voie de développement à combattre la pollution durant la période 2014-2016. "C'est précisément parce que le Japon a souffert du mercure et qu'il a surmonté cette épreuve, qu'il a aujourd'hui le devoir d'être à la tête des efforts internationaux pour éliminer" cette menace, a-t-il déclaré.

Un commentaire qui a immédiatement provoqué la colère de plus d'un à Minamata, où beaucoup d'habitants souffrent encore aujourd'hui des ravages du mercure des dizaines d'années plus tard. "Le gouvernement, qui porte la responsabilité, ne devrait surtout pas dire qu'on a 'surmonté' ce problème", a ainsi déclaré une victime de 55 ans, Masami Ogata, au grand quotidien Yomiuri Shimbun.

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