"Les jeux vidéos développent des compétences cognitives", soutient le psychologue Michaël Stora sur RTL

Les nouvelles technologies peuvent réserver beaucoup de bonnes choses à nos enfants à condition que l'usage des écrans en tous genres soit adapté à chaque tranche d'âge, encadré par les parents et les enseignants puis "auto-régulé", estiment des experts de l'Académie des Sciences.

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Crédit : Elizabeth Martichoux / Vincent Parizot

Beaucoup d'aspects positifs

"On voit trop souvent les aspects négatifs, les inquiétudes que les écrans suscitent, mais il existe aussi beaucoup d'aspects positifs", a souligné mardi Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie, en présentant à la presse un rapport sur le sujet.
  
Intitulé "l'enfant et les écrans", cet "avis" de l'Académie est le fruit de deux ans de travail intégrant les enseignements d'un grand nombre de recherches dans les domaines de la neurobiologie, de la pharmacologie, de la médecine ou de la psychologie.
  
L'Académie des Sciences y formule 26 recommandations, passant en revue les dangers potentiels des nouvelles technologies pour le cerveau et le psychisme sans pour autant négliger tous les bénéfices que les enfants peuvent en retirer si elles sont maniées à bon escient.
  
"En tant que médecin, si je propose une recommandation et pas un traitement, c'est bien que le malade ne va pas si mal", sourit Serge Tisseron, psychiatre et psychologue co-auteur du rapport.
  
Une révolution numérique

Pour l'Académie, il est avant tout nécessaire de prendre conscience de la révolution de cette culture numérique et des bouleversements qu'elle induit sur le fonctionnement de notre cerveau.
  
"L'intelligence numérique pourrait être plus fluide, plus rapide et multitâches que la culture littéraire" classique, plus lente mais plus profonde, explique Olivier Houdé, psychologue spécialiste du développement de l'enfant.
  
Mais ces deux cultures ne sont pas incompatibles, et si nos enfants "apprennent à jongler avec les deux, à les combiner, ils feront des merveilles" dont les générations précédentes seraient incapables, estime-t-il. 
  
Éviter l'exposition "passive"

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, "il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif", insiste Olivier  Houdé.
  
Même chez les bébés de moins de deux ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans. "On ne veut pas pasteuriser l'environnement numérique des enfants", explique Olivier Houdé.
  
On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition "passive", comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent.
  
"Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques", indique le rapport.
  
Vers une pensée superficielle ?


Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de "s'auto-réguler".
  
Quant aux jeux vidéos en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois "pathologiques", ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.
  
Revers de la médaille de ces jeux et d'Internet, ils risquent de développer une pensée "trop rapide et superficielle", l'effet "zapping", et de créer un désintérêt pour tout ce qui n'est pas numérique.
  
Les enfants sont des partenaires numériques

Pour Serge Tisseron, la première erreur à éviter est de "considérer que nos enfants ont les technologies numériques dans le sang" et les laisser se débrouiller. "Sinon, on arrive à la situation catastrophique actuelle où trop d'enfants découvrent les technologies numériques tout seuls", au prix de douloureuses erreurs, estime-t-il.
  
Mais il ne faut pas non plus considérer les enfants "comme des petits êtres à protéger", plutôt les prendre comme "des partenaires, avec des capacités et des désirs", recommande le psychiatre.
  
Serge Tisseron souhaite enfin mettre en avant les nombreux aspects créatifs et socialisants des nouvelles technologies, pas seulement les dérives. "Il y a des pratiques excessives pathologiques mais pas toutes, loin de là".

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1commentaire
Signaler un abus top bulgroz le 23/01/2013 à 13h51 Moi, j'appelerais cela plutôt des reflexes de Pavlov, mais il est vrai que je ne suis pas un fin psychologue !
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